6 Mars 2019

Mali: Antonio Guterres évoque des progrès

Dans un rapport rendu public, le 5 mars, le secrétaire général de l'ONU relève des avancées significatives dans l'application de l'accord de paix de 2015 dans le pays, où les attaques terroristes persistent dans le nord ainsi que dans d'autres régions.

« En dépit des multiples défis auxquels fait face le Mali, dont plusieurs ne sont pas encore pris en compte, j'apprécie les progrès réalisés par le gouvernement et les groupes armés signataires de l'accord de 2015 depuis la prise de fonctions du président Ibrahim Boubacar Keïta, le 4 septembre 2018 », indique Antonio Guterres dans le document. « Davantage a été accompli au cours des six derniers mois que depuis l'accord de 2015 » jusqu'à septembre 2018, insiste Antonio Guterres dans son rapport remis aux quinze membres du Conseil de sécurité. Il souligne à cet égard le retour de services administratifs dans les régions de Kidal, Ménaka et Tombouctou et cite aussi l'exemple de mille quatre cents anciens combattants ayant déposé les armes.

Le patron de l'ONU pense, par ailleurs, que les autorités maliennes doivent maintenant faire des priorités « au vu de l'ampleur et de la complexité » des réformes encore à mener. Il appelle notamment « à lancer au plan national un programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration » pour « plus de trente-six mille combattants ayant fait part d'un intérêt pour y participer ».

Le secrétaire général de l'ONU est optimiste quant à l'amélioration de la situation au Mali, alors qu'à la mi-janvier, le Conseil de sécurité avait affirmé, dans une déclaration adoptée à l'unanimité, être « de plus en plus impatient » à l'égard des parties maliennes face aux retards pris dans l'application de l'accord de 2015. Ce qui avait conduit la France à menacer certaines personnes de nouvelles sanctions, après les premières mesures prises en décembre contre trois Maliens. Quant aux Etats-Unis, ils avaient alors évoqué une réduction de la force de paix de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) - forte de treize mille Casques bleus - lors du renouvellement de son mandat en juin si des progrès substantiels n'étaient pas réalisés.

Deux cent trente-sept attaques en 2018

Commentant la rare vision positive exprimée dans le dernier rapport d'Antonio Guterres sur la situation au Mali, un diplomate a dit qu'il n'était pas totalement de son avis. « C'est le verre à moitié plein ou à moitié vide », a-t-il résumé sous couvert d'anonymat. Les progrès enregistrés dans ce pays permettent d'éloigner la perspective de nouvelles sanctions ou d'une prochaine réduction de la mission onusienne, sous l'impulsion des Etats-Unis, alors que le mois de mars avait été donné comme échéance à Bamako pour engranger des résultats.

Le Conseil de sécurité, sous présidence française, a prévu de se rendre ce mois-ci à nouveau au Mali et au Burkina Faso, deux pays déjà visités fin 2017.

Malgré la présence de la Minusma, de la force française et la création de la force militaire régionale G5-Sahel, les violences djihadistes persistent à travers le pays avec deux cent trente-sept attaques recensées en 2018, soit onze de plus qu'en 2017, selon l'ONU. Six ans après l'intervention militaire menée par la France pour chasser les terroristes qui avaient pris le contrôle du nord et trois ans et demi après la signature de l'accord, des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces internationales, régulièrement visées par des attaques.

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