Burkina Faso: 26ème édition du FESPACO - Le festival célèbre 50 ans d'un parcours "glorieux et ambitieux"

26 Février 2019

"Souvenir, souvenir", chantait si bien Johnny Hallyday. Cette chanson à succès du célèbre rockeur français, aujourd'hui décédé, trouve tout son écho à la 26ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

L'événement, dont le clap d'ouverture, a été donné samedi 23 février dernier, devant un beau public et une nuée de journalistes, reporters photos et cadreurs, au stade municipal de Ouagadougou, est placé cette année, sous le signe du souvenir, avec pour thème: « Mémoire et avenir des cinémas africains ». Ce 26ème Fespaco coïncide surtout avec les 50 ans de ce festival. Un cinquantenaire qui sera célébré durant toute la semaine du festival. Déjà, la cérémonie d'ouverture a donné le ton de ce qui attend les festivaliers, à ce Fespaco 2019, avec une belle fête ponctuée d'une parade de cavaliers, de prestations artistiques dont l'apothéose fut l'époustouflant concert live du groupe Magic System qui a fait danser la foule pendant un peu plus d'une heure.

« Ce Fespaco célèbre 50 ans d'un parcours glorieux et ambitieux », a souligné Abdoul Karim Sango, ministre burkinabé de la Culture, des Arts et du Tourisme. Pour ce « 1er jour de tournage » de ce Fespaco 2019, on a remonté le temps pour se souvenir, à travers des fash-back vidéo, de la toute première édition de ce festival, tenu du 1er au 15 février 1969, sous l'appellation de la semaine du cinéma africain avec 24 films pour 10 000 participants. Ainsi, sur les deux écrans géants led, installés de part et d'autre du podium, sur la pelouse de cette enceinte sportive, le public s'est replongé, avec nostalgie et émotion, le 1er Fespaco. Avec émotion, comme si c'était hier, à travers deux reportages, l'un sur l'ouverture et l'autre sur la clôture de cette manifestation, qui deviendra 50 ans plus tard le plus grand rendez-vous cinématographique du continent, qui mobilise, tous les deux ans, au moins 500 000 festivaliers. Ensuite, un vibrant hommage a été rendu aux précurseurs de ce festival: Claude Prieux, François Bassolet, Salimata Salembéré, Sembène Ousmane, Oumarou Ganda, Paulin Vieyra, Timité Bassori, ... pour ne citer qu'eux. « J'ai juste une pensée pour nos devanciers.

Pour tous ceux qui ont travaillé à l'organisation des 25 éditions précédentes », a dit Yacouba Traoré, président du Comité national d'organisation du Fespaco 2019. Porte-parole des pionniers du Fespaco, Mme Salembéré s'est remémorée les premiers pas de ce festival, tout en saluant, via une minute de silence, la mémoire de ceux qui sont décédés. Tout ces pionniers partis, un hommage a été aussi rendu à deux cinéastes burkinabè, disparus entre deux éditions du Fespaco : Idrissa Ouédraogo et Missa Hébié, et cela, à travers une courte vidéo retraçant leur riche carrière cinématographique. Sans oublier un clin d'oeil aux lauréats de l'Etalon d'Or de Yennenga, distinction suprême du Fespaco. Jusqu'au samedi 3 mars prochain, Ouagadougou va vivre au rythme du cinéma d'Afrique et de sa diaspora, entre projections de films, conférences-débats, marché, colloques, expositions photos, présentations d'ouvrages, galerie marchande, animations musicales et bien d'autres activités. Et le tout, bien entendu, sous le sceau du souvenir et dans une ferveur totale.

