15 Février 2019

Zimbabwe: Un projet pour la protection des pangolins au Zimbabwe vise à sauver l'animal le plus trafiqué au monde

communiqué de presse

La Journée mondiale du pangolin, qui a lieu le 16 février, nous rappelle les conséquences du commerce illégal d'espèces sauvages sur le seul mammifère à écailles du monde, mais aussi qu'il est encore possible de sauver des espèces menacées si nous agissons avec sagesse dès à présent.

Une campagne de sensibilisation collaborative entre un orfèvre, un photographe et une défenseur de la nature fait des vagues chez les passionnés de pangolin.

Lisa Hywood, directrice générale et fondatrice de la Fondation Tikki Hywood , s'en souvient : « Il y a vingt-trois ans, Negomo, une pangolin femelle adulte, nous était arrivée dans un sac de farine, mal-odorante et terrifiée. Quand j'ai regardé dans le sac, mon cœur s'est mis à battre la chamade, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire, ni de la façon dont je pourrais aider cet animal désespéré. C'est ainsi que j'ai sauvé mon premier pangolin... Les deux dernières décennies ont été un voyage incroyable pour moi-même et pour nous tous à la Fondation Tikki Hywood.

En 2016, la Fondation s'est associée au photographe de renommée mondiale, Adrian Steirn, pour produire un court documentaire intitulé The Pangolin Men.

Cette série met en vedette des gardiens de pangolin qui travaillent à la Fondation Tikki Hywood et qui ont développé une relation avec chaque pangolin dont ils s'occupent. Elle démontre également à quel point le pangolin est vulnérable et dans quelle mesure les soins de soutien fournis par la Fondation sont si importants pour qu'ils puissent être réhabilités et renvoyés dans la nature.

La collaboration derrière le projet Pangolin est née lorsque Adrian Steirn a rencontré la famille Mavros et a entendu parler du développement d'une nouvelle collection de leurs bijoux réputés, la Collection Pangolin, inspirée par leur relation de longue date avec l'espèce, conçue pour sensibiliser et collecter des fonds pour la Fondation Tikki Hywood.

Une bataille difficile

Le commerce illégal d'espèces sauvages est le quatrième commerce illicite le plus important au monde après le trafic de drogue, d'armes et d'êtres humains. Les saisies de parties de corps de pangolin se poursuivent.

Il y a quelques jours à peine, des responsables de Hong Kong ont annoncé avoir intercepté une cargaison de neuf tonnes d'écailles de pangolin, la plus grande saisie jamais réalisée par la ville. 1 000 défenses d'éléphant faisaient également partie de cette même cargaison. Elles ont été retrouvées cachées sous des morceaux de viande congelée à bord d'un cargo qui avait fait escale à Hong Kong depuis le Nigeria jusqu'au Viet Nam, ont précisé des responsables qui ont estimé la valeur de cette cargaison à près de 8 millions de dollars. Ce qui représenterait jusqu'à 13 000 pangolins.

Très récemment, les autorités ougandaises déclarent également avoir saisi 750 pièces d'ivoire et des milliers d'écailles de pangolin qui auraient été clandestinement transportées depuis le Soudan du Sud voisin. Cette saisie représenterait l'une des plus importantes saisies de marchandises de contrebande d'animaux sauvages dans ce pays d'Afrique de l'Est.

L'ivoire et les écailles de pangolin ont été découvertes à l'intérieur de rondins creux dans la capitale ougandaise, Kampala. Deux hommes vietnamiens, soupçonnés de trafic illicite, ont été arrêtés.

En décembre 2018, les autorités malaisiennes ont brûlé 2,8 tonnes d'écailles de pangolin précédemment saisies, d'une valeur de neuf millions de dollars. Les écailles avaient été confisquées par des douaniers de Port Klang, en Malaisie, entre mai et septembre 2017. Abdul Kadir Abu Hashim, directeur général du Département de la faune et des parcs nationaux, estime à 3 000 le nombre de pangolins tués pour obtenir une telle quantité d'écailles.

En septembre 2018, des douaniers vietnamiens ont saisi 805 kg d'écailles de pangolin dissimulées dans des dizaines de cartons sur un vol en provenance du Nigéria, ont rapporté les médias officiels. Le commerce de pangolin est interdit au VietNam. Mais la faible application de la loi a permis à un marché noir de se développer et de nourrir une industrie mondiale de plusieurs milliards de dollars en parties animales, principalement destinée à la médecine traditionnelle chinoise et pour l'adoption d'animaux exotiques.

« Cela me brise le cœur de savoir à quel point l'avidité de l'humanité pousse cet animal au bord de l'extinction », déclare Lisa Hywood. « Le temps est compté pour le pangolin, il faut que nous agissions tous. Leur extinction serait définitive et je pense qu'il est de notre devoir et de notre responsabilité de veiller à ce que le pangolin ne deviennent pas un mythe dans les livres de contes. »

Les pangolins sont le mammifère le plus trafiqué au monde, on compte plus d'un million d'animaux trafiqués au cours de la dernière décennie. Pour une espèce que la plupart des gens n'ont jamais observé, ni ne connaissent, c'est un chiffre ahurissant. En septembre 2016, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a décidé à l'unanimité de d'inscrire les huit espèces de pangolin à l'Annexe I (auparavant classées à l'Annexe II). Cela signifie l'interdiction totale de tout commerce international de pangolin en Afrique et en Asie où vivent les huit différentes espèces de pangolins. Cette réalité souligne le caractère critique de la menace qui pèse sur l'espèce et démontre qu'il existe un consensus mondial sur l'importance de ce mammifère.

La campagne Wild for Life menée par ONU Environnement a pour objectif de sensibiliser le public au sort des espèces en péril comme le pangolin et de renforcer les capacités des pays en matière de prévention et de réduction de la demande de produits dérivés d'espèces protégées. Il est tout aussi crucial d'adopter et d'appliquer des lois plus strictes et d'accroître l'appui aux efforts des communautés locales pour mettre fin au commerce illégal d'espèces sauvages.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Lisa Rolls, responsable de la communication sur les espèces sauvages et en charge des relations avec les ambassadeurs de bonne volonté d'ONU Environnement.

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