20 Février 2019

Ouganda: Appel à un nouveau mandat de Museveni - Bienvenue au royaume d'Ouganda !

Photo: The Independent
President Yoweri Museveni

Yoweri Museveni, 74 ans, au pouvoir depuis 1986, n'est pas rassasié de pouvoir. Il s'apprête encore à dresser la table en vue de porter un toast à son 6e mandat présidentiel. son parti, le Mouvement de la Résistance nationale (NRM) a, en effet, annoncé avoir approuvé la candidature de son « leader bien aimé » et incontesté, au scrutin présidentiel de 2021.

Qu'il vente, qu'il pleuve ou même que le temps s'arrête dans cette contrée du Gondwana, Président-Fondateur Museveni peut donc être assuré de continuer à disposer à sa guise de sa « bananeraie » en 2021 et même au-delà, pour « éliminer les freins à la transformation de son pays » comme le souhaite son parti qui l'a ainsi clairement indiqué dans une résolution adoptée à l'unanimité par le comité exécutif central du NRM. C'était au terme d'une retraite de cinq jours, présidée par ...

Museveni himself qui n'a certainement rien voulu laisser au hasard. Ce choix relève-t-il d'une sincère et profonde aspiration de son parti ?

Si non, qui pour le contester, face à ce dictateur notoire et quasi assumé qui s'amuse à soutenir, avec un brin d'ironie, qu'il n'y a pas plus grand démocrate que lui sur Terre alors qu'on sait qu'il aurait eu le choix d'emporter avec lui, son trône dans l'au-delà, qu'il n'aurait pas hésité, tant son addiction au pouvoir est forte ?

A défaut donc de pouvoir le faire, il se contenterait bien de « pouvoir à vie » dans la perspective de bénéficier de funérailles nationales grandioses. Bienvenue au royaume d'Ouganda ! Faut-il en rire ou en pleurer ?

En tout cas, ce genre de rapport de bien des têtes couronnées du continent, au pouvoir, ne manque pas de faire sourire voire ricaner nos « amis » de l'Occident ; toute chose qui n'est pas étrangère à la boutade du président américain Donald Trump qui voit en l'Afrique, un conglomérat de « pays de merde » !

S'il fallait classer « ces pays de merde », l'Ouganda figurerait certainement aux premières loges mais une telle appréciation n'engagerait que ses auteurs, pas les Etats-Unis, alliés invétérés du pouvoir ougandais.

Quel avenir face à des dictatures nocives à la bonne marche du continent ?

Et l'on peut être sûr que le silence complice du pays de l'Oncle Sam, face au drame ougandais, restera en l'état tant que ce pays dirigé d'une main de fer par Museveni, restera le chouchou des Etats-Unis. Quelle voie de salut pour le peuple ougandais opprimé et qui a quasiment tout perdu de sa liberté et de sa dignité ?

Résigné, il semble à présent s'être résolu à vivre avec le « mal » Museveni en espérant sans doute que Dame Nature fera le reste.

A cet égard, on peut s'interroger à juste titre : faut-il encore organiser des élections en Ouganda ? A quoi bon y organiser ce genre de scrutins à l'issue desquels c'est la même personne qui est toujours déclarée vainqueur depuis plusieurs décennies ?

En tous les cas, on sait de l'Ouganda que c'est un pays extrêmement verrouillé. Ce faisant, l'alternance, il ne faut même pas y penser.

Du reste, tous ceux qui ont manifesté l'intention de succéder à Museveni, par les urnes, l'ont appris à leurs dépens. Les opposants comme Kizza Besigye, et artistes comme Bobi Wine en savent quelque chose ; ces opposants qui ont vu leur rêve d'être calife à la place du calife, se briser devant les grilles de la prison où ils allaient méditer sur leurs ambitions présidentielles.

Et dans sa logique du pouvoir absolu, l'homme fort de Kampala sait pouvoir compter sur le soutien de son rejeton, Muhoozi Kainerugaba, qu'il préparerait à sa succession, après l'avoir bombardé deuxième personnalité de l'armée ougandaise. Face à toutes ces tares de la gouvernance sous nos tropiques, le développement de l'Afrique restera pour longtemps encore, un leurre. Elle est condamnée à faire du sur-place.

Ne nous voilons pas la face : un dirigeant incapable de sortir de sa logique « moi ou le chaos » et qui finit par se fossiliser au pouvoir, ne peut plus rien apporter à son peuple, à son pays.

Et ce ne sont pas les indicateurs économiques sur fond de taux de croissance à tel chiffre ou tel chiffre, qu'aiment à ressasser certains gouvernants, qui peuvent servir de remède à l'usure du pouvoir et à son corollaire de maux, véritables freins au développement de bien des nations africaines.

Et dire qu'avec tout cela, l'Occident continue de nous bassiner les oreilles avec les formules flatteuses du genre : « l'Afrique est un continent d'avenir ». Quel avenir face à des dictatures nocives à la bonne marche du continent ? Quelle hypocrisie !

Pour leurs intérêts, ces gens peuvent toujours tolérer nos graves manquements en matière de gouvernance, ce qu'ils n'accepteraient pour rien au monde chez eux.

Qu'on en juge : Union européenne (UE) a des critères de convergence tant en matière d'économie, de politique, de social et autres. Et elle ne transige pas sur ces valeurs cardinales.

Absolument rien à voir avec ce qui est donné de constater en Afrique où chaque dirigeant gère son pays comme bon lui semble. Et personne ne bronche !

Même pas les organisations régionales qui ne veulent jamais se mettre à dos un dirigeant et qui, ce faisant, adoptent toujours des positions qui jurent avec les aspirations des peuples à l'alternance et à la liberté.

Ouganda

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