8 Mars 2019

Tunisie: Les coups de cœur livresques du lecteur tunisien

Dans cette petite immersion dans les jardins secrets des écrivains, les données présentées par la librairie «Cendrillon» font ressortir que les meilleures ventes pour l'année 2018 reviennent aux romans suivis des recherches scientifiques et politiques avant les livres historiques et théologiques. Travaillant dans la librairie «Cendrillon», Mohamed Fateh a fait savoir que la vente des romans tunisiens a enregistré une nette augmentation après la Révolution.

Parmi les livres les plus vendus en 2018, les deux romans de Khaoula Hamdi «Dans mon cœur une femme hébraïque» et «L'exil du jasmin» ou encore les livres du Jordanien, Aymen Attoum, sont en tête du classement, a indiqué M.Fateh, en estimant que même si le taux de vente des romans a augmenté, le nombre des lecteurs demeure limité à une catégorie d'intellectuels et d'universitaires.

Dans la librairie de Tunis, le roman tient aussi le taux le plus élevé des ventes avec un intérêt particulier pour la littérature arabophone, en particulier les romans du Palestinien Adham Cherkaoui et du Jordanien Aymen Attoum, a indiqué la conseillère au sein de la librairie Yosra Ayadi en précisant que les livres tunisiens n'ont pas été plaisants pour les clients de la librairie de Tunis.

Selon la même source, les livres du «Fiqh» (jurisprudence islamique) occupent la deuxième place après les romans, suivis à la troisième place des livres d'histoire révélant ainsi le désir peut-être de se poser d'autres questions sur le passé et de réfléchir différemment.

Dans la librairie spécialisée dans les livres anciens, «Librairie Makhlouf», le bouquiniste Mohsen Omri a indiqué que les principaux titres arabophones demandés sont le roman de Khaoula Hamdi «Dans mon cœur une femme hébraïque» et le livre du journaliste tunisien Hédi Yahmed, «J'étais à Raqqa, fugitif de l'Etat islamique».

«Les clients achètent aussi les traductions de la littérature russe en arabe», a mentionné le bouquiniste, en ajoutant que les romans viennent en tête des ventes, suivis des livres politiques et sociaux, ainsi que de la psychologie.

Pour la librairie «Le Gai Savoir», le roman vient aussi en tête des ventes, suivi des études philosophiques et des livres politiques. Dans cette librairie mythique située à la Place Barcelone, le roman de l'écrivain tunisien Kamel Zoghbani «Machina Bona Hora» est l'un des romans les plus vendus pour l'année 2018.

Pour l'un des responsables de la librairie «Al Kitab», située à l'avenue Habib-Bourguiba, Mohamed Bennour nous a confié que l'essai de Héla Ouardi «Les derniers jours de Muhammad» et le roman «Lella Baya Qmar-parcours prodigieux d'une souveraine méconnue (1862-1942)» de Maher Kamoun sont parmi les livres les plus vendus de la librairie, ajoutant que le roman «Les trois filles d'Eve» d'Elif Shafak reste le livre le plus vendu chez les auteurs étrangers.

Dans la catégorie des romans en langue arabe, «Quiproquo» du Tunisien Fathi Ben Haj Yahia, «Les femmes ne meurent plus d'amour» de l'Algérienne Ahlam Mosteghanemi et «L'amour dans le royaume du pétrole» de l'Egyptienne Nawal El Saadawi ont été les livres les plus prisés, a indiqué M. Bennour, précisant qu'en langue française, c'est le livre «Chems palace» du Tunisien Ali Bécheur qui a suscité l'intérêt des clients-lecteurs.

