13 Mars 2019

Congo-Brazzaville: Programme d'urgence - Artistes et culturels protestent contre les cent jours « sang » culture

S'estimant laissés-pour-compte, les artistes sont décidés à se faire entendre auprès du président de la République à travers une marche de protestation prévue à Kinshasa, le 20 mars dès 9 h, partant de la Place Royale à la Cité de l'Union africaine.

Les « 100 jours du président de la République "sang culture" » sont perçus par les acteurs du monde culturel congolais comme un arrêt de mort signé de leur secteur, exclu des priorités de la R"publique démocratique du Congo (RDC) en ce moment. Producteurs, éditeurs, écrivains, cinéastes, coiffeurs, etc., réunis autour du Collectif des artistes et des culturels (CAC), en sont frustrés. Tout effarés, ils constatent : « Ni dans le discours du président à son investiture ni dans son programme d'urgence de 100 jours n'est mentionnée la culture ».

À cet effet, le percussionniste Paul Ngoie, alias Paul le Perc, partage au Courrier de Kinshasa sa conviction que « la culture est délaissée depuis trop longtemps dans ce pays ». Pour le coordonnateur du CAC, « il est temps, avec la nouvelle alternance, de remettre la culture, identité d'un peuple, à sa place ».

Désappointé que le mémo adressé au chef de l'État, Félix Tshisekedi, le 31 janvier, soit resté lettre morte, le CAC a décidé de mener une action plus manifeste. Elle organise sa marche de protestation avec des objectifs bien précis. « Nous voulons que le gouvernement à venir mette en œuvre une politique culturelle réglementée. Nous voulons qu'il soit mis en place par le président de la République une commission d'experts de la présidence, du gouvernement et du monde de la culture », ont déclaré les organisateurs de la marche.

Cette commission aurait la mission d'assurer en premier lieu « la préparation du draft du projet de loi sur les principes généraux de la promotion culturelle en RDC (cette loi intégrera aussi le décret sur la politique culturelle) ». Le CAC estime tout aussi nécessaire la mise en application de « la réforme du financement de la promotion culturelle en RDC ». Ce, sans oublier « le statut juridique, fiscal et économique des artistes et des industries culturelles créatives ».

Selon Paul le Perc, l'action du CAC est d'autant plus légitime que « la culture est l'expression par excellence d'une nation, elle en garantit la survie identitaire ». Et de poursuivre : « Il ne peut donc y avoir de développement sans culture car aucune émergence ne peut être assurée dans une communauté sans tenir compte des réalités culturelles de cette dernière ».

Le percussionniste insiste encore : « Sans culture, point de développement. L'ignorer, c'est tuer notre nation d'où la dénonciation des 100 Jours "sang culture" ». Un avis partagé, soutient-il, par plusieurs associations et personnalités culturelles regroupées au sein du CAC.

Le comité provisoire du collectif constitué depuis l'an dernier et coordonné par Paul le Perc est composé notamment de la poétesse Yolande Elebe, du peintre Dikisongele, du comédien Rock Bodo, des journalistes Jordache Diala, Onassis Mutombo et Yves Abdallah.

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