13 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Pacta sunt servanda

"Les conventions doivent être respectées", dit-on. Voici que dix jours sont passés. Et, pourtant, les portes de la prison sont restées hermétiquement fermées. Aucun prisonnier politique, ni d'opinion n'est sorti.

Samedi 2 mars, sur la place de l'Echangeur, sur les hauteurs de Limete, juste à côté du monument de Lumumba, Félix Tshisekedi, investi Président, le 24 janvier 2019, au Palais de la Nation, annonçait que cette libération, une fois opérée, devait servir de preuve de ses premiers signes avant-coureurs, quant à l'alternance dont il incarne, désormais, l'idéal et la vision.

Hier, en effet, il s'est envolé pour Nairobi, au Kenya, où il participe, dès aujourd'hui, à la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement, tout en laissant, derrière lui, ses multiples promesses dont celle de la libération des prisonniers politiques et du retour des exilés, constituait l'essentiel de son axe prioritaire pour enclencher le processus de décrispation politique de l'ère post-Kabila. Du 25 au 26, le même Félix Tshisekedi sera à Kigali, au pays de Paul Kagame qu'il rencontrera pour la deuxième fois, après celle du 17 janvier dernier à Addis-Abeba où ce dernier l'avait reconnu, en tant que Président de la RD. Congo, alors qu'il pliait bagage pour céder le fanion de commandement au Maroc, à la tête de l'Union Africaine.

Même s'il écourtait sa présence à Nairobi pour revenir à Kinshasa à la rencontre de Tibor Nagy, le Secrétaire d'Etat Américain chargé des affaires africaines, il n'en n'aura pas, pour longtemps, tant qu'il sera encore tiraillé entre l'urgence de la nomination d'un Formateur, de la grogne sociale, des préoccupations sécuritaires et des élections annoncées à Beni, Butembo et Yumbi et les travaux d'hercule liés aux routes qui se désintègrent dans la capitale et laissent des pans entiers béants jusqu'au point de menacer l'essentiel du réseau routier.

Plus que jamais, Félix Tshisekedi, tout feu, tout flamme, semble ainsi pris au piège de ses propres déclarations qu'il multiplie, d'ailleurs, à l'emporte-pièce. Ceux qui pensent qu'il ne serait pas vraiment le vrai "Maître" d'école estiment, par contre, qu'il aurait mieux de se garder de faire des annonces aux effets sensationnels alors qu'apparemment, il n'a pas encore la moindre maîtrise de tous les méandres techniques, juridiques ou politiques.

Certes, la langue n'a pas d'os. Mais, pour ce n'est pas pour autant qu'elle ne blesse pas, dit un vieil adage.

Ici, la langue, celle d'un Chef de l'Etat, si nouveau soit-il, devrait être remuée plus de mille fois avant de s'exprimer en public. Est-il nécessaire de rappeler que maintenant qu'il s'est constitué un cabinet et qu'il a toute une équipe de communication, sans oublier, évidemment, la nomination des membres de tout un service de presse présidentielle, le tout nouveau locataire du Palais de la Nation changerait de stratégie ? Dieu seul sait...

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