18 Février 2019

Algérie: La ligne Challe - Une "ligne maudite" témoin des sacrifices de martyrs

Tebessa — Témoin des sacrifices de centaines de martyrs, la ligne électrifiée Challe érigée par l'occupant français en 1958 le long de la frontière entre l'Algérie et la Tunisie depuis Oum Teboul (wilaya d'El Tarf) au Nord à la commune de Negrine (Tébessa), est toujours appelée par les habitants de R'mila (Tébessa) la "ligne maudite" ou la "ligne de la mort".

Nul habitant de cette localité distante de 4 km au Nord-est de la commune d'El Kouif n'ignore que cette ligne barbelée de 12 mètres de largeur, électrifiée par un courant de 15.000 volts, semée de mines antipersonnel et constamment sous surveillance, visait à empêcher l'infiltration de et vers l'Algérie, au cours de la Guerre de Libération.

Selon le secrétaire de wilaya de l'Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), Mohamed-Chérif Dhouaïfia, cette ligne a causé la mort de centaines de martyrs, a laissé invalides beaucoup de moudjahidine et avait continué à faire des victimes même après l'indépendance.

"Au début, il était hautement difficile de passer au travers de cette ligne pour les moudjahidine faute d'expérience mais, avec le temps, ils ont réussi à développer des techniques d'infiltration et en ont détruit certaines parties y créant des brèches", a-t-il ajouté.

Le moudjahid Abdelmadjid Bouhenik se remémore que ses compagnons utilisaient des cisailles à bras isolant pour couper les fils de fer et faire passer armes et munitions au travers des frontières.

Des séquelles gravées dans les mémoires des moudjahidine

Les victimes survivants de l'œuvre macabre de la colonisation française durant la période la révolution de libération et les simples citoyens rendus invalides par les mines antipersonnel des années après l'indépendance, constituent la mémoire "matérielle" de cette horreur, 56 ans après l'indépendance du pays.

"L'écho des détonations des mines au passage des moudjahidine retentit encore dans les oreilles de vieux et de moudjahidine de la région de R'mila", affirment certains d'entre eux, rencontrés par l'APS.

La ligne Challe est en soi "un témoin visible de l'horreur du colonisateur français et de l'atrocité de ses crimes perpétrés durant la révolution libératrice", lance le moudjahid Bouhenik.

Traversant les wilayas d'El Tarf et Souk Ahras pour atteindre les deux communes d'El Kouif et Négrine dans la wilaya de Tébessa, la ligne Challe était venue partiellement doubler la ligne électrifiée Morice construite par l'occupant français en 1957 d'Annaba à Négrine via Souk Ahras et les communes d'El-Ma Labiodh et Bir El-Ateur de Tébessa sur 460 km.

Le colonisateur entendait ainsi étouffer la révolution de libération algérienne en coupant les maquis de leurs bases extérieures, souligne l'association Djebel Labiodh pour les études historiques dans son ouvrage intitulé "Le rôle des zones frontalières durant la révolution algérienne".

La même étude constate que "ces lignes barbelées, électrifiées et minées n'étaient pas parvenues à éteindre la flamme de la révolution, ni à venir à bout de la détermination des moudjahidine".

La politique de l'occupation française n'a pas non plus réussi à faire cesser l'acheminement des armes et aides envoyées par les pays amis dont l'Egypte, la Libye et la Tunisie et les Algériens en lutte ont pu avec des moyens rudimentaires saccager des parties de cette barrière électrifiée pour faire passer des armes et des provisions.

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