Burkina Faso: Législatives - Un scrutin à plusieurs vocations

Photo: Le Pays
Législatives à Bissau

Les Bissau-guinéens sont toujours dans l'attente des résultats des législatives organisées le dimanche 10 mars dernier. Le suspense est d'autant plus grand que ce scrutin est censé sortir le pays d'une incessante crise politico-institutionnelle dans laquelle il est plongé depuis environ trois ans.

Rappelons que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été le limogeage de l'ancien Premier ministre, Domingos Pereira, par le président José Mário Vaz, en août 2015 ; toute chose ayant conduit au blocage du fonctionnement du parlement et nécessité la médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui a dû manier la carotte et le bâton pour instaurer une transition politique pacifique jusqu'à la tenue de ces élections.

En effet, au début de cette crise au sommet de l'Etat, toutes les propositions de solutions qui ont été formulées depuis lors, sous l'égide du médiateur de la CEDEAO, le président guinéen, Alpha Condé, se sont heurtées aux antagonismes pernicieux et aux querelles byzantines des acteurs de la classe politique bissau-guinéenne.

Il a fallu attendre janvier 2018 et les sanctions ciblées décidées par les chefs d'Etat de la sous-région, à l'encontre des pêcheurs en eaux troubles, pour enfin obtenir le consensus autour de l'organisation de ces législatives devant renouveler l'Assemblée nationale qui est au centre des tensions politiques, d'autant que le pays est sous régime parlementaire.

C'est donc le chef du parti qui aura eu le plus grand nombre de députés au décompte final, qui occupera la primature, un poste qui suscite beaucoup de convoitises en Guinée-Bissau.

Ceci dit, en votant dans le calme, bien que quelque 2,7 % des électeurs n'aient pas pu s'exprimer dans les urnes en raison d'irrégularités constatées sur le fichier électoral et de défaillances techniques, la Guinée-Bissau commence à intégrer les valeurs démocratiques sans recourir à la machette et au fusil.

La moindre contestation des résultats pourrait favoriser le retour des vieux démons

Ce pays lusophone d'Afrique de l'Ouest de moins de deux millions d'habitants, étant tristement célèbre dans les assassinats politiques, la CEDEAO doit suivre comme du lait sur le feu, le processus de dépouillement en cours jusqu'à la proclamation définitive des résultats.

La Guinée-Bissau est un volcan assoupi, et la moindre contestation des résultats pourrait favoriser le retour des vieux démons.

Certes, on peut dire que le pays revient de loin pour avoir réussi le pari de l'organisation du scrutin du 10 mars, mais il convient toujours de croiser les doigts en attendant de voir comment les leaders des 21 partis politiques à la conquête des 102 sièges, vont accueillir le verdict des urnes.

Les Bissau-guinéens ont, en tous les cas, l'occasion de montrer qu'ils sont capables d'un sursaut patriotique pour faire passer les intérêts du pays avant tout.

En tout état de cause, ce scrutin est l'occasion, pour la classe politique, de se réconcilier avec elle-même, avec la société civile et avec la sous-région. Sous ce rapport, le scrutin du 10 mars a incontestablement plusieurs vocations aussi importantes les unes que les autres.

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