28 Février 2019

Algérie: Le retrait de Bouteflika seul pourrait ne rien changer

Photo: ONU Environnement
Corail

L'Algérie s'achemine vers une journée décisive. Vendredi (1er mars), après la grande prière, une vaste mobilisation est annoncée contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika au scrutin du 18 avril prochain.

Depuis l'annonce de la candidature du président Abdelaziz Bouteflika invisible depuis cinq ans, des manifestations jusqu'ici pacifiques se sont tenues dans presque tous les 48 départements de l'Algérie. Un test pour ce pays resté en marge du "printemps arabe". Or vendredi (1er mars), une grande mobilisation est annoncée après la prière.

D'après un responsable d'association impliqué dans les manifestations et que la DW a joint à Alger, ce sont surtout des étudiants, des avocats et des journalistes qui manifestent depuis l'annonce le 10 février 2019, de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel.Le scrutin est fixé au 18 avril 2019 et le président actuellement à l'étranger pour raison de santé, devrait bientôt rentrer. La loi lui impose de déposer en personne au Conseil constitutionnel, son dossier. Le délai pour le faire expire le 3 mars, dimanche.

La jeunesse algérienne dit "basta" !

Parmi les manifestatnts, il y a Abdelwahab Fersaoui, président de l'association RAJ, "Rassemblement - Action - Jeunesse". Selon lui, "il y a une rupture entre les citoyens et les institutions de l'Etat à tous les niveaux. C'est pour cela que cette jeunesse s'est révoltée pour dire "basta" ! Elle a brisé le mur de la peur et du silence."

Au départ concentrées sur la cinquième candidature de Bouteflika, les manifestations visent désormais un changement du système. "On peut l'appeler comme on veut : transition politique ou amorcer un processus de changement. Ca doit être discuté d'une manière approfondie entre les acteurs, la société civile et la classe politique", affirme le jeune activiste. Dans la mobilisation, la presse en ligne et les réseaux sociaux jouent un important rôle, confie-t-il.

Le FLN sous pression

Le parti au pouvoir est face à une équation sans précédent : ignorer les appels de la jeunesse ou désigner dans la précipitation, un remplaçant pour son candidat désigné Abdelaziz Bouteflika.

Contacté par la DW, Kassa Aissi un ancien membre du bureau politique du parti affirme que "le FLN est une réalité composite. Aujourd'hui dans sa composition, il y a des segments qui malheureusement sont en totale contradiction avec à la fois son idéologie et son histoire. Et ce sont ces segments qui sont aux commandes."

Kassa Aissi et certains membres du parti avaient pris leur distance il y a quelques années par rapport au maintien en fonction du président malgré la faiblesse de son état de santé.

Le retrait de la candidature pourrait ne rien changer

Les manifestations qui ont gagné "45 départements sur les 48 que compte l'Algérie" selon le défenseur des droits de l'homme Said Salhi, sont soutenues par la Ligue algérienne des droits de l'Homme. Même si Said Salhi le vice-président de cette organisation pense que "aujourd'hui, on ne sait pas réellement qui gouverne. Qu'il (le président Bouteflika, ndlr) se retire ou pas, ça ne change absolument rien. Mais je vais vous dire que quel que soit le résultat de ce mouvement, de toutes les façons, il y a une nouvelle donne. Ca ne sera plus comme avant. "

Durant les cinq dernières années, l'Algérie est durement touchée par les chutes des prix du pétrole dont dépend son économie. La jeune génération qui n'a pas connu la "décennie noire" est beaucoup plus portée vers le changement. Mais il y a un problème : aucune figure politique de l'opposition ne semble incarner à ce stade, une alternative sûre.

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