L'histoire politique de la Tunisie contemporaine attise la curiosité des lecteurs tunisiens

Dans la catégorie des livres politiques, les Tunisiens se sont intéressés plutôt aux livres sur le terrorisme, à l'instar de l'étude «Les femmes et le terrorisme» de Amel Grami et Monia Arfaoui, en plus des études et témoignages écrits en français autour de l'histoire de la Tunisie contemporaine, comme «En toute franchise» de Hédi Baccouche, «L'autre révolution» de Mohamed Kerrou , «L'islam incertain» de Hamadi Redissi, «Wassila Bourguiba» de Jacqueline Gaspar, «Habib Bourguiba, Radioscopie d'un règne» de Chedli Klibi, «Habib Bourguiba Le Bon Grain et L'Ivraie» de Béji Caïd Essebsi, en plus de l'essai «L'Histoire de la Tunisie depuis l'Indépendance» de Larbi Chouikha et Eric Gobe.

Par ailleurs, M. Bennour a expliqué que le roman reste le genre le plus vendu au cours de l'année 2018, précisant que les livres arabophones et francophones trouvent le même intérêt chez les clients de la librairie.

Le libraire a regretté, par ailleurs, la baisse du pouvoir d'achat du Tunisien et la chute du dinar, ce qui a rendu l'acquisition du livre étranger difficile. Il a dans ce contexte donné l'exemple du prix du Livre de Poche qui coûtait moins de 10 dt avant la Révolution pour atteindre aujourd'hui les 30-40 dinars.

Contrairement aux différentes librairies de la capitale, le réseau de la librairie «Culturel» (qui se trouve à Tunis, La Marsa, Sousse et Sfax) a vu le nombre de vente des livres historiques augmenter par rapport aux romans, a fait savoir à l'agence TAP, le fondateur du réseau et président du Syndicat des libraires, Hassen Jaied, en précisant que les clients portent un intérêt particulier aux livres autour de l'histoire contemporaine de la Tunisie.

L'engouement pour les livres politiques après le 14 janvier 2011 s'explique par la curiosité des Tunisiens de comprendre l'histoire de leur pays et découvrir les faits passés au cours de l'époque bourguibienne, une époque dont l'étude était sous le contrôle de la censure pendant le régime de Ben Ali, a-t-il avancé.

Selon la même source, les livres-témoignages d'époque d'anciens hommes politiques de l'ère bourguibienne et de Ben Ali sont aussi prisés par les lecteurs, en plus des livres de politiciens contemporains ayant participé à la première phase du processus de la transition politique de la Tunisie. Et de préciser : «Ces livres-témoignages proposent des outils d'analyse et de compréhension de l'histoire contemporaine du pays».

Intérêt croissant des Tunisiens pour les livres de développement personnel

Les romans en langue arabe et française viennent en seconde position de la vente des livres du réseau «Culturel». Par ailleurs, M. Jaied a tenu à souligner l'intérêt croissant des clients pour les livres de développement personnel, expliquant ce regain d'intérêt par le contexte social vécu par les Tunisiens.

«Dans ce contexte de crise morale et économique, les livres de développement personnel sont un moyen de thérapie pour un Tunisien en quête de sens et d'une perception positive de l'avenir malgré les difficultés», a expliqué M. Jaied.

S'agissant des livres traitant de religion, Hassen Jaied a indiqué que la vente des livres de théologie a baissé par comparaison avec les premières années d'après la Révolution, expliquant cette baisse par la présence de plusieurs applications sur Internet proposant le téléchargement gratuit de ces livres.

Pour ce qui est des meilleures ventes 2018 dans les librairies «Culturel» dans la catégorie Livre de Poche pour les romans francophones, le roman «Soufi, mon amour» d'Elif Shafak se hisse à la première place, suivi de «L'alchimiste» de Paulo Coelho, puis du roman «Un appartement à Paris» de Guillaume Musso et enfin «Lella Baya Qmar-parcours prodigieux d'une souveraine méconnue (1862-1942)» de Maher Kamoun.

