7 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Non-respect des prix de la course fixés par l'Hôtel de ville - Des Kinois ont exprimé leur ras-le-bol

Le tarif de la course est revu à la hausse selon le bon vouloir des conducteurs de bus commis au transport en commun, tout en recourant au "demi-terrain", pratique qui consiste à sectionner le parcours. Pour certains itinéraires sectionnés, les prix de la course ont doublé, voire triplé. Ce qui a amené des Kinois à exprimer leur mécontentement.

Les habitants de la partie Ouest de la capitale congolaise ont exprimé leur ras-le-bol à propos du non-respect par les conducteurs des taxis, bus et taxis-bus des prix de la course fixés par l'Hôtel de ville de Kinshasa. Mardi 5 février 2019, le soir, ceux qui, en provenance du marché central de Kinshasa ou du centre-ville, voulaient rentrer chez eux ont vu les prix de la course être inexplicablement revus à la hausse, surtout par les conducteurs de taxis-bus et bus. Cela de manière fantaisiste.

Le prix de la course pour le trajet Gare centrale-Kintambo/Magasins fixé officiellement à 500 Fc pour les taxis-bus et bus et à 700 Fc pour les taxis, est passé à 2 000 Fc. Sans blague. Et pour les taxis-bus provenant de l'Hôtel de ville pour Kintambo/Magasins, les conducteurs ont préféré sectionner le trajet en recourant à la pratique de "demi-terrain" pour se limiter aux arrêts de bus Batetela ou Socimat pour exiger 1 000 Fc la course. Excédés, la plupart de ces compatriotes se sont résolus à emprunter la "ligne 11" (Expression kinoise qui signifie la marche).

Des colonnes de gens, de par et d'autre du boulevard du 30 juin, ont pour cela été forcés à cette marche pour rejoindre leurs domiciles. Mieux, pour arriver à Kintambo/Magasins afin de chercher une éventuelle correspondance pour arriver à la maison. Mais aussi à ce centre des affaires de la commune de Kintambo, carrefour pour atteindre les quartiers Delvaux, UPN et Badiadingi dans la commune de Ngaliema ainsi que les terminus de Pompage et Mbudi. De Kintambo jusqu'à ces destinations, ici aussi, les conducteurs des taxis, bus et taxis-bus sont aussi contaminés par le virus de la majoration fantaisiste du coût de la course. Pour Kintambo/Magasins-Pompage, les passagers devaient débourser 1 000 Fc au lieu de 500 Fc fixés par l'Hôtel de ville de Kinshasa.

Quant à l'itinéraire Kintambo/Magasins-Mbudi, il fallait payer 1 500 Fc à la place de 1 000 Fc.

Taxis-bus caillassés

Situation qui a poussé les "marcheurs", dont la majorité étaient des jeunes, à s'en prendre à tout taxi-bus visible sur le boulevard du 30 juin. Cela par des jets de projectiles dont les pierres qui brisaient les pare-brises et autres vitres de ces véhicules. Heureusement qu'aucun blessé n'a été enregistré.

Au niveau du rond-point Nelson Mandela, les manifestants se sont vus interpelés par des éléments de la police en patrouille qui voulaient s'enquérir de la situation. Après les explications, ils ont poursuivi leur chemin en scandant des cris et chansons hostiles aux conducteurs et "receveurs" de bus. Un bus de marque Mercédès, modèle 207, communément appelé "Esprit de mort", s'arrête au niveau du rond-point Mandela (croisement des avenues Libération et boulevard du 30 juin) où il embarque les passagers. Destination : Kintambo/Magasins. Le tarif de la course est fixé à 1 000 Fc.

Informés du prix de la course, les policiers ont voulu amener le conducteur de "Esprit de mort" à appliquer le tarif officiel de 500 Fc. Ce dernier, ne voulant rien entendre, a démarré en trompe pour échapper à la police. S'engage alors une course-poursuite. Malheureusement, des véhicules venant de l'avenue de la Justice se sont déjà engagés sur le boulevard.

