Sénégal: Configuration inédite pour l'élection présidentielle

Photo: © RFI/Guillaume Thibault
Un électeur sénégalais montre son doigt encré le 24 février 2019 dans une école du quartier Biscuiterie, à Dakar, reconvertie en bureau de vote, pour la présidentielle. © RFI/Guillaume Thibault

Au Sénégal, 6,7 millions électeurs sont appelés à voter pour le premier tour de la présidentielle. Cinq candidats sont en lice pour la présidentielle : Idrissa Seck, Madické Niang, Issa Sall, Ousmane Sonko et Macky Sall. Mais sans le PDS ni Khalifa Sall.

L'élection se jouera sans le Parti démocratique sénégalais (PDS) et Karim Wade, ni l'ex-maire de Dakar Khalifa Sall. Tous deux n'ont pas pu se présenter. La candidature des deux opposants a été invalidée par le Conseil constitutionnel en janvier, en raison de leurs condamnations respectives.

Le Parti socialiste lui est rallié au camp présidentiel. Pendant la campagne électorale, Macky Sall a toujours affirmé qu'il sera élu dès le premier tour. Une exigence reprise en slogan par le camp présidentiel.

Face à lui, quatre opposants : Madické Niang, candidat dissident du PDS, veut capitaliser sur la base électorale solide du parti. Ousmane Sonko, à l'ascension fulgurante en politique, veut lui créer la surprise au premier tour. Il y a aussi Issa Sall qui cherche à s'imposer en comptant sur sa base électorale religieuse et fidèle. Enfin, Idrissa Seck a pu décrocher un ralliement de poids : celui de Khalifa Sall, et de ses militants. Pour les quatre opposants, il s'agit de créer les conditions d'un second tour, seule possibilité pour espérer déstabiliser Macky Sall.

La Casamance, enjeu de l'élection

Le président gambien Yayah Jammeh est tombé, le pont transgambien est ouvert. Pour la première fois, la Casamance n'est plus coupée du reste du pays et pour les Casamançais qui ont accumulé au fil du temps un sentiment de frustration à l'égard du pouvoir de Dakar, au point que certains ont décidé de prendre les armes pour réclamer l'indépendance de la région, c'est une réelle avancée.

Pendant toute la campagne, Macky Sall a surfé sur son bilan : le pont, les routes, le dragage du fleuve. Pour faire le plein des voix et emporter cette région qui avait voté contre lui au premier tour de la présidentielle de 2012, il compte aussi sur le ralliement de bon nombre de personnalités locales comme celui du député-maire Abdoulaye Baldé, ancien ministre de la Défense sous Abdoulaye Wade.

Face au président sortant, l'ancien Premier ministre Idrissa Seck mise sur la dynamique de sa coalition pour emporter le vote utile. Issa Sall et Madické Niang sont eux aussi venus pour convaincre. Mais ici, c'est surtout Ousmane Sonko, étoile montante de la politique sénégalaise, qui fait figure de challenger. L'enfant du pays, qui va d'ailleurs voter à Ziguinchor, compte emporter le vote contestataire, notamment chez les jeunes, pour mettre en échec Macky Sall.

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