14 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Les habitants de Yumbi sceptiques face au scrutin du 31 mars

Au mois 20.000 personnes auraient été déplacées suite aux violences communautaires. Dans ce contexte, une partie de la population risque de ne pas participer aux législatives suite à la persistence de l'insécurité.

Alors que les élections législatives initialement prévues fin décembre semble se préparer pour le 31 mars prochain, les habitants de Yumbi, dans la région du Mai Ndombe, restent préoccupés par la situation sécuritaire qui prévaut dans la région.

Mardi, le bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme en République démocratique du Congo a publié un rapport dans lequel il qualifie de crimes contre l'humanité les massacres commis à Yumbi, où 535 personnes ont été tuées dans des affrontements entre Banunu et Batende.

Baudouin vit à Yumbi et pour lui, les élections ne sont pas à l'ordre du jour. "On nous impose ces élections. On va voter comment au moment où le peuple Banunu est allé se réfugier dans les îlots du fleuve, et d'autres sont au Congo Brazzaville? Il y a environ 16.000 personnes qui ont fui. Quand vont-ils revenir? Quand vont-ils pouvoir voter? L'Etat ne faut aucun effort pour ramener ces gens ici, au village. Nous savons que comme les commanditaires sont majoritaires, ils font cela pour nous manipuler et nous persécuter," insiste l'habitant.

De son côté, la Commission électorale (Céni) dit être prête à organiser le scrutin. Selon la Céni, tous les moyens sont réunis pour maintenir le cap du 31 mars prochain.

Pour Jean-Pierre Kalemba, le porte-parole de la Céni, "au moment où nous parlons, nous sommes en train de recycler le personnel qui était déjà formé depuis un moment. Nous pouvons affirmer être en mesure de tenir le cap du 31 mars. Pour faire ces élections et les programmer, nous avons vu le ministre de l'Intérieur qui a la sécurité en charge. Du côté de Beni et Butembo, nous avons vu le ministre de la Santé, tout ceci est du ressort du gouvernement. Nous, la Céni, que l'on accuse toujours de ne pas vouloir faire ceci ou cela, nous nous préparons. Nous leur avons demandé de mettre tout ce qui est en leur moyen pour que chacun puisse regagner son territoire et participer aux élections. Donc chacun doit faire sa part," conclut le rapporteur de la Céni.

Reste qu'actuellement à Yumbi le spectre des violences plane toujours. Selon Jean Bosco Lomomo, vice-président de la société civile, "les cœurs des personnes frappées par ces évènements sont encore sanglants. Ce n'est pas le moment de parler de la réconciliation. Il faudra qu'on puisse d'abord en finir avec les enquêtes et si possible qu'on puisse condamner les commanditaires, ceux qui ont fait la guerre. C'est alors qu'on pourra parler de réconciliation."

Réconciliation, enquêtes, procédures judiciaires : il reste encore un long chemin avant le retour de la paix à Yumbi.

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