4 Mars 2019

Centrafrique: Un groupe armé se retire de l'accord de Khartoum

Photo: Pierre Holtz/Unicef
L'insécurité reste une préoccupation majeure.

Signataire du document en début février avec treize autres factions rebelles et le gouvernement centrafricain, le Front démocratique du peuple centrafricain a annoncé, le 4 mars, son retrait du processus de paix, au lendemain de la formation d'un nouveau gouvernement déjà dénoncé dans le pays.

« Le Front démocratique du peuple centrafricain décide de se retirer purement et simplement du processus de paix » en raison du nouveau gouvernement « qui est loin d'être inclusif » comme le prévoyait l'accord de Khartoum, a souligné le groupe rebelle, dans un communiqué. Dirigé par Abdoulaye Miskine, ce mouvement est localement implanté dans le nord-ouest de la Centrafrique mais il n'est pas présent à l'échelle nationale.

Auparavant, soit le 3 mars, un des groupes armés majeurs du pays, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, a dénoncé le nouveau gouvernement qu'il a annoncé quitter pour jeter un froid sur l'accord de paix.

« Le président de la République (...) vient d'étouffer dans l'œuf l'espoir » suscité par l'accord de paix de Khartoum, a-t-on affirmé, sans toutefois préciser si le groupe se retirait du processus de paix ou non.

Si l'accord de paix signé le 6 février à Bangui et négocié durant plusieurs semaines à Khartoum, au Soudan, prévoyait la formation d'un « gouvernement inclusif », il faut signaler que dans la nouvelle équipe gouvernementale, aucun ministère régalien n'a changé de titulaire. Seuls six des quatorze groupes armés concernés par l'accord ont obtenu un ministère. De plus, ces mouvements qui réclamaient à l'origine un Premier ministre issu de leurs rangs et espéraient des portefeuilles d'importance, n'ont pas eu gain de cause. Leur déception a été grande puisque le poste de Premier ministre a été attribué à un proche du président Faustin-Archange Touadéra, son ancien directeur de cabinet, Firmin Ngrebada.

L'accord de paix de Khartoum, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, n'est pas le premier du genre signé depuis le début de la crise en 2013. Sept autres avaient déjà été paraphés, mais aucun d'eux n'a abouti à un retour de la stabilité en Centrafrique, un pays plongé dans un chaos permanent, malgré la présence de la Mission de l'ONU déployée en 2014.

La Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013 et près d'un quart de ses habitants a dû fuir les domiciles. Actuellement, les combats sont quotidiens dans les provinces contrôlées à 80% par les groupes armés.

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