21 Février 2019

Guinée: Les ordures, premier poste de dépense du train Conakry-Express, selon le DG des chemins de fer

interview

Le train Conakry-Express rencontre régulièrement des difficultés. De 2010 date de son lancement jusqu'à récemment, il a connu plusieurs interruptions dont la dernière en date était relative au contentieux entre le gouvernement guinéen et les chinois.

Depuis, il est entièrement géré par des Guinéens. Aminata.com a interrogé le Directeur général des chemins de fer. Me Badras Yora, explique les difficultés et les perspectives de ce train. Lisez.

Parlez-nous de votre service ?

La société nationale des chemins de fer de Guinée est une entreprise d'Etat autonome qui s'occupe essentiellement de la voie ferrée, c'est-à-dire la reconstruction de la voie ferrée guinéenne et l'exploitation du train Conakry Express.

La société joue également le rôle d'interface entre l'Etat et les sociétés ferroviaires et des différentes sociétés minières. C'est ça le rôle fondamental de notre direction.

On connait particulièrement le rôle de votre direction à cause de sa gestion du train Conakry Express, parlez-nous de ce train ?

Ce train est un outil fait à dessein pour résorber un peu le déficit en matière de transport des personnes dans la ville de Conakry.

Donc, c'est le cadre de transport urbain le plus utilisé dans la ville de Conakry et ce train a été acquis en 2010. De cette date à maintenant, le train a fait ses preuves.

C'était l'outil le plus performant et le plus utile. Il est arrivé à un moment où on était à 50% de transport urbain parce qu'il n'y avait pas les autres moyens. C'était soit complètement détérioré ou n'existant pas.

On était simplement en concurrence avec les munis bus qui évoluaient dans le secteur informel. Donc, il est arrivé à un moment donné où c'était le seul moyen de transport urbain dans la ville de Conakry. Et vous savez ce qui s'est passé dans ce cadre, le service qui a été rendu.

Il y a eu momentanément des interruptions, le service de ce train, actuellement où en êtes-vous pour éviter le retour de ces interruptions ?

Les interruptions, il y en a eu, il faut le reconnaitre, mais c'est dû essentiellement aux difficultés qui sont éminentes à l'exploitation d'un train passager.

Je vais vous dire que l'exploitation d'un train passager, surtout en centre urbain, est très complexe et très difficile. Comme vous le constater, ce train à un moment donné était le musée d'une partie de sa population qui saccageait à tout moment.

Il suffit qu'il y ait ville morte, marche, sit-in ou manque de courant ou d'eau, pour toutes ces raisons, on trouvait à déverser le venin sur le train passager. Donc souvent, les arrêts sont dus à des lapidations que nous subissons. Ils cassent souvent les vitres et beaucoup d'autres éléments.

Et nous sommes obligés à chaque fois que ça arrive de nous arrêter et de procéder à des réparations. En plus de ces lapidations, il y a aussi la population riveraine qui déverse les ordures ménagères sur la voie ferrée.

Mais là aussi, on a fait une lutte farouche contre ces gens. Rien à faire, on n'a pas la solution parce que les élus locaux ne veulent pas nous aider, les mairies ne nous aident pas.

Donc, on se retrouve avec des difficultés en matière de solution pour mettre fin à ce comportement. On est allé parfois jusqu'à aller attacher les colas, voir même les mosquées parce qu'aujourd'hui, les plus grands nombre de regroupement se retrouvent dans les mosquées. Il n'y a pas un endroit approprié qui rassemble de monde plus que la mosquée.

Donc, dans les mosquées, on est venu rencontrer les imams pour que ceux-ci parlent à la population.

Mais ça n'a pas été la solution, on est passé par les ONG, on n'a pas pu résoudre, on est passé par la gendarmerie pour la répression et le gardiennage, ça n'a donné aucune solution, les gens continuent à déverser.

Après on s'est rendu compte que c'est un problème entier et particulier. Parce qu'après la zone des rails, ça s'est emparé de toute la ville, alors c'est de là-bas qu'on a compris que c'est un problème entier qui dépasse nos moyens.

Malgré tout, puisse que nous nous subissons des effets quotidiennement, donc nous sommes obligés à des moments d'arrêter le train et de procéder à l'assainissement en travaillant avec des sociétés qui ont des machines procéder à l'assainissement de la voie ferrée pour pouvoir circuler.

Maintenant-là, on a une équipe permanente de 15 personnes qui sont-là quotidiennement pour enlever les ordures sur les rails.

Mais eux aussi comme c'est travail manuel, ils mettent-ça de côté et quand ça fait des montagnes de chaque côté, on est obligé de chercher une société avec qui il faut travailler, ce qui nous coûte excessivement chers parce que c'est même plus chers que le carburant que nous consommons. C'est devenu le premier poste de dépense élevé au sein de la société, el deuxième c'est le carburant.

Il y a eu un accord avec vous et les chinois où en est-on avec cet accord ?