Dans la catégorie «Jeunesse», le livre «Harry Potter et l'enfant maudit, partie 1 et 2» de J.K. Rowling est à la première place, suivi de «Nos étoiles contraires» de John Green, puis de «Treize raisons» de Jay Asher.Le Roman : un genre prisé par les lecteurs

Dans cette petite immersion dans les jardins secrets des écrivains, les données présentées par la librairie «Cendrillon» font ressortir que les meilleures ventes pour l'année 2018 reviennent aux romans suivis des recherches scientifiques et politiques avant les livres historiques et théologiques. Travaillant dans la librairie «Cendrillon», Mohamed Fateh a fait savoir que la vente des romans tunisiens a enregistré une nette augmentation après la Révolution.

Parmi les livres les plus vendus en 2018, les deux romans de Khaoula Hamdi «Dans mon cœur une femme hébraïque» et «L'exil du jasmin» ou encore les livres du Jordanien, Aymen Attoum, sont en tête du classement, a indiqué M.Fateh, en estimant que même si le taux de vente des romans a augmenté, le nombre des lecteurs demeure limité à une catégorie d'intellectuels et d'universitaires.

Dans la librairie de Tunis, le roman tient aussi le taux le plus élevé des ventes avec un intérêt particulier pour la littérature arabophone, en particulier les romans du Palestinien Adham Cherkaoui et du Jordanien Aymen Attoum, a indiqué la conseillère au sein de la librairie Yosra Ayadi en précisant que les livres tunisiens n'ont pas été plaisants pour les clients de la librairie de Tunis.

Selon la même source, les livres du «Fiqh» (jurisprudence islamique) occupent la deuxième place après les romans, suivis à la troisième place des livres d'histoire révélant ainsi le désir peut-être de se poser d'autres questions sur le passé et de réfléchir différemment.

Dans la librairie spécialisée dans les livres anciens, «Librairie Makhlouf», le bouquiniste Mohsen Omri a indiqué que les principaux titres arabophones demandés sont le roman de Khaoula Hamdi «Dans mon cœur une femme hébraïque» et le livre du journaliste tunisien Hédi Yahmed, «J'étais à Raqqa, fugitif de l'Etat islamique».

«Les clients achètent aussi les traductions de la littérature russe en arabe», a mentionné le bouquiniste, en ajoutant que les romans viennent en tête des ventes, suivis des livres politiques et sociaux, ainsi que de la psychologie.

Pour la librairie «Le Gai Savoir», le roman vient aussi en tête des ventes, suivi des études philosophiques et des livres politiques. Dans cette librairie mythique située à la Place Barcelone, le roman de l'écrivain tunisien Kamel Zoghbani «Machina Bona Hora» est l'un des romans les plus vendus pour l'année 2018.

Pour l'un des responsables de la librairie «Al Kitab», située à l'avenue Habib-Bourguiba, Mohamed Bennour nous a confié que l'essai de Héla Ouardi «Les derniers jours de Muhammad» et le roman «Lella Baya Qmar-parcours prodigieux d'une souveraine méconnue (1862-1942)» de Maher Kamoun sont parmi les livres les plus vendus de la librairie, ajoutant que le roman «Les trois filles d'Eve» d'Elif Shafak reste le livre le plus vendu chez les auteurs étrangers.

Dans la catégorie des romans en langue arabe, «Quiproquo» du Tunisien Fathi Ben Haj Yahia, «Les femmes ne meurent plus d'amour» de l'Algérienne Ahlam Mosteghanemi et «L'amour dans le royaume du pétrole» de l'Egyptienne Nawal El Saadawi ont été les livres les plus prisés, a indiqué M. Bennour, précisant qu'en langue française, c'est le livre «Chems palace» du Tunisien Ali Bécheur qui a suscité l'intérêt des clients-lecteurs.

