21 Février 2019

Cameroun: Un dirigeant de l'opposition et plus d'une centaine de ses sympathisants risquent la peine de mort

communiqué de presse

Le dirigeant de l'opposition Maurice Kamto doit comparaître ce jour devant un tribunal militaire pour des chefs d'inculpation passibles de la peine de mort, tandis que les autorités camerounaises intensifient leur répression post-électorale à l'encontre des critiques, a déclaré Amnesty International jeudi 21 février.

Président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto fait partie d'un groupe de 131 personnes arrêtées arbitrairement en janvier et inculpées par le tribunal militaire pour rébellion, hostilité contre la patrie, incitation à l'insurrection, outrage au président de la République et destruction de bâtiments et biens publics. Toutes vont être convoquées par un juge d'instruction.

Elles encourent la peine de mort, qui bafoue le droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

« C'est effroyable que les autorités camerounaises envisagent de condamner Maurice Kamto à la peine de mort pour avoir simplement participé à une manifestation pacifique.

Il fait partie des nombreuses victimes d'une vague d'arrestations collectives dans un contexte où les autorités tentent de faire taire leurs détracteurs, a déclaré Marie-Évelyne Petrus-Barry, directrice du bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique centrale et de l'Ouest.

« En plus de voir leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique réprimé, de nombreux membres de l'opposition au Cameroun risquent à présent des procès iniques devant des juridictions militaires.

Nous appelons les autorités à cesser cette attaque impitoyable contre les voix discordantes. Les civils ne doivent pas être jugés par des tribunaux militaires et ne doivent pas encourir la peine de mort pour avoir exercé leurs droits humains. »

Les organes internationaux et régionaux chargés de veiller au respect des droits humains, y compris la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, considèrent que les tribunaux militaires ne doivent en aucune circonstance juger des civils.

Ce principe est également inscrit dans les Directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l'assistance judiciaire en Afrique.

À la suite de son arrestation, le 28 janvier, Maurice Kamto, qui a été candidat lors des dernières élections présidentielles, a passé deux semaines en détention. Au cours de cette période, ses avocats et ses proches ne l'ont vu qu'une fois.

Il est incarcéré à la prison principale de Yaoundé aux côtés de six sympathisants et responsables du MRC. Le reste du groupe de 131 personnes arrêtées arbitrairement est détenu dans une autre prison. Amnesty International considère qu'elles n'auraient jamais dû être arrêtées.

Le 19 février, 12 personnes d'un autre groupe de 15 membres de l'opposition arrêté le 26 janvier à Yaoundé ont comparu devant un tribunal de droit commun. Selon le procureur, elles ont été arrêtées pour avoir tenté de participer à une manifestation interdite. L'audience a été reportée au 25 février.

« Les autorités doivent cesser d'être de moins en moins tolérantes à l'égard des critiques et prendre des mesures concrètes pour promouvoir les droits humains », a déclaré Marie-Evelyne Petrus Barry.

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