14 Mars 2019

Kenya: Rencontre Macron/Tshisekedi à Nairobi - Si le ridicule pouvait tuer...

analyse

Après Djibouti et l'Ethiopie, le président français, Emmanuel Macron, était en visite, hier, 14 mars 2019, à Nairobi au Kenya, où il a co-dirigé, avec son homologue Uhuru Kenyatta, le One Planet Summit. C'est la première fois qu'un tel rendez-vous a lieu en terre africaine puisque, lancé en 2016, One Planet Summit a tenu ses premiers sommets à Paris en 2017 et à New York en 2018.

Sa création fait suite, on le sait, au retrait des Etats-Unis de la lutte contre le changement climatique. Si fait que, d'année en année, il mobilise des chefs d'Etat, des dirigeants des Nations unies, de la Banque mondiale, de grandes firmes internationales, d'Organisations non gouvernementales (ONG) voire des collectivités locales, comme ce fut le cas à Nairobi où les différents participants ont mis l'accent sur la lutte contre la déforestation et le développement des énergies renouvelables. « Si on veut éviter que l'Afrique passe par la case charbon, il faut tout de suite l'aider à investir massivement dans les énergies renouvelables », a déclaré l'Elysée dans un communiqué, justifiant ainsi le choix du Kenya où plus de 75% de l'électricité est d'origine renouvelable.

Mais ce qui passe pour être une coutume au Kenya ne l'est pas partout dans les autres pays du continent, d'où la nécessité de mettre en place des fonds verts ; lesquels exigent un cadre règlementaire unifié. On attend donc de voir la thérapie que proposera le troisième One Planet Summit. Car, les rencontres au sommet sur le climat, il y en a mais les lignes bougent difficilement. Du reste, la diplomatie ayant ses raisons que la raison ignore, le sommet de Nairobi semble avoir, en grande partie, été dominé par des sujets politiques.

En matière de relations internationales, les intérêts des pays passent devant les considérations politiques

Car, le président français, Emmanuel Macron, en a profité pour échanger longuement avec ses homologues de la République démocratique du Congo (RDC) et de Madagascar.

Il s'agit respectivement de Félix Tshisékédi et Andry Rajoelina, deux présidents fraîchement élus sur le continent. Avec le successeur de Joseph Kabila, le président Macron qui avait, dans un premier temps, contesté les résultats de la présidentielle de fin décembre 2018, semble avoir tourné la page.

Realpolitik oblige, il a déroulé le tapis rouge à un président dont on dit qu'il a été mal élu. C'est la preuve, s'il en est, qu'en matière de relations internationales, les intérêts des pays passent devant les considérations politiques. Si le ridicule tuait ! c'est le moins que l'on puisse dire.

Car tout étant accompli, Macron souhaite maintenant que Tshisékédi fils s'affranchisse de la tutelle du régime sortant, pour aller vers la formation d'un gouvernement d'ouverture qui verra la participation des camps de Martin Fayulu et Moïse Katumbi. Toute chose qui relève d'une véritable gageure quand on sait que près de deux mois après son élection à la tête de l'Etat congolais, Tshésékédi n'a toujours pas pu nommer un Premier ministre.

Si fait que la RDC se retrouve aujourd'hui dans une véritable apoplexie institutionnelle. Même la mesure d'élargissement des prisonniers politiques, longtemps serinée, n'a connu un début d'exécution que le 13 mars dernier où par une ordonnance signée par Félix Tshisékédi, près de 700 détenus ont été graciés.

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