Congo-Kinshasa: Vérité des urnes - Les évêques catholiques se dédisent

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) a finalement décidé de mettre un bémol à sa croisade enclenchée contre Félix Tshisekedi qu'elle considère désormais comme chef de l'Etat reconnu officiellement.

Ayant pris fait et cause pour le candidat de la coalition « Lamuka » à la présidentielle, Martin Fayulu, l'Église catholique avait jusqu'à un passé récent émis des doutes sur la victoire électorale de Félix Tshisekedi, en se fiant aux rapports de ses observateurs éparpillés dans les bureaux de vote. Le clergé catholique avait poussé l'outrecuidance jusqu'à déclarer détenir les vrais résultats qui démentaient ceux publiés par la Commission électorale nationale indépendante.

Sans le dire expressément, la Cénco considérait alors Félix Tshisekedi comme usurpateur des suffrages censés revenir à celui qui, d'après elle, avait remporté la joute électorale, en l'occurrence Martin Fayulu. Et dans le combat d'arrière-garde menée par ce dernier pour tenter, en désespoir de cause, de rétablir la « vérité des urnes », les allégations des messeigneurs étaient mises au devant comme argumentaire.

L'absence des membres du clergé catholique à l'investiture de Félix Tshisekedi, au Palais de la nation, était révélatrice de leur distance vis-à-vis du nouveau pouvoir. Mgr Fridolin Ambongo, le nouvel archevêque de Kinshasa, ne ratait pas une occasion pour exprimer son dépit vis-à-vis de ce nouveau pouvoir, nonobstant les appels de pied de ce dernier. Les prémices d'un bras de fer entre l'Église catholique et le pouvoir nouvellement installé étaient déjà visibles, les deux parties campant dès lors sur leur position.

Aujourd'hui, tout ceci est loin derrière. La Cénco a finalement décidé de mettre un bémol à sa croisade enclenchée contre Félix Tshisekedi. Son secrétaire général est on ne peut plus clair à ce sujet : « Le chef de l'Etat qui est là est reconnu officiellement. Et nous ne pouvons que composer avec lui ».

L'abbé Donatien Nshole, cité par radio Okapi, a expliqué : « Du moment que la Cour constitutionnelle s'est prononcée (en confirmant l'élection de Félix Tshisekedi comme président de la République), la Cénco n'a dit un mot, par respect pour les institutions de la République. Quelle que soit la façon où on accède au pouvoir, le chef de l'Etat qui est là est reconnu officiellement ». Selon lui, il faut établir le distinguo entre l'observation électorale et le respect des institutions auquel lui et les membres du clergé catholique sont soumis au nom de la loi.

Et il a ajouté : « Le changement que le peuple congolais attend vis-à-vis du nouveau pouvoir, c'est un changement de leadership, qui mettra le peuple congolais au centre des préoccupations ». L'Église catholique, a-t-il affirmé, reste ouverte à la collaboration avec le peuple congolais dans le respect des règles.

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