20 Février 2019

Burundi: Somalie - Bujumbura et Mogadiscio pour un sommet sur le retrait des forces burundaises

Pierre Nkurunziza et Mohamed Abdullahi Mohamed, respectivement président du Burundi et de Somalie, ont demandé, le 19 février, le tenue en "urgence" d'un sommet des chefs d'Etat des pays contributeurs de troupes de la force africaine dans le pays (Amisom), afin de réexaminer la question du retrait annoncé de mille soldats du contingent burundais.

Les deux chefs d'Etat ont évoqué le sujet lors de leur rencontre à Bujumbura, la capitale burundaise. « Nous avons discuté de la contribution des soldats burundais en Somalie (...) ainsi que d'une décision prise par le Conseil paix et sécurité de l'Union africaine (CPS) qui n'a pas satisfait les Burundais » et les Somaliens, a annoncé Pierre Nkurunziza, après un tête-à-tête avec son homologue somalien.

Mohamed Abdullahi Mohamed a, au cours de sa visite officielle de deux jours à Bujumbura, loué le sacrifice des soldats burundais, « parmi les premiers » à avoir été déployés en Somalie.

La question du retrait du contingent de Somalie avait déjà été sur la table de l'organisation continentale puisqu'en décembre 2018, l'Union africaine (UA) avait demandé au Burundi de procéder à cette évacuation, au plus tard le 28 février. L'injonction avait été faite dans le cadre d'un programme de désengagement progressif de l'Amisom contesté par le Burundi, dont la présence de soldats en Somalie constitue une source de revenus en devises pour le pays.

Le chef de l'Etat burundais semble toujours être opposé au retrait des troupes de son pays de l'Amisom. « Nous avons convenu de convoquer un sommet urgent des chefs d'Etat contributeurs de troupes au sein de l'Amisom pour que cette décision soit revue dans le bon sens (...) pour que les opérations puissent se poursuivre sans problèmes », a-t-il déclaré.

Pierre Nkurunziza s'exprimait au moment où, selon une source de l'UA, la liste des mille Burundais à rapatrier a déjà été dressée et « les vols qui doivent les ramener au Burundi sont programmés du 21 au 26 février ».

« Le ministre burundais de la Défense est décidé à engager un bras de fer » et a d'ores et déjà assuré que « le Burundi ne va pas retirer de Somalie plus de quatre cents soldats », assurent des sources de l'UA, ajoutant que le gouvernement burundais continue de contester la décision de retrait de ses soldats. C'est pour défendre cette position que le ministre burundais des Affaires étrangères, Ezechiel Nibigira, a séjourné en Égypte où il a obtenu le soutien du président de ce pays, Abdel Fattah al-Sissi, nouveau président en exercice de l'UA, selon un cadre de haut niveau de ce ministère.

Deuxième pays contributeur de troupes de l'Amisom, le Burundi a déjà payé un lourd tribut en Somalie où entre huit cents et mille de ses soldats ont été tués par les shebab, selon des sources militaires.

Ces islamistes avaient pourtant été chassés de Mogadiscio en 2011 et perdu l'essentiel de leurs bastions, mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils. Ils ont même juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les vingt mille hommes de la force de l'Amisom.

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