Cameroun: Présidentielle 2018 - Les USA doutent de la légitimité de Paul Biya

Les Etats-Unis livrent leur jugement sur le déroulement du scrutin du 7 octobre dernier au Cameroun et des manquements divers de la part des autorités camerounaises en matière de droits de l'Homme, dans le rapport du département d'Etat sur le Cameroun rendu public le mercredi 13 mars 2019.

Présidentielle du 7 octobre 2018

Dans ce rapport les Usa évoquent de nombreuses irrégularités lors du scrutin présidentiel du 7 octobre dernier au Cameroun. Ils évoquent "l'intimidation des électeurs et des représentants des candidats sur les lieux de votes ", le "bourrage des urnes", la "corruption des électeurs", des "électeurs inscrits plusieurs fois" etc.

Le rapport du Département d'État américain remet des doutes sur la réélection de Paul Biya. Ce qui confirment leur mutisme après la proclamation des résultats de cette présidentielle camerounaise par le conseil constitutionnel.

L'on se rappelle que les USA avaient affiché une position ambiguë avec leur adresse de félicitations plutôt à l'endroit du peuple camerounais pour son calme tout au long du processus électoral.

Pour le pays de Donald Trump, avec ces manquements et irrégularités observés lors de cette élection du 7 octobre 2018 au Cameroun, le doute s'installe sur la "légitimité de Paul Biya"

Crise anglophone

Parlant de la crise anglophone, le pays de l'oncle Sam affirme que " Les forces de sécurité gouvernementales camerounaises seraient largement responsables de la disparition de présumés séparatistes anglophones, des corps ayant été retrouvés abandonnés loin du lieu des meurtres pour rendre l'identification difficile.

Selon des organisations non gouvernementales (ONG) crédibles, le gouvernement n'aurait pas facilement expliqué le nombre de militants arrêtés en lien avec la crise anglophone. Les membres de la famille et les amis des détenus ignoraient souvent que les personnes disparues se trouvaient en détention depuis un mois ou plus.

Les USA parlent des disparitions diverses dans le NOSO. Le cas de la disparition le 2 août 2018 du président national de la FFCI, Franklin Mowha dans la ville de Kumba, région du sud-ouest Cameroun est également évoqué.

Le 6 août, il a été aperçu pour la dernière fois qu'il sortait de sa chambre d'hôtel. Ekombo a indiqué que les autorités avaient déjà pris pour cible Mowha à plusieurs reprises en raison de ses reportages sur les droits de l'Homme.

Périls sur les libertés publiques

Selon les Américains, le Cameroun a connu ces derniers mois un recul de de la liberté d'expression. " Les personnes qui critiquent publiquement le gouvernement ou en privé font souvent l'objet de représailles.

À plusieurs reprises, les autorités locales camerounaises ont "interdits des rassemblements et réunion des forces de l'opposition"Coup de froid dans la relation diplomatique entre le Cameroun et les Etats-Unis

L'on se rappelle qu'en février dernier, les Etats-Unis ont mis un terme à plusieurs programmes d'aide militaire et sécuritaire au Cameroun en invoquant des accusations de "graves violations des droits humains" de la part des forces de l'ordre camerounaises.

Sur les ondes de RFI, le sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines de Donald Trump, Tibor Nagy, a affirmé le 6 mars dernier que l'arrestation de l'opposant Maurice Kamto était politique.

Tibor Nagy, qui doit se rendre au Cameroun les 17 et 18 mars, appelle les autorités à libérer l'opposant. Pour Yaoundé, il s'agit d'une arrestation tout à fait légitime.

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