Congo-Kinshasa: RDC-USA - Va-t-on vers une rupture ?

La Céni rejette les accusations de corruption de Washington

Décidemment, les Etats-Unis d'Amérique ne cesseront jamais de surprendre le monde, en général, encore plus la République Démocratique du Congo. Attendez ! Après les sanctions qui ont été infligées à l'encontre de certains officiels congolais l'année passée, cette-fois-ci, le département d'Etat américain a une fois de plus remué le couteau dans la plaie, en réitérant le même exploit mais sur d'autres officiels congolais.

Oui, en effet, Washington a annoncé que plusieurs responsables congolais seraient impliqués dans des faits de corruption. Parmi lesquels, l'on cite Corneille Nangaa, Norbert Basengezi, respectivement Président et Vice-président de la Commission électorale nationale indépendante(CENI), Marcellin Mukolo, conseiller de Nangaa, Aubin Minaku, ancien Président de l'Assemblée nationale RD congolaise, et Benoît Lwamba Bindu, Président de la Cour constitutionnelle, haute juridiction de la RD Congo.

Réagissant face à ces nouvelles sanctions, maints observateurs de l'arène politique RD Congolaise estiment que cet acte intervient au moment où Félix Tshisekedi vient tout juste d'être propulsé à la tête de cet immense pays qu'est le Congo. Et que cette décision va dans la direction de fragiliser les relations bilatérales qui existent déjà entre les deux pays. Comme pour dire que, si l'on était habitué de voir les multiples entêtements de l'ancien régime de Kabila face aux "impérialistes", le nouveau régime de Tshisekedi, au moins, semble se retrouver tant bien que mal, au même type de problème du passé. Apparemment, les fardeaux de Kabila d'hier sont portés aujourd'hui par son successeur.

Que faire ? Comment se fait-il que les Etats-Unis d'Amérique, saluent avant tout la victoire de Tshisekedi, symbole de l'alternance pacifique, puis, on sanctionne (Nangaa et Basengezi) qui ont facilité la même alternance ? Des observateurs de l'agora politique congolaise restent perplexes. Kinshasa doit-elle craindre ? Non. Parce que, faudrait-il rappeler que l'envoyé spécial des USA pour la région des Grands Lacs, Dr J. Peter Phan, avait réaffirmé l'engagement de son pays à travailler avec la RDC. Ce dernier, reçu par le nouveau Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, a laissé entendre que son Gouvernement va accompagner la RDC dans sa «lutte contre la corruption et en faveur de la reconstruction».

Quid du communiqué ?

Le Département d'Etat qui a publié le communiqué de vendredi 22 février dernier, a porté une série d'accusations pesantes sur certains officiels congolais, notamment sur les dirigeants de la Ceni. "Corruption, enrichissement illicite, violation des droits de l'homme et des abus et atteinte à la démocratie", tels ont été les chefs d'accusations. Pour y arriver, ces personnalités sont interdites de fouler le sol américain. En d'autres termes, elles ne pourront plus, ni eux, ni les membres de leurs familles, bénéficier du visa américain.

Réactions entrecroisées

A la suite de ces sanctions, l'Ambassadeur américain n'a pas tardé pour porter son éclairage quant à ce, et il a mis fin à toutes polémiques. «Le département d'Etat souligne que les actions annoncées aujourd'hui sont spécifiques à certains responsables et ne concernent ni le peuple congolais, ni le gouvernement nouvellement élu», a-t-il tenu à préciser. A son tour, Corneille Nangaa a tenté de calmer le jeu. «Je ne me sens pas concerné par ces sanctions. Je ne suis pas citoyen américain», a lâché le patron de la centrale électorale RD Congolaise. Il s'en fout, estimant qu'il se sent à l'aise dans son pays.

Par contre, l'Association Congolaise pour l'Accès à la Justice (ACAJ) et l'Association Africaine des Droits de l'Homme (ASADHO) ont salué les sanctions annoncées, vendredi, par le département Etat américain. «L'ACAJ va travailler avec tous les mécanismes nationaux et internationaux afin d'obtenir des sanctions contre d'autres personnalités officielles ou non, qui sont impliquées dans les actes de corruption, enrichissement illicite. Nous les connaissons, nous avons la liste, nous allons collaborer avec les autres mécanismes, notamment les Etats-Unis. Nous avons suffisamment d'éléments pour qu'elles soient sanctionnées déjà au niveau international en attendant que la justice nationale soit vite relancée », a annoncé rapidement Georges Kapiamba.

Où allons-nous ? Mystère. D'autant plus que, saluées par les uns, décriées par les autres, les sanctions des USA ne font que jaser l'opinion congolaise. Peut-on affirmer que la rupture entre les USA et la RDC, est-elle envisageable ? Difficile à dire, néanmoins, il semble être encore très tôt pour l'affirmer.

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