Justement, le ministre Abdoul Karim Sango souhaite que « la fête du cinquantenaire du Fespaco soit belle et mémorable ». Et les choses sérieuses ont déjà commencé le samedi dernier avec « la soirée hommages » marquée par les projections au ciné Burkina et au ciné Neerwaya, avec des versions restaurées des films « Muna Moto » du Camerounais Jean-Pierre Dikongué Pipa, « Soleil O » du Mauritanien Med Hondo, ainsi que du documentaire « Ouaga, capitale du cinéma » du Tunisien Mohamed Challouf, qui exalte le Fespaco; du court métrage « Les écuelles » d'Idrissa Ouédraogo et de trois épisodes de « Commissariat de Tampy », la série à succès de Missa Hébié. Retour vers le passé pour un indispensable devoir de mémoire. Le lendemain, dimanche 24 février, le 19ème Mica (Marché international de la TV et du cinéma africains), qui a pris ses quartiers sur la Place de la Nation en plein cœur de Ouagadougou, a ouvert ses portes.

La vocation de ce marché, c'est de favoriser la mise en œuvre d'une vraie industrie du cinéma et de l'audiovisuel sur le côté continent. Il se veut un espace de rencontres et de discussions thématiques entre acheteurs, vendeurs, producteurs, distributeurs, diffuseurs et réalisateurs. Les professionnels de ce secteur y viennent, pour certains, pour proposer leurs productions, et pour d'autres, acheter du contenu. Des rencontres B to B seront également prévues pour tisser des relations d'affaires, notamment sceller des accords de co-production et de diffusion de films. La Côte d'Ivoire y tient un stand imposant, qui met en lumière ses potentialités à la fois cinématographiques et touristiques. En plus du Mica qui s'achèvera le vendredi 1er mars, le colloque du Fespaco prévu les 25 et 26 février au CBC, sera aussi un moment fort du festival. Il suscitera la réflexion sur le thème: « Confronter notre mémoire et forger l'avenir d'un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité». Mais, le point culminant du festival reste, sans doute la compétition officielle, et singulièrement la course à l'Etalon d'or de Yennenga.

Pour ce 26ème Fespaco, 20 films sont en lice pour ce trophée convoité par tous les cinéastes africains. Parmi eux, on compte une production ivoirienne, à savoir « Résolution » de Boris Oué et Marcel Sangne. Cette année, la course à l'Etalon d'or de Yennenga reste totalement ouverte. Même si on retrouve dans les starting-blocks de vieux briscards du Fespaco comme Jean-Pierre Békolo avec « Les armes miraculeuses », ou encore la très prometteuse réalisatrice bukinabé Apolline Traoré avec « Desrances », tourné en Côte d'Ivoire avec des acteurs ivoiriens dont Abdoul Karim Konaté, Mike Danon, etc. Au total, 112 films ont été sélectionnés dans sept catégories (fiction long et court métrage; long et court documentaire; film d'animation; films des écoles; séries de télé). Dans cette sélection, on dénombre 10 films ivoiriens dont deux films de fiction « Résolution » de Boris Oué/Marcel Sangne(long métrage) et « Posthume » de Dja Damien Dally (court métrage); deux documentaires « Jean Rouch, cinéaste africain » d'Idriss Diabaté (long métrage) et « L'énergie, défi de survie à Nanagoun » de Sita Silué ( court métrage); un film d'animation « Seul avec Nubu » d'Honoré Essoh; trois series TV « Bamako » de Jean-Noël Bah Gbéhi, « Les coups de la vie » d'Alain Guikou et « Blog » d'Akré Loba Diby Melyou; et deux films des écoles de cinéma « Cocktail explosif » de Malick Arnaud Koné et « Les charognards » de Mohamed Aly Diabaté.

Toutefois, c'est plus de 200 films qui seront projetés pour 450 séances de projection, avec une rétrospective des 23 Etalons d'or de Yennenga du Fespaco, depuis sa creation. Le Fespaco 2019, c'est aussi la mise en perspective du livre collectif sur le cinquantenaire du Fespaco (1969- 2019) et d'un beau livre illustré qui retrace, par des images, des portraits et des reportages, les moments forts et les figures marquantes de l'histoire du Fespaco. Et enfin, une exposition photos et archives pour permettre aux festivaliers de revivre les grands instants du festival et de percevoir l'évolution des cinémas d'Afrique en rapport avec le Fespaco.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Patriote

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.