Ghana: L'enquête sur l'assassinat d'Ahmed Hussein-Suale au point mort

communiqué de presse

Un mois après l'assassinat du journaliste d'investigation Ahmed Hussein-Suale, à Accra, il n'y a toujours aucune avancée notable dans l'enquête. Reporters sans frontières (RSF) dénonce la lenteur et l'opacité qui caractérisent le traitement de ce dossier.

Il y a un mois, le 16 janvier, Ahmed Hussein-Suale était abattu, à Accra dans son véhicule par des individus inconnus circulant en moto. Depuis, il y a bien eu "des arrestations initiales", " des personnes ont été interrogées", mais toutes ont été libérées sous caution, "dans l'attente de nouvelles enquêtes", a expliqué à RSF le directeur des relations publiques de la police du Ghana, David Senanu Eklu.

Le journaliste travaillait à Tiger Eye, le groupe d'enquêteurs indépendants du célèbre journaliste d'investigation Anas Aremeyaw Anas. Il avait notamment participé à la grande enquête sur la corruption dans le football ghanéen diffusée en juin dernier et en marge de laquelle plusieurs journalistes de Tiger Eye avaient été menacés dans une indifférence générale.

"Ce dossier doit être traité de manière diligente et transparente par les autorités ghanéennes, déclare Assane Diagne, responsable du bureau Afrique de l'Ouest de RSF.

Les mesures annoncées par la police sont certes encourageantes mais ne suffisent pas. L'assassinat d'Ahmed Hussein est d'autant plus préoccupant que c'est arrivé au Ghana jusqu'ici considéré comme un pays modèle en matière de liberté d'information".

Les mesures prises par la police "ne constituent pas une enquête décisive", précise encore David Senanu Eklu, qui assure toutefois que "l'enquête se poursuit". Comme il s'agit "d'arrestations préliminaires", la police n'est pas en mesure de divulguer leur identité à ce stade, ne disposant pas de preuves suffisantes pour justifier de nouvelles poursuites à ce stade'.

Pour l'instant, aucune poursuite n'a été engagée contre les responsables politiques qui avaient directement menacé Ahmed Hussein-Suale.

Le député Kenneth Ohene Agyapong avait notamment affirmé qu'Anas Aremeyaw Anas "méritait d'être pendu". Il s'en était aussi pris au journaliste assassiné, en déclarant sur NET 2 TV, une chaîne dirigée par sa femme : "vous savez tous que cet Ahmed vit à Madina. Quand vous le voyez, frappez-le." La photo du journaliste était au même moment diffusée à la télévision.

Le Ghana occupe la 23e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

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