12 Mars 2019

Cote d'Ivoire: Décès du père de la littérature ivoirienne - Bernard Binlin Dadié laisse une immense œuvre

« Quelle tristesse ! Quelle triste nouvelle !! Bernard Dadié est mort. Bon voyage tonton et merci pour tous tes écrits et pour ta droiture qui nous inspire. Tu rejoins tantie là-haut, ta chère Assamala qui t'attendait. Condoléances à mes cousins et cousines ».

Voici le message du journaliste écrivain, Serge Bilé, qui donnait l'information du rappel à Dieu de Bernard Dadié. Comme une trainée de poudre, l'information a tout de suite fait le tour des réseaux sociaux. C'était samedi dernier à la mi-journée. Bernard Binlin Dadié a déposé ainsi la plume à l'âge de 103 ans.

Ecrivain, homme politique engagé et journaliste, il laisse une œuvre de plus de 25 publications, dans laquelle il a abordé tous les genres littéraires : poésie, roman, chronique, contes traditionnels et surtout le théâtre.

« Bernard Binlin Dadié est l'écrivain le plus fécond, le plus traduit et enseigné, avec Léopold Sédar Senghor, dans les universités, grandes écoles et instituts de formation d'Afrique et à travers le monde », selon Nicole Vincileoni, universitaire de haut vol, par ailleurs spécialiste de l'œuvre de Dadié.

Après des études à l'école William-Ponty du Sénégal, il travaille, pendant 10 ans, à l'Ifan (Institut fondamental d'Afrique noire) de Dakar. Il rentre en Côte d'Ivoire et milite au sein du Rda (Rassemblement démocratique africain) en 1947.

Lors des troubles de février 1949, il est emprisonné. Il tient un journal qui ne sera publié qu'en 1981 sous le titre « Carnets de prison ».

Lorsque la Côte d'Ivoire parvient à l'indépendance, il occupe les fonctions de chef de cabinet du ministre de l'Éducation nationale, de directeur des Affaires culturelles, d'inspecteur général des Arts et Lettres, et de ministre de la Culture et de l'Information (1977 et 1986). Au nombre des distinctions majeures, Dadié a été Grand prix littéraire d'Afrique noire en 1965.

Il a reçu aussi le Grand Prix des associations littéraires pour l'ensemble de sa bibliographique. « Ecrire est, pour moi, un désir d'écarter les ténèbres, un désir d'ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde », déclarait l'auteur du roman Climbié, le 11 février 2016 au palais de la Culture qui porte son nom, après avoir reçu le premier Prix "UnamUnesco Jaime Torres Bodet" pour son action en faveur de la culture africaine.

En passant de l'autre côté, Bernard Adou Koffi Binlin Dadié, de son vrai nom, n'a fait que « entrer dans le berceau de l'éternelle vie », selon Alexandre Dumas ; surtout que l'auteur de "Monsieur Tôgôh Gnini" était déjà immortel, car membre de l'Ascad.

Né le 16 janvier 1916 à Assinie, l'illustre disparu est le fils de Gabriel Dadié qui fut, lui aussi, ministre et compagnon de première heure de Félix Houphouët-Boigny.

« Nous nous inclinons devant sa mémoire et souhaitons un hommage national », rapporte Maurice Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie qui fera une déclaration au nom du président de la République, Alassane Ouattara et le gouvernement aujourd'hui à son cabinet.

Cote d'Ivoire

Zéphirin Diabré - «Si Blaise Compaoré veut aider, il ne faut pas le décourager»

C'est une lettre qui fait sensation au Burkina Faso. Depuis son exil de Côte d'Ivoire, le président… Plus »

Copyright © 2019 Le Patriote. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.