Cameroun: ARTs plastiques - Un caméléon nommé Yamguen

Une incursion dans son atelier à Douala a permis de mieux cerner l'artiste pluridisciplinaire.

En janvier dernier à l'Institut français de Douala, Hervé Yamguen, artiste aux mille casquettes, a revêtu l'une de ses peaux : écrivain. C'était pour une lecture-performance de la dernière œuvre scripturale du poète-plasticien : « Héroïsmes ordinaires » (MaYaK/Phare Papier), sortie en 2017. Avec au bout de l'évènement, une dédicace du livre. Occasion pour CT d'oser une tentative d'exploration du travail du membre du collectif d'artistes Cercle Kapsiki. A travers une visite de son atelier à Douala.

L'atelier d'Hervé Yamguen, c'est plus qu'un atelier : « c'est le cœur de ma vie ». Un espace plein d'objets d'arts (des masques surtout), de livres (il dispose d'une véritable bibliothèque), d'albums de musique de tous genres (c'est un éclectique), de chaises et tabourets adossés au mur, invitant à la conversation, accueillant les réunions familiales chaque deuxième dimanche du mois, et encadrant un plan de travail bas au milieu de la pièce principale. Un espace au caractère multifacettes comme son propriétaire.

Atelier-musée-espace de vie. Un espace qui ne se ferme pas à l'extérieur quand l'artiste crée, mais qui s'ouvre aux individus, aux couleurs, aux senteurs, aux histoires de New-Bell. « Ma vie est très liée à ce qui se passe dans cette cour. Il y a des enfants qui rentrent dans mon atelier, qui partagent mon temps. Il y a la famille qui vient, pendant que je travaille. Les gens passent, on discute et ils partent. C'est aussi ça qui nourrit le travail parce que ma vie d'artiste n'est pas du tout dissociée de la vie autour de moi, de la vie de mon quartier.

Bien au contraire, ce sont les échos du quartier qui me permettent de donner de la densité à mon travail », explique celui qui, en immersion sociale, s'abreuve à l'énergie entreprenante de la ville de Douala. Quand on est passé à l'atelier il y a quelque temps, il était en pleine conception et réalisation de livresobjets pour un évènement à l'international. C'est l'une des cordes à son art. Lui, le peintre-sculpteur-photographe-illustrateur-poète-performeur-installateur-etc. Des formes d'expression plurielles pour laisser cours à sa liberté fondamentale d'artiste et aux expériences vécues en plus d'un quart-de-siècle de carrière.

Et ces jours-ci, au milieu de ses masques, créations comme collec tions, « Zeuheukap » (de son nom de notable, membre d'une société secrète à Balessie, dans le département du Haut-Nkam, région de l'Ouest) peint à l'acrylique et à l'encre. Tout en écoutant du Vincent Nguini. Ça l'inspire pour les couleurs. Entre deux coups de pinceau, il dévore les pages de « La Légende de Domin et Zézê », un conte initiatique de l'Ivoirien Frédérin Bruly Bouabré. Pluriel, le bonhomme !

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 150 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.