Afrique: FESPACO - Ouaga a fait son cinéma

Le cinquantenaire du Fespaco touche à sa fin. Demain, l'Etalon d'or de Yennenga sera connu.

Qui pour succéder au Sénégalais Alain Gomis et à « Félicité » ?La question brûle toutes les lèvres à Ouagadougou. Comme tous les deux ans, à l'approche de la conclusion finale, les pronostics sont ouverts. La fierté, elle sera pour celui qui devinera le grand gagnant de l'Etalon d'or de Yennenga. Pari difficile à remporter, tant le jury du Fespaco sait se montrer surprenant. Pour tous les Burkinabés, cette année, la distinction suprême ira à une femme, la bien nommée Apolline Traoré.

Après le succès de « Frontières » au Fespaco 2017 (le film avait remporté deux prix spéciaux), elle joue une nouvelle carte. Celle de « Desrances » (2019), un scénario autour des origines et de l'appartenance mettant à l'affiche l'acteur haïtien Jimmy Jean-Louis et la jeune actrice ivoirienne Naomi Jemima Nemlin. Si l'aspiration devenait réalité au soir du 2 mars, jour de la cérémonie de clôture de ce cinquantenaire du Fespaco, Apolline Traoré serait alors la toute première femme à soulever l'Etalon doré. « Il est peut-être temps, pourquoi pas, après 50 ans d'existence, que ce festival initié par une femme en la personne d'Alimata Salambere récompense enfin une réalisatrice », commente une professionnelle du cinéma.

Chacun prêchant pour sa chapelle, la forte délégation camerounaise de Ouaga elle, voit bien JeanPierre Bekolo et son « Miraculous Weapons » rafler l'Etalon. Le dernier mot revient à l'Algérien Ahmed Bedjaoui, président du jury long métrage fiction et à son équipe. Il sera donné demain, au Palais des sports de Ouagadougou. En attendant, le cinquantenaire du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou vit ses derniers instants.

La fraîcheur des premiers jours laisse place aux cernes et à la fatigue. Mais les cinéphiles passionnés ne lâchent rien. Parfois, ils viennent de loin, n'hésitent pas à s'aligner pendant des heures devant les Ciné Bur kina et Neerwaya, où souvent, ils sont contraints de se trouver un « siège » dans les allées, tant le public burkinabé veut tout voir et savoir du cinéma africain.

Le succès est encore au rendez-vous pour le comité d'organisation du Fespaco, en termes de présence en salles. Certains cinéphiles burkinabés se plaignent par contre d'une bourse trop faible pour s'acheter un ticket (1500 F la projection, ou 25 000 F la carte étalon donnant accès à toutes les séances). Alors, ils se ruent sur les vision nages gratuits du Cinéma numérique ambulant.

Ce qui n'est pas plus mal. Là aussi, au Maquis Le Festival, quartier général du CNA ou dans les neuf emplacements de la ville, il est possible de se regarder un bon film. Pendant près de 10 jours, Ouagadougou, ca pitale africaine du cinéma a tenu toutes ses promesses au cours de cette 26e édition historique. Cette multitude d'activités, in ou off, a su contenter les plus de 3000 professionnels des métiers du cinéma et les 2 500 pros des médias.

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