Cameroun: Mebe Ngo'o et des généraux impliqués dans un scandale de 10 milliards FCFA

Après la justice française, c'est désormais la justice espagnole qui est aux trousses de Edgard Alain Mebe Ngo'o.

Une commission rogatoire devrait à cet effet être adressée dans les prochains jours aux autorités camerounaises, au sujet d'un contrat militaire de surveillance des côtes et de l'espace maritime camerounais passé le 18 novembre 2010 entre le ministre de la défense de l'époque, Edgard Alain Mebe Ngo'o et la compagnie espagnole DEFEX SA.

Le contrat portait sur trois secteurs : la Détection radar et contrôle du secteur des communications navales le contrôle naval et le contrôle aérien. En 2013 Defex avait livré des navires et un Airbus CN 135 au Cameroun.

A la manœuvre, le juge espagnole De La Marta. Ce dernier a débuté son enquête en 2005 lorsqu'il regardait les conditions de passation de marché entre DEFEX et les gouvernements du Cameroun et de l'Arabie Saoudite.

Dans le cas du Cameroun, De la Mata estime qu'il existe des indications solides et cohérentes montrant que les opérations développées par Defex au Cameroun consistaient à obtenir des contrats publics pour l'entreprise moyennant le versement de commissions illicites aux autorités et aux agents publics.

Au cœur de ce système mafieux, un français : Phillippe Bourcier. Ainsi, DEFEX a versé des commissions "extraordinaires et non justifiées", en particulier au citoyen français Phillipe Bourcier par le biais de plusieurs de ses sociétés.

Par conséquent, le juge demande dans son ordonnance la fouille, la capture et l'emprisonnement de Bourcier, qu'il considère comme une "pièce maîtresse" de toutes les opérations au Cameroun en tant que commissionnaire et qui est actuellement un fugitif de la justice.

Selon le magistrat espagnol, "le montant total des frais injustifiés versés par Defex à Bourcier et ses sociétés entre 2002 et 2016" s'élève à plus de 14,6 millions d'euros, ce qui a finalement profité à Bourcier et plusieurs autorités et des fonctionnaires du Cameroun.

Selon De La Marta, le contre-amiral Pierre Nine Djonkam a joué un rôle décisif dans l'obtention des contrats avec les autorités camerounaises et officiers de l'armée qui auraient reçu des cadeaux de Defex.

Defex appartient à 51% à l'État espagnol par l'intermédiaire de la société de portefeuille SEPI, les 49% restants étant détenus par des entreprises privées dont l'activité principale consiste à vendre des armes.

Le fait qu'il s'agisse d'une entreprise publique a permis à Defex d'obtenir les autorisations nécessaires pour exporter des armes et des munitions et de gérer des contrats d'une valeur de plusieurs millions d'euros gonflés pour refléter le coût des commissions illégales.

Au Cameroun, DEFEX S.A. travaille depuis le début avec les sociétés DEIMOS-ELECNOR, ARESA INTERNACIONAL et Airbus Defence and Space, qui ont agi en tant que principaux sous-traitants chargés de la conception, de l'ingénierie, de la fabrication, des essais et de la supervision technique.

Le projet a également permis la participation de 40 autres entreprises, majoritairement espagnoles, qui ont agi en tant que fournisseurs dans le cadre de ce projet ambitieux.

DEFEX a pour sa part fourni les services suivants: Gestion commerciale, de l'identification de l'opportunité à la réalisation du contrat Gestion financière de l'opération, en obtenant le financement de l'opération au moyen d'un crédit Supercari; Mise en œuvre du contrat après sa signature, coordination avec les fournisseurs, suivi de l'opération, établissement des garanties, service après-vente, etc.

L'affaire porte en réalité en Espagne sur une vente d'armes irrégulière d'un montant supérieur à 152 millions d'euros impliquant plusieurs autres pays dont le Cameroun.

Les 10 milliards de FCFA de rétro commission, d'après la justice espagnole a été partagée au Cameroun entre 9 personnes.

Heureusement que Kouagne Kerosène ne faisait pas partie.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Africa Info

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.