12 Mars 2019

Guinée Bissau: Bissau à l'écoute de la commission électorale au lendemain des législatives

Photo: Le Pays
Législatives à Bissau

La vie avait repris son cours normal lundi à Bissau, la capitale de la Guinée-Bissau, en attendant les premières tendances des élections législatives organisées dimanche dans ce pays frontalier du Sénégal.

Vingt-quatre heures après la fermeture des bureaux de vote, les électeurs demeurent à l'écoute de la Commission nationale électorale (CNE), seule instance habilitée à donner des résultats officiels provisoires.

La bataille des chiffres fait rage en attendant, chaque état-major se prévalant de données et chiffres dont il dispose sur la base de procès-verbaux en sa possession.

La CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest dont la Guinée-Bissau est membre, jugeant que le scrutin avait été "transparent et fiable", a pour sa part invité les responsables politiques à "privilégier l'intérêt national et à accepter le verdict des urnes", le moment venu.

Aussi le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée Bissau et du Cap-Vert), formation historique du pays, a-t-il invité ses militants à "rester tranquilles", se disant confiant quant aux résultats qui sortiront des urnes dans "moins de 24 heures".

"Nous sommes dans l'attente des résultats provisoires officiels. Nous disposons des données, mais nous ne pouvons pas enter dans les détails. Nous sommes confiants. Nous invitons les militants à rester tranquilles et républicains", a déclaré à des journalistes son porte-parole Joao Bernardo Vieira.

Des centaines de militants du PAIGC avaient ainsi assisté à un point de presse organisé au siège de leur parti, situé au centre de Bissau, dans l'espoir que leur état-major leur annonce des chiffres.

"Nous sommes très confortables. Compte tenu de la Charte de bonne conduite que nous avons signée, nous ne pouvons pas en dire plus. Soyons paisibles et positifs", a poursuivi Joao Bernardo Vieira.

Les responsables du Mouvement pour l'alternance et la démocratie (Madem), représentant les 15 députés qui avaient fait basculer la majorité parlementaire du côté de l'opposition en quittant les rangs du PAIGC, ont de leur côté appelé au calme et à la sérénité.

"Aucune formation politique ne peut se prévaloir de la majorité absolue. Nous sommes en attente du verdict des urnes. Mais au vu des chiffres dont nous disposons, le jeu des alliances sera déterminant (...)", a déclaré le porte-parole du Madem, Marcieno Silva Barbeiro.

Le chef de la mission d'observation de la Communauté économiques des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) Kadré Désiré Ouédraogo a lui invité au cours d'un point de presse tous les partis politiques à "accepter les résultats issus des urnes" et à s'engager à les contester, "s'il le faut, par des voies de recours légales".

Ces législatives devraient permettre à la Guinée-Bissau de tourner une page d'instabilité et de blocage qui dure depuis trois ans en raison du basculement de la majorité parlementaire du côté de l'opposition, à la suite de défections dans les rangs du PAIGC.

Des résultats de cette consultation électorale dépendra la formation d'un nouveau gouvernement, alors que le pays a connu sept Premiers ministres en moins cinq ans.

Selon les dispositions de la Constitution bissau-guinéenne, le poste de Premier ministre doit revenir au chef du parti vainqueur des législatives.

De fait, le régime parlementaire en vigueur en Guinée-Bissau est souvent source d'instabilité, en raison d'une cohabitation souvent difficile entre l'exécutif et la majorité parlementaire, s'ils sont de camps différents.

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