18 Février 2019

Tunisie: L'étau se resserre - Des chiffres gonflés et non crédibles

D'emblée, notre expert tient un discours rassurant. La Tunisie se porte beaucoup mieux et elle est fin prête à relever le défi mais il a tenu à préciser que le chiffre de 3000 combattants se trouvant dans les zones de conflit est en quelque sorte exagéré. Nul service d'intelligence étranger ou nulle institution ne pourra donner des statistiques exactes. Selon certains renseignements collectés par nos services, plus de 1500 terroristes ont déjà trouvé la mort dans les zones de conflit, surtout en Syrie et en Libye, mais il est toujours difficile d'apporter les preuves tangibles attestant leur mort.

Le nombre des terroristes qui sont déjà rentrés des zones de conflit est estimé à 800 personnes parmi lesquelles certains ont été arrêtés et transférés à la justice. Notre expert nous explique qu'il arrive que des éléments terroristes soient libérés par la justice après leur transfert à la justice à défaut de preuves les inculpant, mais d'autres mesures sécuritaires préventives sont prises à leur encontre en application de l'état d'urgence, comme l'assignation à résidence pour ceux qu'on appelle communément les « Foreign terrorist fighters, FTF». D'autres mesures spéciales, qui entrent dans le cadre du secret professionnel, sont prises contre ces personnes qui demeurent potentiellement dangereuses.

A cet effet, notre expert a mis en exergue la barrière de protection le long de nos frontières qui est destinée à bloquer les éléments terroristes qui veulent s'introduire sur le sol tunisien et le système d'identification par empreintes digitales qui contribuent à l'identification des personnes qui tentent d'entrer illicitement par le biais de documents falsifiés.

L'extradition des terroristes vers la Tunisie

La collaboration avec les services sécuritaires étrangers qui va crescendo ces dernières années ainsi que les conventions bilatérales sécuritaires ont permis l'accélération et l'extradition de plusieurs éléments terroristes. Tout le monde veut aujourd'hui s'en débarrasser. Du Niger, au Soudan, en passant par la Syrie et la Libye, l'extradition des terroristes tunisiens est assurée par Interpol. A titre d'exemple, on citera le nom de Moez Fezzani livré par Interpol à la Tunisie et quatre autres dangereux terroristes qui ont été extradés de Syrie vers notre pays et ont été arrêtés à leur arrivée.

60% des terroristes qui sont rentrés en Tunisie étaient en Syrie, 30% en Libye et les autres viennent d'autres pays, selon notre expert.

Qui parle de retour massif

Le retour massif un canular ? Oui cela pourrait être le cas. Quand on est expert en matière de lutte antiterroriste, on garde les pieds sur terre et on ne cherche pas le côté sensationnel des faits. Rien ne confirme cette thèse en dépit de la cinglante défaite du groupe terroriste Daech. Pour le retour des terroristes, on n'a enregistré que de rares cas. Il y a juste le problème des enfants de retour des foyers de tension et de conflit. Ces derniers sont âgés de 10 ans au plus mais ont été embrigadés et ils évoluent aujourd'hui vers des convictions extrémistes. Ils ont appris aussi à manipuler les armes à feu, d'où le grand travail qui attend nos centres d'assistance sociale et psychologique car en fin de compte, il n'est pas possible de les condamner et les jeter en prison. Ils ont été pris en otage par leurs parents.

Quelle stratégie suivre ?

Notre expert explique qu'il est interdit par la loi de refuser à un Tunisien l'entrée à son pays mais qu'il faudra peut-être penser à une nouvelle loi dans ce sens, une loi qui donne la possibilité de déchoir les terroristes de la nationalité tunisienne ou organiser un référendum pour permettre la prise de cette mesure.

L'approche de la lutte antiterroriste n'est pas seulement sécuritaire mais elle est multidimensionnelle et s'instaure dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre l'extrémisme et le terrorisme, tient à souligner notre expert à la fin. Une stratégie qui se fonde sur quatre piliers fondamentaux, à savoir la prévention pour lutter contre la radicalisation et le recrutement, la protection, la poursuite et la réponse aux attentats. Mais il faut se mettre dans l'esprit que le risque zéro n'existe pas et qu'aucune stratégie n'a réussi à éradiquer totalement l'hydre du terrorisme. Toutefois, toute ingérence dans cette lutte pour des calculs partisans ne fera que saper les efforts de la lutte, tout comme il faut bien tirer les leçons du passé et des premières années qui ont suivi la révolution.

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