11 Mars 2019

Kenya: Les dirigeantes appellent à la garantie des droits et de la santé sexuelle et reproductive

Nairobi, KENYA - « Lorsque les femmes qui dormaient se réveillent, les montagnes bougent ». C'est ce proverbe kenyan qu'a cité le Dr. Natalia Kanem, directrice de l'UNFPA, à un événement organisé dans le quartier informel et tentaculaire de Kibera.

L'événement a été organisé pour la Journée internationale des droits des femmes, pour célébrer les dirigeantes et les innovatrices. Cela a aussi été l'occasion d'appeler les autorités nationales et internationales à garantir les droits des filles et des femmes, et de souligner la nécessité d'améliorer leur représentation aux postes de direction et de gouvernance.

Les intervenants présentes ont également mis l'accent sur l'importance de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles, et de leurs droits en la matière. Ces droits et besoins sont en effet trop souvent négligés.

Certaines filles et femmes n'ont même pas accès à des produits de première nécessité, comme les protections périodiques, ont rapporté certaines participantes à l'événement.

« La première fois que j'ai utilisé une serviette hygiénique, c'est quand j'ai travaillé, car j'ai grandi dans la région rurale de Makuani, et je n'avais pas accès à ces produits », se souvient Catherine Wanjaya.

Elle travaille à présent pour Genesis Care, une entreprise qui fabrique des serviettes hygiéniques. La société a obtenu une subvention de l'UNFPA en novembre dernier pour fournir aux écoles des serviettes hygiéniques ainsi que des systèmes pour les éliminer ensuite.

« J'ai envie d'aider les jeunes femmes à avoir accès à ces produits dès leur plus jeune âge, partout et à un prix très abordable », déclare-t-elle.

L'égalité des genres mise en avant

Même si l'ambiance était festive, l'événement a abordé des problèmes sérieux.

L'inégalité des genres constitue un obstacle majeur à la santé et au bien-être des filles et des femmes du Kenya. Selon un sondage effectué en 2014, les femmes mariées ont moins de contrôle sur l'argent qu'elles gagnent que les hommes, et moins de pouvoir de décision sur leur propre santé et leurs besoins en la matière.

Le sondage a aussi établi que 45 % des femmes ont subi des violences physiques, et 14 % des violences sexuelles.

Les filles et les femmes marginalisées, notamment celles qui vivent dans des quartiers informels, comme Kibera, sont particulièrement vulnérables.

« Il faut défendre les droits des filles et des femmes de Kibera et du monde entier, pas seulement aujourd'hui mais tous les jours », explique le Dr. Kanem, qui était invitée d'honneur de l'événement.

« Nous devons demander aux femmes ce qu'elles veulent et ce dont elles ont besoin. Les femmes doivent se sentir en sécurité chez elles. Elles doivent être libres de marcher dans la rue, de jour comme de nuit. »

Le sondage révèle également que les femmes autonomes, c'est-à-dire qui disposent d'informations, d'opportunités et de possibilités d'action, ont plus facilement accès à des soins vitaux de santé reproductive, comme les soins prénatals et la planification familiale.

« Toutes les femmes devraient aussi avoir accès » à la planification familiale, fait remarquer Esther Passaris, la représentante des femmes du comté de Nairobi, qui était également présente. Elle a affirmé son intention de travailler au sein du Parlement, en collaboration avec le Groupe parlementaire des femmes, pour soutenir le travail de l'UNFPA.

« En tant que Kenyanes, nous sommes partisanes de votre cause, et nous ferons pression avec d'autres acteurs politiques pour l'adoption d'une législation favorable aux droits des femmes et à leur promotion », a déclaré Mme Passaris.

Tous les chemins mènent à Nairobi

Le Dr. Kanem a par ailleurs souligné l'importance du Sommet de Nairobi à venir, pour la 25e CIPD, qui réunira des militants, des gouvernements ainsi que divers leaders en vue de permettre enfin d'offrir à toutes et tous la santé reproductive et les droits qui s'y rapportent.

Ce ne sont en effet pas uniquement des impératifs en matière de droits de la personne, mais aussi des éléments essentiels à un développement durable.

La communauté internationale doit en prendre bonne note, a conclu le Dr. Kanem, en expliquant que « tous les chemins mèneront à Nairobi » pour le Sommet de novembre prochain.

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