13 Mars 2019

Afrique: Flux financiers illicites - Le continent perd 50 milliards de dollars par an

La saignée en flux financiers en Afrique continue de plus belle et de la pire des manières. En effet, selon la présidente de la Fondation Trust Africa, Coumba Touré, le montant des flux financiers illicites qui quittent annuellement le continent africain vers d'autres destinations représentant des paradis fiscaux s'évalue à 50 milliards de dollars.

«Les chiffres les plus bas parlent de 50 milliards de dollars qui quittent l'Afrique, contre 70 à 100 milliards de dollars selon les chiffres les plus élevés», a-t-elle indiqué hier mardi, à Dakar, à l'ouverture, d'une réunion de la société civile sur la lutte contre les flux financiers illicites en Afrique.

Cette rencontre de deux jours à l'initiative de Trust Africa réunissant des experts venus de plusieurs pays africains dont ceux de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao), portant matière: «Gagner la lutte contre les flux financiers illicites en provenance d'Afrique : Quelle est la prochaine étape ?

Un accent particulier sur l'Afrique de l'Ouest» se veut une occasion pour les participants de réfléchir sur les défis liés aux flux financiers illicites (Ffi) en provenance d'Afrique, sur la région ouest africaine en particulier.

Déplorant ce manque transparence et de rigueur dans les ressources en provenance d'Afrique, elle renseigne: «l'argent issu des flux financiers illicites est de deux fois plus élevé que l'aide publique au développement que l'Afrique reçoit.»

Toutefois, elle a relevé toute difficulté de disposer de données fiables sur cette question, en appelant à une collaboration entre gouvernements africains, société civile et les pays abritant les paradis fiscaux.

D'où l'appel lancé aux gouvernements africains à collaborer en fournissant des informations réelles sur les flux financiers qui quittent le continent, aux fins de les publier pour que ça soit visible.

A l'entendre, les principaux secteurs touchés par le phénomène de blanchiment illicite sont «le commerce (65%), le secteur minier et pétrolier et l'agriculture.»

Oumar Diallo de la direction de la monnaie et du crédit au ministre de l'Economie, des Finances et du Plan à cette rencontre, s'est réjoui de l'organisation de la tenue de cet atelier, en estimant que la lutte contre les flux financiers illicites ne saurait être le combat d'une seule entité.

Il a, lors de cette rencontre, rappelé les engagements pris par le Sénégal au sein notamment de l'Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa) dans la lutte contre les flux financiers illicites.

Au sujet de la difficulté de disposer de données fiables concernant le transfert illicite d'argent, il note que cette situation s'explique principalement par l'opacité dans laquelle les transactions se font.

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