16 Février 2019

Afrique: La Journée internationale de la langue maternelle

Admettons que les langues constituent les vecteurs les plus puissants pour préserver et développer notre patrimoine matériel et immatériel et que nombreux parmi nous regrettent sûrement de ne pas parler ni comprendre leurs langues maternelles.

Ayant atteint un âge de raison, ces derniers se rendent ainsi compte des nombreux handicaps et manquements que cela crée. Ils ressentent, surtout, de la frustration face à l'ignorance des us et coutumes véhiculés par ces langues.

C'est sans doute pour préserver cette grande richesse culturelle que l'Unesco a déclaré, en 1999, le 21 février comme Journée internationale de la langue maternelle, dont la célébration est observée dans le monde entier, depuis 2000.

Cette date est fortement symbolique car elle rappelle le grand sacrifice en 1952 de cinq étudiants de Dacca qui ont donné leur vie pour que le Bangla soit reconnu comme la langue officielle du Pakistan oriental, actuel Bangladesh.

Une résolution de l'Unesco affirme que la reconnaissance et le respect pour la diversité culturelle dans le domaine du langage suscitent une vraie solidarité car elle se retrouve fondée sur des valeurs telles la compréhension, la tolérance et le dialogue. Ainsi, selon cet organisme international, toute action favorisant l'utilisation des langues maternelles renforce non seulement la diversité linguistique et l'éducation multilingue mais sensibilise davantage à la multiplicité des traditions linguistiques et culturelles dans le monde.

la Journée internationale de la langue maternelle doit être considérée comme une merveilleuse opportunité pour maintenir ce noble objectif d'une culture de paix qui ne peut éclore que dans un espace où tout le monde a le loisir d'utiliser sa langue maternelle, pleinement et librement, dans toutes les différentes circonstances de la vie. C'est dans le cadre de son mandat pour la paix que l'Unesco s'active pour préserver les différences de cultures et de langues qui favorisent la tolérance et le respect des autres.

Cette journée est devenue une invite pour une célébration mondiale, dans autant de langues que possible, pour rappeler que la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable.

Nous ne devons pas oublier le triste constat rappelé, de la disparition toutes les deux semaines, d'une langue qui emporte avec elle tout un patrimoine culturel et intellectuel et les 40% des habitants de la planète qui n'ont pas accès à un enseignement dans une langue qu'ils parlent ou qu'ils comprennent.

C'est pourquoi, parmi les mesures avérées pour favoriser le développement durable, il faut, entre autres, réhabiliter les théâtres nationaux, car ils sont aux avant postes pour la préservation des droits des langues maternelles ; permettre un accès permanent à l'éducation aux apprenants dans leur langue maternelle et dans d'autres langues.

La maîtrise de la langue maternelle favorise les compétences de base en lecture, en écriture ou en calcul et la transmission des cultures, comme des valeurs et du savoir traditionnel, qui jouent ainsi un rôle important dans la promotion d'avenirs durables.

C'est dans ce même esprit que la résolution 61/266 de l'Assemblée générale des Nations unies demandait, en 2007, que les États membres encouragent « la conservation et la défense de toutes les langues parlées par les peuples du monde entier ».

Il faut admettre que depuis quelques années, des progrès ont été enregistrés dans le domaine de l'enseignement multilingue fondé sur la langue maternelle, au même titre qu'une prise de conscience de son importance s'est accrue, en faveur de son développement dans la vie publique. Alors, cette initiative bénéfique prise à l'unanimité des pays de la planète, qui aura vingt ans dans quelques jours, notamment le 21 février prochain, doit continuer à être soutenue.

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