Tunisie: Hatem Ben Salem tire la sonnette d'alarme

Le ministre de l'Education, Hatem Ben Salem, a fait savoir que le nombre de décrocheurs scolaires s'élève à 280 élèves par jour, soulignant que ce phénomène touche essentiellement les garçons et fait perdre à l'Etat 1.135 millions de dinars du budget global du ministère de l'Education, d'où la nécessité, a-t-il dit, d'élaborer une politique nationale globale pour faire face à ce problème.

Auditionné, jeudi, par la commission de la Femme, de la Famille et des Personnes âgées à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), Ben Salem a ajouté que son département ne peut lutter seul contre l'abandon scolaire et assurer le suivi des décrocheurs, en l'absence de coordination, notamment avec le ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, d'où l'impératif, a-t-il dit, de conjuguer les efforts de toutes les parties concernées pour parvenir à des solutions.

Ben Salem a, également, indiqué que le nombre de décrocheurs est, en augmentation continue, soulignant, à cet égard, que le ministère a recensé l'année dernière 101.000 décrocheurs et que plus de 526.000 élèves ont abandonné l'école au cours des cinq dernières années.

Ces chiffres concernent, selon Ben Salem, les élèves de la troisième année primaire jusqu'au baccalauréat. Le taux de décrochage pour les classes de la quatrième, cinquième et sixième année primaire s'élève à 41% contre 49% pour les élèves de la première année secondaire.

Le ministre a ajouté que la plupart des décrocheurs se retrouvent ainsi à la rue, en proie à de graves menaces dont la toxicomanie et la délinquance, ce qui a poussé le ministère à s'activer pour lutter contre le phénomène de l'échec scolaire en s'inspirant des expériences internationales ayant fait leurs preuves dans le domaine, et à travers des mesures telles que la programmation de séances de rattrapage les samedis.

Dans cette même perspective, Ben Salem a indiqué que des cellules d'écoute destinées aux élèves ont été mises en place au sein des établissements scolaires, avec le soutien du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), en attendant de généraliser l'expérience sur la totalité des institutions éducatives, et ce, en parallèle à «l'Ecole de la seconde chance», un mécanisme qui se concrétisera à partir de la prochaine année scolaire par le biais de l'ouverture de la première école du genre à Bab El Khadhra, dans une tentative de repêcher les décrocheurs.

En ce qui concerne la question des classes préscolaires, que certains députés ont soulevée lors de cette session, le ministre a précisé que 88% des élèves inscrits à la première année primaire ont fait l'année préparatoire, tandis que les 12% des élèves restants, vivant la plupart dans des régions intérieures, n'ont pas eu cette chance en raison de l'incapacité de l'Etat à instaurer ce genre de classes dans des zones où la population est dispersée et où le nombre d'élèves est réduit.

A cet égard, il a souligné la nécessité d'adopter un programme spécial pour les classes préparatoires et à dispenser une formation spécifique au profit des éducateurs qui se chargeront de ces classes, annonçant la restructuration de 30 classes préparatoires au cours de la prochaine année scolaire autour d'un programme unifié.

Les députés ont salué les efforts déployés par le ministère de l'Education pour concevoir des solutions pratiques aux problèmes de l'éducation et d'interagir de manière positive avec les divers dossiers existants, appréciant la récente initiative du ministère relative à l'enregistrement à distance, et l'intégration du système de correspondance instantanée entre les enseignants et les parents pour tout ce qui concerne l'élève.

Les députés ont, en outre, appelé le ministre de l'Education à redoubler d'efforts pour lutter contre l'abandon scolaire eu égard aux chiffres alarmants enregistrés d'année en année, soulignant la nécessité d'entrevoir des solutions pratiques pour éradiquer ce phénomène.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.