Afrique de l'Est: Emmanuel Macron en visite dans la région

Photo: RFI
Le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron

Le président français a entamé, le 11 mars, une tournée de quatre jours qui le mènera à Djibouti, en Ethiopie et au Kenya.

L'objectif premier du voyage d'Emmanuel Macron en Afrique de l'est est de mener une offensive en faveur des entreprises françaises pour contrer l'influence de la Chine dans ce marché en expansion. A Djibouti la première étape de sa tournée dans la région, le chef de l'État français s'entretiendra avec son homologue, Ismaïl Omar Guelleh, le 12 mars, puis rendra visite à la base militaire française, la plus grande d'Afrique, qui compte mille quatre cent cinquante soldats.

Djibouti, allié historique et stratégique de la France, ressent un sentiment d' "abandon" de ce partenaire depuis plusieurs années. Le pays se trouve confronté à un paysage géopolitique bousculé par la réconciliation entre l'Éthiopie et l'Érythrée voisines. La visite d'Emmanuel Macron intervient neuf ans après celle de Nicolas Sarkozy.

A l'Elysée, on indique que cette visite est une manière de " marquer la force du partenariat" sur fond d'influence croissante de la Chine à Djibouti et sur l'ensemble du continent. On rappelle également le traité de coopération en matière de défense signé en 2011 et les dossiers économiques en cours. Mais davantage un questionnement du côté de Djibouti sur " sa place dans la recomposition régionale" en cours. C'est le point où se focalisera le dialogue entre les deux chefs d'Etat, explique t-on à l'Elysée.

La fin de la crise entre l'Ethiopie et l'Érythrée a provoqué une redistribution inattendue des cartes dans la Corne de l'Afrique. Le Conseil de sécurité de l'ONU a levé l'embargo sur les armes, les interdictions de voyage, les gels d'avoirs et les autres sanctions visant l'Érythrée - une décision que Djibouti n'a pas apprécié. Ce dernier accuse Asmara d'occuper une partie de son territoire - la région de Ras Doumeira sur la mer Rouge.

Paris entend que ces "points fassent l'objet d'une clause de rendez-vous régulièr". L'Elysée souligne que les autorités djiboutiennes attendent de leur alliée qu'elle reste active "pour que Djibouti ait toute sa place dans la recomposition régionale". La France se serait considérée dans la région en terrain conquis et laissé le champ libre, notamment aux Chinois. Un sentiment partagé par le parlement libyen. Pékin a installé sa seule et plus grande base à l'étranger à Djibouti.

" Je pense que stratégiquement, nous avons besoin d'un renforcement de la présence française sur ces trois axes : économique, culturel avec la francophonie, et militaire. C'est urgent ", avait déclaré la députée du Modem, Marielle de Sarnez, après une mission en septembre, à Djibouti.

Après Djibouti, Emmanuel Macron se rendra en Éthiopie, l'après-midi du 12 mars, puis au Kenya, les 13 et 14 mars, dernière étape de sa tournée en Afrique de l'est, où la France signera des contrats pour une valeur de trois miliards d'euros.

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