Congo-Kinshasa: Disparition - La classe politique salue le combat historique d'Antoine Gizenga

Le secrétaire général du Parti lumumbiste unifié (Palu) est décédé le 24 février à Kinshasa, à l'âge de 93 ans.

La confirmation du décès a été faite le même jour par les instances dirigeantes du Palu qui se gardent encore de donner un programme quelconque, le temps de se concerter avec la présidence de la République. L'inévitable s'est produit un mois après que le pays a réalisé sa première alternance politique au sommet de l'Etat. Antoine Gizenga disparait, comme l'a fait savoir Willy Makiashi, député national du Palu, « juste au moment où le pays a besoin de repères historiques, politiques et sociologiques, où la relance par rapport au processus politico-électoral démocratique venait de se dérouler ».

Sur la scène politique congolaise, des réactions fusent de partout pour saluer le combat politique de ce grand homme et son leadership. Des acteurs politiques de tout bord ont reconnu la constance de son combat, à l'instar du secrétaire général adjoint en charge de la communication et implantation de l'Union pour la démocratie et le progrès social, Augustin Kabuya. Ce dernier a salué la mémoire d'un grand homme politique et d'un modèle. « Le patriarche Antoine Gizenga était un grand homme politique, un modèle pour nous à cause de son combat politique, son leadership. C'est quelqu'un qui est mort en tant que mythe. Même quand il ne bougeait plus, les gens continuaient à faire confiance en sa personne. C'est un grand choc. Il laisse un grand vide au niveau de l'espace politique de notre pays », a-t-il déclaré.

Abondant dans le même sens, le deuxième vice-président du regroupement politique Palu et alliés, Henri-Thomas Lokondo, voit dans ce décès une perte pour la République car, c'est « une personnalité mythique de l'histoire politique de notre pays » qui vient de partir. « Le patriarche Gizenga a été l'exemple de la fidélité dans l'action de l'unité nationale, de l'indépendance de notre pays. Malgré l'âge qu'il avait atteint, la lucidité politique ne l'avait pas quitté quant aux choix des options fondamentales pour la paix », a-t-il réagi. Sur son compte twitter, Kin Kiey Mulumba, un proche de Félix Tshisekedi, s'est contenté de placer ces quelques mots : « Au Palu, une page se referme. À nous nos condoléances ».

Joseph Kongolo, analyste politique de son état, pense qu'avec la disparition d'Antoine Gizenga, c'est une image de Lumumba qui s'en est allée. « Gizenga a été caractérisé par la constance dans le combat, la constance dans la vision de Lumumba. C'est la seule personne qui a ravivé la mémoire de Lumumba dans son combat politique. Malheureusement, lors de son passage au pouvoir, il n'a pas eu les mains libres pour pouvoir mettre en pratique le programme de Lumumba. Il n'a pas eu le pouvoir qu'il fallait », a-t-il regretté.

Pour Bob Kabamba, professeur de sciences politiques à l'université de Liège, en Belgique, cité par Rfi, Antoine Gizenga avait fait de l'unité congolaise l'un de ses principaux combats. « Il a quand même été l'un des plus fervents défenseurs de la lutte des classes avec Lumumba, il était parmi les révolutionnaires qui ont mené la révolution dans les années 1960 au Congo », a-t-il reconnu.

Un combattant de la liberté

Antoine Gizenga Fundji est originaire de la province du Bandundu. Il était marié à Anne Mbuba et laisse quatre enfants. Considéré comme l'un des pères de l'indépendance congolaise, il était chef du Parti solidaire africain en 1959 et élu député national lors des législatives de 1960. Il devient par ce fait vice-Premier ministre dans le gouvernement Lumumba. Il a dirigé, à Kisangani, le gouvernement de la République populaire du Congo, une rébellion au régime Mobutu en septembre 1960.

De l'histoire récente, on retiendra qu'il s'est porté candidat à l'élection présidentielle de 2006, battu au premier tour du scrutin mais occupera la troisième position après Jean-Pierre Bemba. Son score de 13 % de voix avait attiré Joseph Kabila avec qui il avait conclu l'alliance qui l'a porté à la primature et qu'il quittera en 2008, remplacé par son dauphin politique, Adolphe Muzito. Depuis lors, le patriarche est resté en marge des activités politiques tout en gérant le Palu de loin via un cercle fermé de ses fidèles collaborateurs.

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