16 Mars 2019

Maroc: Gharnati et reggae en fusion à Oujda

Une soirée dédiée à la fusion musicale entre le gharnati et le reggae électronique a été animée, jeudi soir au Grand Théâtre Mohammed VI à Oujda, par des artistes au talent avéré qui ont gratifié un public enchanté par un spectacle de découverte de bonne facture, placé sous le signe "Universel".

Lors de cette soirée musicale rentrant dans le cadre de la célébration de l'événement "Oujda, capitale de la culture arabe 2018", une distinction d'envergure et la reconnaissance d'une richesse patrimoniale avérée, le gharnati était représenté par la célèbre Association Al Moussilia et la talentueuse chanteuse Bayane Belayachi qui ont toujours su honorer ce riche héritage musical.

Etait présent à leurs côtés Weeding Dub, artiste lillois aventureux tirant partie des techniques de remix pour sublimer le reggae, inscrit depuis quelques mois au patrimoine immatériel universel de l'Unesco. L'improvisation était le maître-mot de cette rencontre musicale internationale inédite que les organisateurs ont voulu comme une célébration, mais également un retour aux sources.

Weeding Dub et Bayane Belayachi se sont succédé sur scène avant de se retrouver ensemble dans une fusion d'énergies créatives offrant ainsi un spectacle captivant de reggae électronique-gharnati vivement applaudi par un public enchanté par la performance des artistes et émerveillé par des styles authentiques, ouverts à toutes les musiques du monde.

Dans une allocution de circonstance, la directrice de l'Institut français d'Oujda (IFO), Yannick Beauvais a fait savoir que cette résidence artistique, initiée dans le cadre de la coopération entre les villes de Lille (France) et d'Oujda, a été encadrée par l'Institut avec le soutien de l'Agence de développement de l'Oriental et en étroite collaboration avec les services concernés.

"Ce concert regroupe deux genres musicaux que l'on pourrait penser opposés, à savoir la musique traditionnelle oujdie, le gharnati, et le reggae sous sa forme électronique, le dub", a-t-elle expliqué, faisant remarquer que le reggae jamaïcain a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'humanité en novembre dernier et que la musique traditionnelle gharnatie brigue également une telle reconnaissance afin de mettre en valeur son savoir-faire et son patrimoine culturel.

Une résidence d'artistes, a encore ajouté Yannick Beauvais, a pour objectif de rassembler des artistes quelques jours afin qu'ils puissent échanger, créer, produire et se produire, émettant le souhait que cette idée originale d'associer ces deux genres musicaux soit une réussite collective et un motif de fierté pour encourager d'autres initiatives allant dans ce sens.

De son côté, Weeding Dub, producteur de reggae et de dub, sa branche électronique, s'est dit content d'être pour la première fois au Maroc pour participer à un spectacle qui offre à voir et apprécier une représentation unique entre deux genres musicaux, poursuivant que cette rencontre musicale est de nature à donner lieu à d'autres initiatives dans ce domaine.

Il s'est dit par ailleurs très impressionné et extrêmement surpris par le public, son nombre et son enthousiasme. "Le Théâtre Mohammed VI est plein ce soir, c'est une vraie surprise. J'ai trouvé dans la salle des gens réactifs qui écoutaient attentivement la musique bien que ça ne soit pas leur style de prédilection", a-t-il dit.

Le président de l'Association Al Moussoulia de la musique gharnatie à Oujda, Badr-Eddine Belayachi a fait savoir, quant à lui, que cette fusion musicale extraordinaire entre le reggae qui est un style de musique originaire de la Jamaïque, et la musique gharnatie qui est un art millénaire faisant partie de l'identité culturelle marocaine s'inscrit dans le cadre de l'ouverture de l'association sur d'autre genres musicaux.

Il a rappelé notamment dans ce sens l'expérience réalisée avec succès avec un style espagnol de musique et de danse, en l'occurrence le flamenco, notant que le spectacle de fusion reggae électronique-gharnati est le fruit d'une résidence artistique de huit jours au cours desquels les artistes ont travaillé avec ardeur et passion.

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