Centrafrique: La situation reste grave et oblige à rester vigilant, selon l'envoyé de l'ONU

Mahamat Al Khatim, commandant du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC), lors de la cérémonie de signature de l’accord de paix à Bangui le 6 février 2019. De 2015 à 2018, les combattants du MPC ont commis des abus qui pourraient constituer des crimes de guerre.
21 Février 2019

L'envoyé de l'ONU en République centrafricaine (RCA) a prévenu jeudi le Conseil de sécurité que la signature de l'accord de paix le 6 février dernier entre le gouvernement et 14 groupes armés ne devait pas faire oublier que la situation dans le pays restait grave.

« La signature le 6 février de l'Accord global pour la paix et la réconciliation nationale est l'aboutissement d'un long processus », a souligné Parfait Onanga-Anyanga, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la RCA, dans un exposé devant les membres du Conseil.

Il a rappelé qu'après une transition difficile, de nouvelles institutions légitimes et démocratiques avaient été installées le 30 mars 2016. « Les Centrafricains viennent donc de très loin mais les dangers demeurent nombreux. Ils méritent notre admiration et tous nos encouragements », a-t-il ajouté.

« Si nous avons raison de nous réjouir que nos efforts multiformes aient permis cette importante avancée politique en République centrafricaine, nous devons cependant demeurer lucide et vigilant car la situation reste grave », a dit l'envoyé de l'ONU.

« L'insupportable sort des personnes déplacées et des réfugiés ainsi que les scènes de violence insensée et les nombreuses victimes nous le rappellent de façon lancinante ».

Selon M. Onanga-Anyanga, la signature de l'accord de paix a été une « étape nécessaire et décisive, certes, mais une étape seulement ». « Le plus dur reste en effet à venir. Le vrai test sera dans la mise en œuvre intégrale et de bonne foi de l'accord », a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial a appelé toutes les parties prenantes à honorer scrupuleusement tous les engagements qu'elles ont pris au titre de l'accord et à ne pas trahir la confiance qu'ont placé en elles les populations centrafricaines et tous ceux qui les ont accompagnées dans ce processus de paix.

« Le pays a aujourd'hui la possibilité d'ouvrir une nouvelle page riche de promesses et qui tourne le dos, définitivement, à une histoire douloureuse », a dit M. Onanga-Anyanga.

« J'exhorte les parties à toujours privilégier le dialogue pour pérenniser le nouveau consensus politique et social promu par l'accord du 6 février ».

L'envoyé de l'ONU a estimé que le rôle des garants, surtout des pays voisins et de la région, et celui des facilitateurs sera déterminant pour permettre la pleine réalisation de cet accord.

Il a salué l'initiative conjointe de l'ONU et de l'Union africaine de tenir vendredi une réunion du Groupe international de soutien à la RCA.

Parfait Onanga-Anyanga a rappelé que le soutien du Conseil de sécurité, des pays de la région et de la communauté internationale dans son ensemble restait essentiel au succès de la mise en œuvre de l'accord de paix du 6 février.

Il a une nouvelle fois salué le sacrifice des Casques bleus qui ont été tués en RCA. « Ces soldats de la paix ont donné leur vie pour aider à assister, protéger et réconforter le peuple centrafricain et soutenir les jeunes institutions démocratiques du pays lorsqu'elles étaient menacées », a-t-il déclaré.

Il s'agissait de la dernière réunion du Conseil de sécurité à laquelle participait Parfait Onanga-Anyanga en tant que Représentant spécial pour la RCA.

A la tête de la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSCA) depuis août 2015, le Gabonais sera remplacé par le Sénégalais Mankeur Ndiaye.

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