Avec les partenaires chinois, il y a eu effectivement des incompréhensions au moment où il fallait faire des comptes parce qu'au moment où ces partenaires-là envoyaient ces matériels, au prime à bord, c'était d'abord de se faire rembourser par des minerais, après ça n'a pas prospéré, on a dit alors procéder à l'évaluation et voir ce que ça fait comme coût et voir dans quelles mesures on peut procéder au remboursement.

La première forme n'a pas prospéré, ils ont donné un coût très élevé au matériel, donc, on était obligé de reculer, on a fait appel au ministère de la justice, le ministère des transports et le ministère des finances pour discuter avec eux.

Dans les discutions, on est arrivé à un moment où on ne se comprenait plus parce qu'on avait une idée déjà du coût de ce matériel sur le marché international.

Alors si on a vu que ceux qui sont investis comme charge était plus élevée, donc, on n'a pas pu se comprendre. Qu'est-ce qu'ils ont fait, ils ont procédé à l'arrêt purement et simplement du matériel.

Alors ayant d'autres rapports en matière de collaboration avec le gouvernement qu'ils ont oublié, donc le président de la République, une manière d'ailleurs très salutaire a pris sur lui la responsabilité de réquisitionner ces matériels et de les remettre en circulation en faveur de la population dans le cadre de déplacement des personne et leurs biens.

Donc, le train a été réquisitionné, remis à la direction nationale pour exploitation. Depuis la remise en service du train.

Il est géré par des techniciens guinéens qui se chargent de l'exploitation. Toutes les charges de l'exploitation sont supportées maintenant par l'Etat et les recettes.

M. le Directeur vous avez mené beaucoup de reformes pour la marche de ce train, parlez-nous de ces réformes ?

Le train est très prisé par la population parce que je me rappelle le premier qu'on a commencé, on a eu 150 passagers. C'est de jour en jour que la population a commencé à s'habituer au transport ferroviaire parce que depuis 1995 que le train a cessé à circuler en Guinée.

Donc, tous les enfants qui sont nés après ne connaissaient pas le train, ils y en a qui étaient curieux, qui doutaient, qui avaient même de leurs sécurité, maintenant avec le temps, la population a commencé à s'habituer.

Imaginez-vous de 150 personnes au premier jour, on s'est retrouvé à presque 5000 personnes deux ans après. Donc, comme je vous ai dit c'était le seul moyen de transport urbain formel.

Donc, il y a eu la population qui a commencé à s'adapter finalement on est passé à un moment donné les premiers en matière de transport urbain. Pour cela, avec le départ des chinois, on n'a pas voulu qu'il y ait un vide par rapport à la population qui avait besoin de ce train en ce moment-là et même maintenant-là.

Donc, on fait des efforts de restructuration pour que le train continu à circuler coute que coute. Ce sont ces efforts qui donnent l'effet que vous constatez sur le terrain.

L'exploitation par des guinéens, avec la population, nous rencontrons parfois des difficultés, comme les casses, les ordures, si ce n'était pas ça, on aurait rendu un service beaucoup plus grand et beaucoup plus régulier.

Nous comptons remporter encore le flambeau par d'abord le transport urbain parce qu'il y a aucun autre moyen de transport urbain qui peut égaler le train. C'est à cause même de la configuration géographique de la vie.

Quand vous quittez Kagbelen, le plus souvent, nous on quitte Kagbelen avec des bus, nous nous arrivons à 9h-5, alors que les bus n'arrivent qu'à vers 10h 30, 11h à cause de l'embouteillage pour dire qu'il n'y a pas de comparaison.

Mieux vaut le train qui est un outil confortable, moderne et climatisé. Ensuite le service à bord, notamment les toilettes pour des besoins, donc, tout ça est assuré à bord. Il est régulier et il arrive à destination à l'heure pour des travailleurs et pour des élèves.

Donc, c'est pourquoi, on ne peut pas le comparer aux autres moyens de transport parce que les autres rencontrent toujours des embouteillages compte tenu de la configuration de la ville.

Vous utilisez les rails de Rusal !

Oui pour le moment nous circulons en commun sur les rails de CBK.

Quels sont les perspectives ?

Les perspectives c'est justement les rails. Ce sont des rails à sens unique, ça quitte le port pour aller aux chantiers miniers.

Donc c'est des rails qui sont utilisés par des sociétés minières. Pour notre cas ce n'est pas beaucoup de distance c'est à 110 kilomètres.

Dans les perspectives... de créer la ligne de 40 kilomètres, quand est cela va se réaliser ?

Les discutions sont très avancées à ce qui concerne la création des voies uniques pour que le train puisse traverser dans la circulation, ce qui va augmenter la capacité de la voie et la capacité d'exploitation, c'est-à-dire ça multiplie le nombre de train.

Quant aux premiers 40 kilomètres, nous sommes au niveau de l'étude de faisabilité qui va être finalisé bientôt et il y a des investisseurs qui se bousculent déjà pour pouvoir faire ces 40 premiers kilomètres.

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