12 Mars 2019

Cote d'Ivoire: Ismaël Isaac (Artiste reggae) - "Les politiciens doivent travailler ensemble, dans le respect de leurs différences pour la paix en Côte d'Ivoire"

interview

De retour au pays, après un séjour en Europe pour boucler son nouvel album, le "Gangaba" de Treichville a bien voulu s'ouvrir à Fraternité Matin.

Vous avez habitué vos fans, depuis "Black system" en 2000, à attendre longtemps avant de sortir un album. Là, après "Je reste" en 2014, vous annoncez, pour cette année 2019, une nouvelle œuvre pour très bientôt. Qu'est-ce qui a motivé ce changement ?

Mon dernier album "Je reste" est sorti en 2014. En 2015, j'ai été éprouvé par un grave accident de la circulation qui a causé la mort de mon jeune frère Mory. Moi-même, j'ai pensé que je n'aurais plus l'usage de mes jambes et continuer la musique.

Mais grâce à Dieu et aux prières de mes fans, J'ai recouvré la santé. Alors, pour dire merci à Dieu et à mes fans qui ont prié pour moi, j'ai décidé de faire cet album pour leur témoigner ma reconnaissance.

Abidjan, Sénégal, Paris, Londres et Jamaïque sont les capitales que vous avez visitées pour peaufiner cet album. Pourquoi cette démarche qui n'est pas très courante chez vous ?

J'ai à cœur de proposer à mes fans un album de grande dimension. C'est un album de cœur que je veux leur offrir.

Avec cet album, je veux célébrer avec eux mes 32 ans de carrière. J'ai donc commencé à travailler à Abidjan avec une prémaquette, ici, dans mon studio.

Ensuite, je suis allé au studio 247 à Yopougon Toits-rouges pour des prises de batterie et des chœurs.

La deuxième étape était le Sénégal, puis Paris pour des prises de cuivres, percussions, de guitares et la reprise de quelques voix. On a mixé le tout à Paris et la dernière sera Londres pour masteriser l'album.

N'est-ce pas aussi dans la perspective de viser le marché international que vous avez abandonné depuis quelque temps ?

Je veux, en effet, me donner les moyens de conquérir le marché international. Il y a de grosses majors de disques comme Warner Music Group, Sony Group qui sont intéressés. Je prépare donc sérieusement la sortie de mon nouvel album.

Vous savez, le succès international d'un album dépend de l'encadrement. Cette fois, je ne veux plus travailler juste pour sortir un album.

Après la sortie, il faut suivre le produit, le positionner, faire la promotion, le tout, accompagné d'une tournée. Il faut travailler avec des professionnels basés en Europe, qui maîtrisent le terrain et l'industrie musicale.

Je veux désormais travailler comme à l'époque où j'avais signé avec Island, Mango, Polygram, Syllart Music, etc. C'est toute cette organisation que je suis en train de mettre en place. Et les choses avancent bien.

Wurie Moctar et Georges Kouakou sont également présents sur cet album. On peut dire que c'est un retour à la source du succès ?

Effectivement. Ils ont apporté leur touche magique à l'élaboration du produit. Mais j'avoue que pour cet album, j'ai été en première ligne dans les arrangements.

Après 32 ans de carrière et le cumul d'expérience auprès de wurie et Georges, j'ai voulu apporter ma sensibilité personnelle. Faire un reggae comme je le sens vraiment. Donc j'ai arrangé moi-même beaucoup de titres.

Comment se présente donc cet album ?

J'ai fait un featuring avec John Yalley sur le titre "Bats- toi". Une belle chanson qui va plaire aux mélomanes. Les Ivoiriens vont le découvrir dans un titre qu'il chante en français et non en bété comme d'habitude.

Moi-même, j'ai chanté un autre titre (Mbadé) en bété. J'ai aussi fait un featuring avec ma fille qui a une belle voix. Il y a beaucoup de belles surprises à découvrir sur cet album de 14 titres. Les thèmes habituels reviennent.

Les faits de société, la liberté, la pauvreté, adresse aux dirigeants, à la jeunesse. Je parle également du divorce, un sujet qui me touche personnellement car j'ai vécu cela.

J'ai chanté cette chanson émouvante avec ma fille. Pour le titre éponyme de l'album, je pense que ce sera certainement le titre "Yôrômagni sirakagni".

En tout cas, on verra bien. C'est une expression malinké qui peut se traduire en français par "La route n'est pas bonne mais la circulation est bonne". Cela amène à réfléchir. Cet album est le meilleur que je n'ai pas encore réalisé.

On te reproche de ne pas être très engagé quand il s'agit de parler de politique nationale. Sur cet album, pourrait- on retrouver une chanson engagée qui parle de la politique ivoirienne ?

Parler des faits de société, appeler les dirigeants à créer les conditions de l'épanouissement des populations ivoiriennes, c'est déjà parler de politique. Moi, je ne veux pas faire de la politique politicienne.

Mon engagement, je le prends pour la Côte d'Ivoire. C'est pourquoi, sur cet album, vous trouverez une chanson, "Qui va nous sauver", dans laquelle j'interpelle les politiques ivoiriens.

Je les exhorte à préserver le dialogue, la paix et le grand travail de développement du président Houphouët-Boigny, qui a fait aujourd'hui de la Côte d'Ivoire un pays respecté.

Ils n'ont pas le droit de détruire ce que le "Vieux" a construit. Je les appelle donc à l'union, à se donner la main pour travailler ensemble, dans le respect de leurs différences, pour l'intérêt unique de la Côte d'Ivoire.

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