5 Mars 2019

Burkina Faso: Grogne à la police nationale - Un mouvement d'humeur sans tête ?

Au deuxième jour du mouvement d'humeur entamé par les agents de la police nationale, personne n'est en mesure de dire quels sont les raisons et les responsables de cette grogne. Le mardi 5 mars 2019, malgré les multiples démarches auprès des autorités et de leur syndicat, nous n'avons été situé par aucune des deux parties. C'est un mouvement d'humeur de la troupe, a-t-on entendu par-ci par-là.

Le boycott du FESPACO a été dissuadé. Mais cette fois-ci, le mouvement de protestation est enclenché. Depuis le lundi 4 mars, les policiers ont déserté leurs positions habituelles. Ni aux carrefours, ni sur les grands axes on ne voit un policier. Même à la RTB/Télé où l'élément en faction ne passait pas inaperçu des usagers de cette route, la guérite de fortune est inoccupée. Pour la régulation de la circulation, les Volontaires adjoints de la sécurité (VADS) font de leur mieux pour éviter les bouchons à certains carrefours.

Au rond-point des Nations unies, les usagers fourmillent sous le regard de quatre agents de la police municipale, postés respectivement du côté du Conseil économique et social (CES) et de celui de la Poste Burkina Faso. Au commissariat central, c'est le grand désert. Pas de rangs d'usagers. Seuls les agents du commissariat central s'y trouvent. Quelques-uns montent la garde.

A l'arrière, nous en avons dénombré cinq. Ousmane Tiendrébéogo, vendeur de timbres devant ce service ne fait pas de bonnes affaires dans une rue aussi déserte un jour ouvrable. « Aujourd'hui, je n'ai pas vendu beaucoup de timbres. Je suis à 15 timbres vendus. La police est en grève mais, à cause de la justice, on vend un peu », a-t-il expliqué.

Dans les parkings, ce n'est pas non plus la grande affluence. La raison : un mouvement d'humeur des "poulets" que les usagers n'ont pas vu venir. A la recherche d'interlocuteur pour connaître les raisons de cette grogne, nous joignons Honoré Kientéga qui nous apprend, dans un premier temps, qu'il n'est plus du syndicat de la police.

Qu'à cela ne tienne, il ne put s'empêcher de nous donner son point de vue de la situation. « Je dirai que ce qui se passe actuellement, c'est n'importe quoi. C'est ce qui arrive quand on a affaire à des inexpérimentés et c'est dangereux », a-t-il déploré d'un trait. A quelle partie fait-il allusion quand il parle d'inexpérimentés : le syndicat ou l'administration ? Nous-même sommes resté sur notre faim !

Du côté de l'administration policière où nous avons tenté de joindre un responsable, on a voulu nous embarquer dans une procédure administrative. « Il faut adresser une demande au DG de la police. C'est à lui d'apprécier s'il doit vous recevoir ou pas », nous a indiqué le commissaire de police Kafando. Pour un article qui doit paraître immédiatement, nous ne pouvions donc nous livrer à un tel exercice.

L'UNAPOL non plus ne veut se prononcer sur la question. Le syndicat estimant qu'il n'a pas donné de mot d'ordre de grève, il attend de consulter ses secrétaires régionaux, conviés à Ouaga ce mercredi 6 mars, pour une rencontre expresse avant de se prononcer. Armiyaho Zongo, SG de l'UNAPOL, a déclaré qu'au cours de la semaine, ils vont donner une conférence de presse sur la situation. Les autorités et les syndicats ne se prononcent pas sur la manifestation spontanée, mais sur les réseaux sociaux on s'en délecte à volonté. Surtout en ces temps d'insécurité, cette manifestation est perçue comme étant une de trop. Les raisons salariales invoquées pour justifier cette grogne passent mal. Certains, qui estiment qu'en matière de rémunération, ils ne sont pas les plus mal lotis, pensent que le moment n'est pas approprié.

En attendant que l'on soit situé sur les raisons de la manifestation, les usagers n'ont d'autre choix que d'attendre la réouverture des bureaux de police. Les moins chanceux qui ne sont pas au courant du mouvement d'humeur et qui se présentent au commissariat pour une légalisation ou autre service sont priés de repartir. « On ne travaille pas aujourd'hui !» C'est le service minimum que rend l'agent en faction aux indélicats.

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