Congo-Kinshasa: Partage du pouvoir entre pro-Kabila et pro-Tshisekedi en RDC

Le Front commun du Congo (FCC) de l'ancien président Kabila et Cap pour le changement (CACH), la plateforme politique du président Félix Tshisekedi, ont signé un accord de coalition gouvernementale.

Le Front commun du Congo (FCC) de l'ancien président Kabila et Cap pour le changement (CACH), la plateforme politique du président Félix Tshisekedi, ont signé un accord de coalition gouvernementale.

Les discussions ont débuté lundi dernier à Kinshasa entre les deux alliés pour aboutir hier, le 6 mars.

En principe, selon la Constitution de la RDC, c'est au Front commun pour le Congo que revient la responsabilité de former le futur gouvernement.

Celui-ci a en effet obtenu la majorité des sièges de députés lors des dernières élections législatives : le FCC dispose de 350 sièges sur 485. Mais les deux plateformes FCC et CACH affirment "leur volonté commune de gouverner ensemble le pays dans le cadre d'une coalition gouvernementale".

Selon Azarias Ruberwa, ministre de la Décentralisation et de la réforme institutionnelle, "très vite, un Premier ministre sera nommé dans le contexte qui a été défini dans le communiqué conjoint. Et après la nomination du Premier ministre, il fera les consultations nécessaires en vue de la formation du gouvernement. La transmission sera faite par le président de la République honoraire, Joseph Kabila. Il saisira le président de la République (Félix Tshisekedi, ndlr). Ça peut intervenir ce week-end ou dans le courant de la semaine prochaine au plus tard."

La décision du FCC et de CACH de gérer ensemble le pays n'émeut pas certains analystes. Beaucoup demeurent incrédules quant à la capacité du nouveau président Tshisekedi de s'affranchir de Joseph Kabila.

"Mais ça ne fait pas avancer le Congo", s'indigne le politologue Jean Omasombo Thsonda. "Si c'est pour les individus, ça va. Mais pour le Congo, on ne gagne rien", poursuit-il.

À en croire ce professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB), "c'est Kabila qui continue à s'imposer. D'autant qu'il aura la mainmise sur les finances, l'argent, sur les mines et autres. La marge de manœuvre de Tshisekedi va demeurer faible."

Face à ces critiques, le président Tshisekedi a prévenu qu'il ne voulait pas être "un président qui règne" mais un président "qui gouverne".

La désignation du Premier ministre et surtout la formation prochaine du gouvernement sera le premier véritable test de sa capacité à gouverner sans l'influence de Joseph Kabila.

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