Cameroun: Abubakar Malami "le Cameroun a l'obligation de renvoyer au Nigéria les leaders sécessionnistes"

Crise anglophone au Cameroun: Le ministre nigérian de la justice déclare que le Cameroun a l'obligation de se plier immédiatement à la décision d'Abuja: Celle de renvoyer au Nigeria les leaders secessionnistes enlevés et extradés au Cameroun le 26 janvier 2018.

Lors d'une audience à Abuja le 1er mars dernier, la justice nigériane a reconnu que les leaders anglophones sont des réfugiés et pour d'autres d'entre eux des demandeurs d'asile avec des dossiers introduits au Nigeria.

Pour Abubakar Malami, ministre de la justice du Nigéria, Paul Biya du Cameroun a l'obligation de retourner sans délais au Nigéria, Sisiku Ayuk Tambe et les 58 autres leaders sécessionnistes extradés "illégalement" au Cameroun. L'information a été diffusée ce lundi 4 mars matin, en primeur par la Nigerian Broadcasting Coorporation, la télévision d'Etat.

Un autre haut cadre de la justice nigériane qui a requis l'anonymat et proche collaborateur du procureur général de la fédération a également confirmé à la rédaction de camer.be le verdict de la Haute Cour fédérale d'Abuja qui devra aussitôt être mise en exécution

Pour ce haut cadre de la justice nigériane, le Nigéria est un État de droit et le procureur général de la Fédération , Abubakar Malami, également ministre de la Justice est ferme et déterminé à aller jusqu'au bout.

Interpellés le vendredi 5 janvier 2018 dans un hôtel d'Abuja par les agents de la sécurité intérieure du Nigéria, les leaders sécessionnistes ont été extradés au Cameroun le 26 janvier 2018. Depuis lors, leur procès qui a débuté le 6 décembre 2018 au tribunal militaire n'a pas toujours trouvé une issue. Ils sont accusés par la partie camerounaise d'hostilité contre la patrie camerounaise, d'insurrection, d'apologie au terrorisme, de révolution, de bandes armées, propagation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté de l'Etat, défaut de carte nationale d'identité..

La juge Anwuli I Chikere, présidente de la Cour suprême de la Haute Cour fédérale d'Abuja, a déclaré que le gouvernement nigérian a l'obligation de veiller à ce que tous les réfugiés soient remis à la fédération nigériane.

Pour la justice nigériane, en exigeant au Cameroun de remettre aux autorités nigérianes Sisiku Tambe et les autres leaders sécessionnistes « kidnappés » sur le territoire nigérian, cette affaire relève de la loi de 2009, relative à l'application des droits fondamentaux (procédure), relative à la violation des droits fondamentaux .

Le tribunal après délibération des juges fédéraux a statué que l'enlèvement à l'hôtel Nera était illégal et en violation de la loi nigériane, violation de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples.

La cour a exigé du gouvernement nigérian que 5 millions de nairas soient accordés à chaque requérant en guise de dommages-intérêts et que ce dernier veille à ce que les expulsés au Cameroun soient ramenés immédiatement au Nigeria.

Elle ( La cour) a également indiqué que les articles 32 et 33 de la Constitution nigériane de 1951, ainsi que la Convention des Nations Unies sur le statut des réfugiés, avaient été violés et que, par conséquent, les dix dirigeants anglophones pro-indépendantistes doivent être renvoyés au Nigeria.

Le tribunal a de nouveau ordonné que quarante-sept (47) autres personnes arrêtées de Gembu dans l'État de Taraba et expulsées vers le Cameroun soient renvoyées au Nigéria avec chacun une indemnité de deux cent mille nairas (₦ 200 000) chacune.

Pour le moment au Cameroun, les leaders anglophones sont détenus à la prison principale de Yaoundé. La prochaine audience concernant ce dossier est prévue dans la capitale camerounaise le 07 mars prochain.

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