21 Février 2019

Congo-Kinshasa: Santé sexuelle et reproductive - Les experts partagent l'expérience sur les soins complets d'avortement

L'heure est à l'élaboration des normes et directives d'accès aux soins complets d'avortements sécurisés selon l'esprit de l'article 14 du Protocole de Maputo. Et, cela en marge du processus de vulgarisation dudit Protocole qui promeut les droits de la femme africaine.

La République Démocratique du Congo affiche des taux de mortalité maternelle, néonatale et infantile parmi les plus élevés au monde. En effet, selon les résultats de l'EDS 2013-2014, la mortalité maternelle est estimée à 846 pour 100 000 naissances vivantes. Parmi les principales causes de cette mortalité maternelle élevée, l'avortement occupe la deuxième place.

Une session de formation des formateurs aux soins complets d'avortement, organisée par le Programme National de la Santé de la Reproduction-PNSR) en collaboration avec Ipas et IRC, a réuni des experts des différentes zones de santé de Kinshasa, des provinces, et même de la République du Tchad à Selton Hôtel, à la Gombe.

D'après Dr. Jean-Claude Mulunda, formateur pour le compte d'Ipas, cette formation a pour objectif de préparer des formateurs qui, à leur tour, vont former des prestataires qui pourront offrir des soins complets d'avortement.

Cette formation, a souligné Dr. Mulunda, s'inscrit dans le cadre de l'application du Protocole de Maputo, publié dans le journal officiel en mars 2018, pour lequel le Programme National de la Santé de la Reproduction(PNSR) est en train de rédiger les normes et directives qui vont accompagner ledit Protocole.

En effet, ce Protocole, dans son article 14, met un accent sur la protection des droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l'avortement médicalisé, dans des cas spécifiques, notamment d'agression sexuelle, de viol, d'inceste ou encore lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus.

Il faut noter que les participants à cette activité sont venus non seulement des différentes zones de santé de Kinshasa, mais des autres provinces et pays d'Afrique Francophone, tel est le Tchad.

Expérience partagée

C'est une opportunité pour ces différents experts de partager, chacun son expérience en cette matière.

Dr. Yodi Rachel, formatrice pour le compte du PNSR et Dr. Steve Luboya, conseillé médical d'Ipas pour la Région d'Afrique, ont, tour à tour expliqué l'objectif de cette session de formation qui est de travailler ensemble en vue d'améliorer ou de créer un environnement favorable pour l'accès aux soins complets d'avortement, depuis que le Protocole de Maputo a été publié dans le journal officiel.

D'après ces deux experts, l'idée est d'orienter les efforts dans le sens d'améliorer la qualité des services des soins complets d'avortement que l'on peut fournir à chaque femme, jeune fille, en tant que droit de la personne afin de pouvoir utiliser ces services qu'il faut lorsqu'elle pense que la grossesse ne lui est pas appropriée.

Ainsi, ont-ils ajouté, « nous sommes à l'étape de la préparation du processus d'élaboration des normes et directives qui régissent les services cliniques dans le sens de pouvoir accorder les soins dont la femme a besoin ; ainsi que le conseil supplémentaire concernant la planification Familiale.

Il est à noter que la RDC est à sa nouvelle expérience qui va changer la situation des femmes. Mais, il y a encore beaucoup à faire.

A en croire le Dr. Kevin Kaboko, manager de l'IRC au Sud Kivu, le Protocole de Maputo, dans son article 14, ouvre une brèche de certaines circonstances qui répondent aux conditions tenant compte de la loi du pays.

Les soins complets d'avortement aident beaucoup de femmes. En RDC, ces soins sont en train d'être fournis dans des très mauvaises conditions, alors que sous d'autres cieux les soins complets d'avortement sont libéralisés. A cet effet, les conséquences dans ces pays, sont réduites et même la demande aussi.

Car, a-t-il expliqué, ces soins s'accompagnent toujours de conseils supplémentaires en Planification Familiale. C'est ce qui fait qu'il y ait moins de grossesses non-désirées. Et quand il y a moins des grossesses non-désirées, il y a moins d'avortements.

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