Ile Maurice: Bijaye Madhou - «Il n'y a plus d'ambition collective pour le pays»

Bijaye Madhou aura 75 ans cette année. Cependant, l'ancien directeur général de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) est toujours en activité professionnelle. Il exerce dans la gestion d'établissements d'enseignement supérieur.

Fort de l'expérience acquise lors de ses passages dans des corps parapublics, notamment le Mahatma Gandhi Institute (MGI), Bijaye Madhou agit comme consultant auprès d'une institution indienne ayant une antenne à Maurice. Il est aussi membre du conseil d'administration d'une autre structure similaire.

Le natif de Triolet, qui habite toujours ce village, est un observateur averti de l'évolution de la société mauricienne. À ce chapitre, notre interlocuteur se montre pessimiste. «Il n'y a plus, notamment chez les jeunes, d'ambition collective pour le pays. Chacun semble se préoccuper uniquement de sa réussite personnelle.»

Bijaye Madhou sait de quoi il parle quand il évoque le rêve que des jeunes peuvent avoir pour la patrie. Il avait 20 ans quand, en 1965, le Dr Seewoosagur Ramgoolam dirigeait une délégation à Londres pour discuter de l'Indépendance du pays. Le jeune Bijaye était alors membre de la puissante Northern Clubs Association, la fédération des associations des jeunes habitant le Nord. Il en devint plus tard le président.

L'habitant de Triolet est, par la suite, partie prenante de la lutte pour l'Indépendance. Il est inévitablement mis en contact avec le Dr Ramgoolam, alors le Premier et le député de Pamplemousses-Triolet.

Bijaye Madhou met toute son énergie pour contribuer à réaliser le rêve d'une île Maurice indépendante et prospère. Il devient membre de la fédération des Young Farmers Club. Ce regroupement de jeunes, animé par le regretté Dr Clovis Vellin, faisait la promotion du développement rural. La rencontre entre l'agronome et le jeune villageois sera déterminante pour ce dernier. «À cette époque, il y avait un leadership dans tous les secteurs de la vie, que ce soit politique, économique ou social.»

Flamme patriotique

«C'est le Dr Vellin qui m'a présenté à un autre grand Mauricien : le Dr Philippe Forget», se rappelle Bijaye Madhou, qui ne tarit pas d'éloges pour ces patriotes visionnaires. Le jeune villageois est alors recruté comme reporter à l'express. Il est actif sur le terrain rural, mais demeure attentif aux changements en cours sur le plan politique.

«J'étais présent quand le Dr Forget avait réuni dans les locaux de l'express trois jeunes universitaires pour discuter de l'avenir du pays. Il s'agissait du Dr Soorianarain Baligadoo, Robert Furlong et Paul Bérenger.» Ces jeunes intellectuels démontraient une foi dans l'avenir du pays. Ils étaient animés d'une flamme patriotique.

Puis, Bijaye Madhou bénéficie d'une bourse d'études en Israël. À son retour, il travaille à plein-temps pour la fédération des Young Farmers. Après quelques années, l'animateur associatif se rend en Inde pour des études à l'université de Delhi.

En 1976, le travailleur social a failli être candidat du Parti travailliste à Triolet, mais il s'est retrouvé au département de la documentation de la MBC. Bien vite, il s'affirme et gravit les échelons. Toutefois, en 1983, Bijaye Madhoo quitte la MBC pour le ministère des Finances. Il s'occupe de la communication du ministre Lutchmeenaraidoo. Il revient à la MBC en 1995, pour occuper le poste de directeur général. Il quitte la direction de la station de radiotélévision nationale un an plus tard. Cependant, il y revient en 2006.

Trois ans plus tard, nouveau départ. Bijaye Madhou est nommé directeur du MGI. Il y restera jusqu'en 2015. Dans des entretiens dans les médias, dans le passé, l'homme ne faisait pas mystère qu'il était un nominé politique. Mais il dit qu'il s'est toujours mis au service du pays. Ce qu'il compte continuer à faire même à 75 ans.

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