Tunisie: Pour un discours religieux équilibré et modéré

17 Février 2019

Magistrat de formation, l'homme a reconnu avoir eu un manque de communication, mais aussi une certaine faille juridique et procédurale dans la gestion de son département.

N'empêche, «le ministère est en train de travailler à un rythme soutenu, ayant à son ordre du jour un vaste plan d'action pour le rendre plus visible et mieux adapté à l'ère du numérique», estime-t-il. Surtout que son personnel, à l'instar de bien d'autres administrations, ne s'est pas encore débarrassé de l'effet papier, ô combien gênant. Quoi de neuf ? Autant de projets structurants à caractère juridique et institutionnel en point de mire. Entre autres, un système informatisé propre aux cadres religieux doublé d'une carte des mosquées numérique, le but étant de gérer un effectif de plus de 20 mille employés répartis sur près de 6 mille lieux de culte à l'échelle nationale. Et dans une large mesure, faire face à la poussée des mosquées anarchiques ou sans autorisation. La signature d'une convention avec l'Office de la topographie et du cadastre, prévoit-il, rentre dans ce cadre, afin de régulariser leur situation foncière. Sans pour autant perdre de vue la rationalisation continue de la consommation d'eau et d'électricité dans les mosquées.

Tout pour réussir la saison

Volet pèlerinage et petit pèlerinage (omra) 2019, les préparatifs semblent aller bon train. L'on recense, cette année, quelque 236 mille candidats dont seulement un quota de 10.982 pèlerins sera pris en considération. A ce sujet, le ministre fait montre de sa volonté de mettre en place un bureau des pèlerins tunisiens en Arabie Saoudite auquel sera confiée la facilitation des procédures relatives à l'organisation de la saison. De même, la création envisagée d'une administration générale chargée du pèlerinage et de la omra. Le tout, d'après lui, s'inscrit dans un projet exhaustif de réactualisation structurelle du ministère. L'on prévoit, d'ici là, un décret réglementaire y afférent. L'objectif, déclare M. Adhoum, est d'accorder à ce rite religieux annuel l'intérêt qui lui revient : « Améliorer les conditions de transport, d'accueil et d'hébergement dans les lieux saints. Et peut-être un mode de paiement électronique sera également institué ». Sur le plan juridique, il est temps de parer à tout manquement. Une série de projets de loi et décrets-lois en phase de finalisation avant d'être soumis au Conseil des ministres, lesquels portent notamment sur la restructuration du ministère, les concours du saint Coran et l'organisation des écoles coraniques (koutteb). Ce dernier intervient au moment où nombre de ces écoles ne sont pas en règle, un souci qui n'a laissé personne indifférent. Une telle réglementation est de nature à faciliter leur contrôle. « Cela répond également aux préoccupations de nos députés qui ont insisté pour y mettre de l'ordre», souligne-t-il. Le ministère dispose, alors, de 1.720 écoles, conformément aux normes en vigueur.

Lutte antiterrorisme : la stratégie touche à sa fin

De même pour la charte des imams-prédicateurs, afin d'avoir un discours religieux équilibré et modéré, mais aussi de pouvoir maîtriser nos mosquées et les prévenir de toute forme d'extrémisme. Il s'agit, selon le ministre, d'une véritable charte de conduite conçue et réalisée avec la participation des imams eux-mêmes, leur syndicat, ainsi que certaines associations à vocation religieuse. « Donc, c'est un document participatif sans être imposé ni parachuté, alliant le religieux et le constitutionnel », indique-t-il. Et à partir d'aujourd'hui, des cercles de dialogue et de discussions seront organisés autour de sa teneur, à travers toutes les régions, à commencer par Bizerte. Ces rencontres vont ainsi déboucher sur l'élaboration d'un guide ou manuel de bonnes pratiques destiné aux imams-prédicateurs. Outre, bien entendu, les sessions de formation et d'encadrement qui leur seront dispensées dans le cadre d'un programme assuré par l'Institut supérieur de la charia.

Autre point, et non des moindres, la stratégie du ministère sur la lutte contre le terrorisme qui s'achèvera d'ici la fin 2019. Cette stratégie repose sur des axes majeurs : l'apprentissage du saint Coran, la formation des imams-prédicateurs et l'encadrement de la diaspora tunisienne à l'étranger. Et le ministre de demander à ce que le montant alloué à cette stratégie soit, dés lors, intégré dans le budget du ministère des Affaires religieuses.

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