L'histoire politique de la Tunisie contemporaine attise la curiosité des lecteurs tunisiens

Dans la catégorie des livres politiques, les Tunisiens se sont intéressés plutôt aux livres sur le terrorisme, à l'instar de l'étude «Les femmes et le terrorisme» de Amel Grami et Monia Arfaoui, en plus des études et témoignages écrits en français autour de l'histoire de la Tunisie contemporaine, comme «En toute franchise» de Hédi Baccouche, «L'autre révolution» de Mohamed Kerrou , «L'islam incertain» de Hamadi Redissi, «Wassila Bourguiba» de Jacqueline Gaspar, «Habib Bourguiba, Radioscopie d'un règne» de Chedli Klibi, «Habib Bourguiba Le Bon Grain et L'Ivraie» de Béji Caïd Essebsi, en plus de l'essai «L'Histoire de la Tunisie depuis l'Indépendance» de Larbi Chouikha et Eric Gobe.

Par ailleurs, M. Bennour a expliqué que le roman reste le genre le plus vendu au cours de l'année 2018, précisant que les livres arabophones et francophones trouvent le même intérêt chez les clients de la librairie.

Le libraire a regretté, par ailleurs, la baisse du pouvoir d'achat du Tunisien et la chute du dinar, ce qui a rendu l'acquisition du livre étranger difficile. Il a dans ce contexte donné l'exemple du prix du Livre de Poche qui coûtait moins de 10 dt avant la Révolution pour atteindre aujourd'hui les 30-40 dinars.

Contrairement aux différentes librairies de la capitale, le réseau de la librairie «Culturel» (qui se trouve à Tunis, La Marsa, Sousse et Sfax) a vu le nombre de vente des livres historiques augmenter par rapport aux romans, a fait savoir à l'agence TAP, le fondateur du réseau et président du Syndicat des libraires, Hassen Jaied, en précisant que les clients portent un intérêt particulier aux livres autour de l'histoire contemporaine de la Tunisie.

L'engouement pour les livres politiques après le 14 janvier 2011 s'explique par la curiosité des Tunisiens de comprendre l'histoire de leur pays et découvrir les faits passés au cours de l'époque bourguibienne, une époque dont l'étude était sous le contrôle de la censure pendant le régime de Ben Ali, a-t-il avancé.

Selon la même source, les livres-témoignages d'époque d'anciens hommes politiques de l'ère bourguibienne et de Ben Ali sont aussi prisés par les lecteurs, en plus des livres de politiciens contemporains ayant participé à la première phase du processus de la transition politique de la Tunisie. Et de préciser : «Ces livres-témoignages proposent des outils d'analyse et de compréhension de l'histoire contemporaine du pays».

Intérêt croissant des Tunisiens pour les livres de développement personnel

Les romans en langue arabe et française viennent en seconde position de la vente des livres du réseau «Culturel». Par ailleurs, M. Jaied a tenu à souligner l'intérêt croissant des clients pour les livres de développement personnel, expliquant ce regain d'intérêt par le contexte social vécu par les Tunisiens.

«Dans ce contexte de crise morale et économique, les livres de développement personnel sont un moyen de thérapie pour un Tunisien en quête de sens et d'une perception positive de l'avenir malgré les difficultés», a expliqué M. Jaied.

S'agissant des livres traitant de religion, Hassen Jaied a indiqué que la vente des livres de théologie a baissé par comparaison avec les premières années d'après la Révolution, expliquant cette baisse par la présence de plusieurs applications sur Internet proposant le téléchargement gratuit de ces livres.

Pour ce qui est des meilleures ventes 2018 dans les librairies «Culturel» dans la catégorie Livre de Poche pour les romans francophones, le roman «Soufi, mon amour» d'Elif Shafak se hisse à la première place, suivi de «L'alchimiste» de Paulo Coelho, puis du roman «Un appartement à Paris» de Guillaume Musso et enfin «Lella Baya Qmar-parcours prodigieux d'une souveraine méconnue (1862-1942)» de Maher Kamoun.

Dans la catégorie «Jeunesse», le livre «Harry Potter et l'enfant maudit, partie 1 et 2» de J.K. Rowling est à la première place, suivi de «Nos étoiles contraires» de John Green, puis de «Treize raisons» de Jay Asher.

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