Burkina Faso: Construction d'infrastructures scolaires - Ces vieilles ardoises du MENA qui attendent d' être épongées

Des prestataires de services du ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN), des entrepreneurs, étaient dans les locaux dudit département le mardi 12 mars 2019 pour demander le règlement de leurs factures en souffrance depuis 2013.

Quand d'aucuns apprennent qu'il y a un mouvement d'humeur au ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, sans se poser trop de questions, ils lâchent cette phrase : « Encore eux !», allusion faite aux enseignants.

Pourtant, s'il y avait bel et bien un corps de métier qui voulait soumettre ses doléances au ministre Stanislas Ouaro, ce n'était pas celui des enseignants. Aussi étrange que cela puisse paraître, il s'agit d'hommes du BTP (Bâtiment et travaux publics). Explication.

Ils sont au nombre de 69 entreprises et bureaux d'études ayant eu un contrat avec Boutique de développement pour la construction d'infrastructures scolaires (salles de classe, laboratoires, bureaux administratifs... ) en 2013.

Le maître d'ouvrage de ces chantiers est le ministère de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN) et Boutique de développement était le maître d'ouvrage délégué.

Beaucoup d'entreprises, à en croire ceux qui ont pris d'assaut le MENAPLN dans la matinée du 12 mars dernier, ont exécuté les travaux. « Certains chantiers ont été achevés et réceptionnés », a lancé l'un d'eux.

D'autres entrepreneurs ont été freinés dans leur élan par manque d'argent. « Pour d'autres, les travaux ont été arrêtés faute de moyens », a précisé Kounabouré Zinsonni, directeur général de Zins'KCO, par ailleurs porte-parole des prestataires du MENAPLN.

Cette dernière situation s'est généralisée. Cela fait 6 ans que les entrepreneurs patientent pour entrer en possession de leur dû. Mais rien ne semble indiquer que ce sera demain la veille. Ils ont donc décidé de ne pas rester les bras croisés.

« Nous avons des préoccupations depuis 2013 jusqu'à nos jours. Ne voyant pas venir de solution, nous nous sommes tournés vers Boutique de développement pour connaître notre sort. La semaine dernière, le maître d'ouvrage déléguéa convié le MENAPLN à l'ARCOP pour une conciliation.

Nous nous sommes rendu compte sur place que notre problème n'a pas un début de solution. Boutique de développement étant incapable de nous apporter des éléments de réponses, nous sommes venus au MENAPLN pour savoir à quel niveau se trouve notre dossier, parce qu'un engagement avait été pris de faire les payements avant la fin de l'année 2018 », a fait savoir le porte-parole des hommes du BTP.

Ces derniers ayant introduit des demandes d'audience restées sans suite, c'est parti ce mardi matin pour le pied de grue au MENAPLN. Les couloirs sont surveillés. Le ministre ne doit pas sortir inaperçu.

Après quelques minutes d'attente, le premier responsable du département sort, tout pressé. Il fait savoir à ses hôtes qu'il a une réunion dans les minutes qui suivent avec le chef de l'exécutif. Il demande à ses invités surprises de laisser un contact pour qu'il puisse les joindre à son retour.

Chose promise, chose due. Dans l'après-midi, les représentants d'entreprises et bureaux d'études ont été reçus par le ministre de l'Education. A écouter leur porte-parole, ils ressortent satisfaits de la rencontre.

« Le ministre nous a fait savoir que ses services techniques sont en train de faire un travail sur le terrain. Il a dit qu'au bout d'un mois, ce travail prendra fin et qu'un rapport lui sera remis.

Après avoir fait l'état des finances avec les financiers, il verra ce que son ministère peut supporter et ce qu'il ne peut pas, il s'en remettra au ministère des Finances.

Nous sortons soulagés de cette rencontre parce qu'au début, on ne pensait pas avoir un résultat d'ici la fin du mois », a confié le patron de Zins'KCO à la fin de l'entretien avec le ministre.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: L'Observateur Paalga

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.