Congo-Brazzaville: Distinction - Le journaliste Joseph Pambou honoré

Plus connu sous le pseudonyme de « Jo Pambou », l'animateur-journaliste, 70 ans, a reçu le 22 février, au Centre culturel Jean-Baptiste-Tati-Loutard de Pointe-Noire, le trophée Joseph-Tchiamas pour la promotion des langues locales, lors de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle.

Après avoir fêté ses 40 ans de micro, l'année dernière au cours d'un gala animé par les Bantous de la capitale à Pointe-Noire, Jo Pambou vient d'être distingué par la direction départementale du Livre et de la lecture publique et la Jeune chambre internationale Victory qui lui ont remis le trophée Joseph-Tchiamas pour la promotion des langues locales.

Cette distinction, à titre anthume, honore ce journaliste émérite dont les animations en langues kituba à la Voix de la Révolution congolaise, Radio Congo, Radio Pointe-Noire et MCRTV ont toujours été un régal pour les auditeurs.

Jo Pambou est un modèle, une légende, une mémoire et une passion. En sport et musique, ces deux domaines de prédilection, il s'est distingué par son professionnalisme et son dynamisme, apportant la distraction et la bonne humeur. En intégrant la direction politique générale à l'armée et en tant qu'animateur de l'émission "Le combattant rouge", Jo Pambou ne pouvait pas s'imaginer qu'il était en train d'écrire l'une des plus belles pages de la presse congolaise.

Grâce à son habileté au micro, il a gravi vite les échelons. Reçu à Radio Congo par les anciens feu Germain Bisset et Joseph Gabio, Jo Pambou a été intégré le service des sports. « Pendant 40 ans, j'ai côtoyé un certain nombre de personnalités et d'amis dont Germain Bisset et Joseph Gabio qui ont fait de moi un journaliste sportif. Au niveau des programmes, j'ai bénéficié des sages conseils de l'actuel vice-Premier ministre, chargé de la Fonction publique, de la réforme de l'Etat, du travail et de la sécurité sociale, Firmin Ayessa, qui me disait toujours: "Joseph Pambou, ce micro que tu vois peut te propulser comme il peut te descendre. Donc, il faut savoir l'utiliser" ». En quarante ans de pratique du journalisme, Jo Pambou a sillonné presque toute l'Afrique comme journaliste sportif d'Inter club, le club militaire dont il était un des membres du comité directeur.

Brillant animateur lors des retransmissions en direct des rencontres de football à la radio, par la pureté de sa voix et ses nombreuses improvisations imbibées d'humour aigre doux dont il avait le secret, Jo Pambou a su capter pendant quarante ans l'audimat. Ses envolées oratoires en kituba et ses digressions intelligentes lors de ses animations diverses sont restées gravées dans les mémoires. De nombreux joueurs lui doivent leurs surnoms, notamment « Ecriture », dit Wamba La Josée, « Saviem » pour la vitesse de Didier Bonazebi de l'Etoile du Congo, Makita « Monsieur football » pour exprimer le talent du célèbre attaquant de Cara.

Producteur et initiateur de l'émission "Samedi Na Brazza à Radio Congo", Jo Pambou, avec son légendaire « Zola munu mu zola nge », a immortalisé un style qui est devenu au fil des années sa marque de fabrique. Cette émission de promotion musicale a fait sa gloire dans les deux Congo, au point où le célèbre orchestre TP Ok Jazz lui a fait un clin d'œil dans une de ses chansons qui lui a causé malheureusement des ennuis.

« A la sortie de la chanson "Bina na ngaï na respect" qui me cite par "Chéri Jo Pambou", cela a été mal perçu à l'époque. Ce qui m'a valu un mois de suspension. On me reprochait d'être trop proche de Luambo Makiadi parce que j'étais militaire », a -t-il regretté.

Aujourd'hui, animateur à MCRTV avec son émission "Samedi na Ponton", Jo Pambou souhaite que la jeunesse actuelle s'inspire de l'exemple des anciens. « Les jeunes d'aujourd'hui doivent savoir écouter les conseils des anciens, car il faut savoir se rabaisser pour être élevé. Ce n'est que comme ça que l'on progresse », a-t-il conseillé.

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