18 Février 2019

Burkina Faso: Alassane Bala Sakandé - « L'autonomisation totale de la femme, j'en fais un sacerdoce »

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso veut sonner le glas de l'injustice, de l'inégalité et de toutes autres formes de marginalisation faites aux femmes. En effet, les 15, 16 et 17 février 2019, l'Assemblée nationale du Burkina Faso, sous l'égide de son président, Alassane Bala Sakandé, a organisé un forum national sur l'autonomisation et la responsabilisation des femmes, qui a regroupé les représentantes des femmes des 45 provinces du Burkina.

Cette rencontre qui a eu pour objectif de susciter un meilleur engagement des parlementaires burkinabè en faveur de l'autonomisation et de la responsabilisation des femmes, a donné le top de départ d'un combat pour l'autonomisation effective de la femme au Burkina.

A l'issue de cette rencontre nationale, nombre de recommandations ont été faites en faveur des femmes, pour les femmes et par les femmes.

Placé sous le patronage du PAN, ce forum a vu la participation d'acteurs politiques, religieux et coutumiers ainsi que de membres du gouvernement dont le Premier ministre, mais aussi de l'épouse du chef de l'Etat.

« Autonomisation et responsabilisation des femmes au Burkina Faso » ; c'est sous ce thème que s'est tenu le forum national des femmes, du 15 au 17 février 2019 à Ouagadougou.

Se référant aux propos du président de l'Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, au Burkina Faso, partout en Afrique et dans le reste du monde, les femmes apportent une contribution énorme à l'économie, que ce soit au sein des familles, des exploitations agricoles ou dans les entreprises.

Pourtant, elles restent touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, la discrimination, l'exploitation et la violence conjugale. La discrimination fondée sur le genre condamne les femmes à des emplois précaires et mal rémunérés.

Elle réduit l'accès des femmes aux postes de responsabilité aussi bien en politique que dans l'Administration publique ou dans le secteur privé. « C'est de nos préjugés et de nos mentalités que découle cette injustice faite aux femmes.

Alors, c'est contre nos préjugés et nos mentalités que nous devons mener la lutte pour parvenir à une vision neuve de la femme », a-t-il déclaré à l'assistance. Puis de poursuivre : « c'est le combat que le Parlement a décidé de livrer en initiant le présent Forum».

Selon toujours le président Alassane Bala Sakandé, en invitant les uns et les autres à réfléchir sur ledit sujet du forum, le Parlement n'entend pas faire dans le simple sensationnalisme.

« Il veut plutôt, à partir d'un diagnostic sans complaisance de la situation de la femme, élaborer une nouvelle feuille de route, un échéancier et des projets de textes à prendre, en vue d'accélérer notre marche commune vers un développement humain durable et sensible au genre. Soyez rassurées de la détermination du Parlement à faire de ce forum un moment fondateur d'une vision neuve de la femme », a-t-il fait savoir.

Ainsi donc, durant les trois jours qu'a duré ce forum, femmes et hommes se sont penchés sur la problématique de l'autonomisation et de la responsabilisation des femmes au Burkina Faso.

Quatre communications spécifiques ont alimenté les réflexions, et les débats, au cours de ce forum national, ont porté, entre autres, sur l'autonomisation et la responsabilisation des femmes dans le contexte d'insécurité au Burkina, l'autonomisation économique et financière de la femme, l'autonomisation sociale et culturelle de la femme, l'autonomisation politique de la femme et sa prise en compte dans les sphères de décision.

A propos de la dernière problématique citée, Alassane Bala Sakandé a dit avoir fait d'elle, son principal outil d'émancipation de la femme, la mère de toutes ses batailles pour l'autonomisation totale de la femme.

« Je le clame du haut de cette tribune, sans peur ni hésitation. C'est pourquoi, je voudrais, en ces instants annonciateurs d'une aube nouvelle de la femme dans notre pays, vous inviter à une réflexion sur la proposition de l'érection d'un siège de député par province exclusivement dédié à la femme.

Si cette proposition venait à être adoptée et concrétisée par une loi, cela permettrait, bon an mal an, d'avoir 45 femmes députés à l'hémicycle », a-t-il confié.A l'issue des travaux dudit forum, les participantes ont fait un certain nombre de recommandations qu'elles ont transmises au président de l'Assemblée nationale, à l'endroit de son institution et du gouvernement.

Ce sont, entre autres, l'initiative de propositions de lois pour renforcer la protection des femmes et des filles dans les situations d'insécurité et leur responsabilisation aux actions en faveur de la paix et de la sécurité, l'adoption en Conseil des ministres du plan d'action national pour la mise en œuvre des résolutions 13 25, 18 20 et 22 42 du conseil de sécurité des Nations unies, la création d'un fonds pour la formation et l'octroi de microcrédits aux veuves des agents des forces de défenses ou de sécurité décédés lors d'attaques et de missions de maintien de la paix, la réinstallation des personnes déplacées suite aux conflits communautaires et l'octroi de prêts aux femmes pour entreprendre des activités génératrices de revenus, la prise de l'initiative d'organisation d'une réunion tripartite entre les représentants des organisations de femmes, les représentations de chacune des banques et institutions financières du Burkina Faso et un représentant du gouvernement pour la tenue de concertations afin de mieux répondre aux besoins de crédits des femmes du secteur informel, de mieux accompagner les petites et moyennes entreprises des femmes à leur démarrage et dans la gestion des entreprises gérées par les femmes, etc.

Egalement, les participantes ont demandé que la décennie 2020-2030, soit déclaré « décennie de la femme burkinabè ».

Elles ont aussi demandé la mise en place d'un comité pour l'élaboration d'un plan d'action de mise en œuvre des recommandations du forum national sur l'autonomisation et la responsabilisation des femmes.

Le président Alassane Bala Sakandé a rassuré qu'au sein de l'Assemblée nationale, en ce qui concerne les recommandations, « nous n'allons aménager aucun effort pour faire en sorte que les recommandations issues de ce forum puissent se transformer en réalité.

Nous allons nous faire les porte-paroles de ces femmes auprès du gouvernement pour que les recommandations qui ont été portées à son endroit, aient une attention particulière.

Et nous ferons en sorte qu'il puisse y avoir un comité de suivi de ces recommandations, l'objectif au sein de l'Assemblée étant de faire en sorte que ces recommandations puissent se traduire en projets ou en propositions de loi ».

Elise Ilboudo/Thiombiano, la présidente du comité d'organisation, a, quant à elle, apprécié à sa juste valeur la détermination du PAN pour le combat de l'autonomisation et de la responsabilisation de la femme.

« Nous adressons nos sincères remerciements au président de l'Assemblée national et à l'ensemble des acteurs du gouvernement pour l'initiation de ce forum qui revêt une importance capitale », a-t-elle dit.

Selon elle, cette thématique interpelle et exige l'action collective dans la voie du développement. Elle a espéré que les recommandations issues du forum seront mises en œuvre dans l'intérêt des femmes du Burkina Faso.

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