7 Mars 2019

Tunisie: Une lézarde attendue qui couvait

Certes, le choix de Mongi Rahoui obéit aussi à des considérations liées à son vécu personnel, ses amitiés haut placées, son parcours politique et à la notoriété qu'il s'est taillée à l'Assemblée, mais la décision du Parti des patriotes démocrates unifié (Ppdu) prend l'allure d'une bombe menaçant l'unité de cette solide coalition des partis radicaux de la gauche et du nationalisme arabe fondée en 2012.

Parlant au nom du Front, Jilani Hammami a estimé, avant-hier, que la candidature de Mongi Rahoui à la présidentielle 2019, au nom du Front populaire, proposée par le Parti des patriotes démocrates unifié (Ppdu), «a été une surprise» d'autant plus qu'«elle est contraire à la démarche en vigueur au sein du Front».

Car le FP fonctionne d'une manière collégiale par des décisions souvent unanimes prises au sein d'un Comité central qui groupe tous les secrétaires généraux des partis qui le composent. Ce qui est de nature à singulariser la démarche des watads comme étant les prémices d'une volonté d'indépendance et d'autonomie de fonctionnement.

La réaction du Front populaire a donc été à la hauteur de l'évènement, mais pour éviter une confrontation personnelle, c'est à Jilani Hammami que l'on a confié la charge de parler au nom du Front. Il a expliqué que «la démarche en vigueur au sein du Front, qui compte plusieurs partis de gauche dont le Ppdu, exige de soumettre dans un premier temps toutes les candidatures au Comité central du FP pour examen avant d'annoncer officiellement son candidat».

«La démarche du Ppdu est insensée et n'a pas lieu d'être», a noté Hammami, indiquant que la question de la candidature sera tranchée au sein du Comité central, lequel choisira le candidat et l'annoncera publiquement.

Les watads n'ont pas seulement fait, dimanche, lors de leurs assises, que désigner Mongi Rahoui comme candidat à la candidature au nom du Front populaire, mais ont adressé divers messages codés à leurs camarades des autres composantes du Front.

Ils sont déterminés à contribuer à «l'institutionnalisation du Front populaire», de par des impératifs divers comme le renouvellement de ses structures, le développement de son fonctionnement et la démocratisation en son sein. Bref, ils souhaitent un vrai changement. Et, face à une volonté de changement, que pourraient opposer Hamma et ses autres amis ? Peut-être la satisfaction d'un groupe parlementaire stable mais fonctionnant en vase clos. Qui dit «non» et refuse les alliances, alors que Mohamed Jmour et ses camarades voudraient aller au-delà.

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