La casse généralisée évité par la police

Ce qui fait que le bus, n'ayant pas de bons freins et suite à la frousse de son conducteur, a percuté une Jeep pimpant neuve. À part, la portière défoncée, aucun autre dégât n'a été enregistré. Les enfants qui se trouvaient à bord et leur mère s'en sont sortis indemnes. Le conducteur et le "receveur" du mini-bus se sont retrouvés entre les mains de la police pour, éventuellement, répondre de leur acte.

C'est au niveau de l'arrêt Batetela que la véritable chasse aux taxis-bus a commencé. Le passage de manifestants a été ravageur au regard de nombreux débris des pare-brises et de pierres parsemés sur la chaussée jusqu'au niveau de l'avenue Komoriko, non loin de Kintambo-Magasins où la casse n'a pas eu lieu. Grâce aux patrouilleurs de la police appelés en renfort. Ces derniers n'ont pas hésité d'utiliser des poignards pour dégonfler les pneus de taxis-bus dont les conducteurs étaient récalcitrants et foulaient aux pieds le code de la route.

L'autorité compétente interpelée

Il y a lieu de dénoncer le désordre qui a élu domicile à Kinshasa dans ce domaine de transport en commun confié au secteur privé. Surtout en ce qui concerne le non-respect du tarif officiel et de sa mise à la portée de tous ceux qui montent à bord de bus et taxis-bus, des itinéraires fixés par l'Hôtel de ville. Cela au vu et au su de celui-ci.

Comme les autorités de la ville sont à la porte de sortie, réputées démissionnaires, les propriétaires des véhicules privés affectés au transport en commun et les conducteurs de ces derniers, sans foi ni loi, en profitent pour se comporter comme dans la Cour du roi Pétaud. Ils contribuent à paupériser davantage une population déjà misérabilisée en lui privant les moyens de se déplacer car son faible pouvoir d'achat ne lui permet pas de se conformer aux caprices des conducteurs des bus et taxis-bus.

Ce qui est aussi énervant, c'est le fait de voir que les conducteurs des bus "Esprit de vie", que les privés ont acquis par crédit dans le cadre du partenariat public-privé, recourent, eux aussi, au "demi-terrain". Tout en appliquant le tarif de 700 Fc fixé par l'Hôtel de ville pour de longs trajets et 500 Fc pour de courts trajets.

Le service compétent se révèle incompétent

Il faut remettre de l'ordre en ce qui concerne la tarification des courses en bus et taxis-bus à Kinshasa. C'est le cas de le dire lorsqu'on voit le désordre qui a élu domicile dans le secteur de transport en commun dans la capitale.

L'étonnant est qu'il existe un service chargé de veiller à l'application de cette tarification et de sanctionner ceux qui fouleraient aux pieds celle-ci. Mais, constate-t-on malheureusement, le service compétent se révèle incompétent dans la mesure où les conducteurs des bus et taxis-bus, surtout dans la partie Ouest de la ville de Kinshasa, pratiquent le « demi-terrain » pendant les heures de pointe sans être inquiétés.

Au terminus situé dans les parages de l'Hôtel de ville de Kinshasa, on voit les agents de la division urbaine des Transports et Voies de communication courir à l'arrivée d'un bus ou taxi-bus, tendant la main aux conducteurs. But visé : leur quémander de l'argent. Sans gène, ces fonctionnaires de l'État se livrent à cette pratique éhontée au vu et au su de tout le monde.

Une autre catégorie de personnes à la base de la pratique de « demi-terrain, ce sont les "chargeurs", issus de milieux défavorisés pour la plupart et que l'on reconnaît par un langage ordurier et une tenue vestimentaire qui laisse à désirer.

Ces "chargeurs", dont certains portent une chasuble frappée du logo de l'Association des chauffeurs du Congo (ACCO), hèlent des passagers devant prendre place à bord d'un bus ou taxi-bus. Et ce sont eux qui fixent, le plus souvent, le tarif à payer. Avant de démarrer, dès que tous les sièges sont occupés, les conducteurs les rétribuent au prorata de leur dynamisme et leur rendement sur le terrain.

« Comment l'ACCO, qui est une association crédible, peut-elle accepter que des délinquants portent des chasubles avec son logo et l'engagent? », s'est interrogé un sexagénaire qui habite Kimbwala, un quartier situé dans la commune de Mont-Ngafula, à Kinshasa.

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