17 Mars 2019

Ile Maurice: Fusillade à Christchurch - La voiture du Mauricien disparu localisée près de la mosquée

La voiture de Mamad Moosid Mohamedhosen a été localisée près d'une des deux mosquées attaquées, en ce dimanche 17 mars. Ce Mauricien a disparu dans les attentats qui ont frappé la Nouvelle Zélande, vendredi.

«Le consul mauricien est sur place pour aider la famille. Des arrangements sont en cours au niveau des autorités néo-zélandaises pour débuter l'identification des personnes prises dans la fusillade», vient de déclarer ce matin à l'express le ministère des Affaires étrangères.

Vendredi 15 mars. Il est l'heure de la grande prière hebdomadaire. Deux mosquées de Christchurch, la deuxième ville de Nouvelle-Zélande sont prises pour cibles par Brenton Tarrant, 28 ans, un ressortissant australien décrit plus tard par les autorités de son pays, comme un «terroriste extrémiste de droite». Des hommes, des femmes et des enfants s'y trouvant sont abattus de sang-froid avec des fusils semi-automatiques. Le carnage filmé par une caméra fixée sur le torse du tueur, est retransmis, hélas, en direct sur Facebook. Dix-sept insupportables minutes. Le bilan officiel est lourd. 50 morts à ce dimanche 17 mars, avec un nouveau corps découvert. Et, une cinquantaine de blessés dont près de la moitié, sont graves.

Mais aussi, des personnes toujours portées manquantes, depuis cette fusillade. Parmi, le Mauricien Mamad Moosid Mohamedhosen, 54 ans.

A ce dimanche 17 mars matin, le nom de notre compatriote paraissait toujours, et trois fois, sur la fiche de la Croix-Rouge, des personnes portées manquantes depuis l'attaque meurtrière. Sa disparition y a été signalée pour la première fois à 17 h 47 (heure de Nouvelle-Zélande), vendredi.

Famille à Quinze Cantons

Moosid Mohamedhosen patron de l'entreprise 3D Graphics Limited, à Russel Street, Linwood, Christchurch, était un habitué d'une des deux mosquées. Habitant autrefois Vingta No 2, Vacoas, ce célibataire travaillait dans l'informatique pour une entreprise de téléphonie mobile. Il avait quitté Maurice, dans un premier temps, pour vivre en Angleterre chez sa sœur, avant de mettre le cap, il y a deux ans, sur la Nouvelle-Zélande.

A Quinze Cantons, Vacoas, la famille Mohamedhosen est plongée dans l'angoisse. C'est la sœur de Moosid Mohamedhosen qui a donné l'alerte en avertissant un autre de ses frères à Maurice ainsi que le ministère des Affaires étrangères.

Elle lui a dit que Moosid pourrait figurer parmi les victimes. La famille a visionné la fusillade filmée par le tueur et circulant, hélas, sur les réseaux sociaux et confie l'avoir vu dans la vidéo. «Nu in rekonet li ek so bann zafer», soutient un proche que nous avons rencontré, hier, samedi 16 mars.

Au ministère des Affaires étrangères, l'on affirme que rien d'officiel sur la mort de ce compatriote ne leur avait été communiqué, à l'heure où nous mettions sous presse.

Départ de proches pour la Nouvelle-Zélande

«Ce qu'on sait c'est qu'il est toujours porté disparu», a affirmé un préposé officiel aux Affaires étrangères à l'express, hier.

N'empêche que c'est un grand bouleversement pour la famille qui s'organise pour se rendre en Nouvelle-Zélande dans les plus brefs délais afin d'identifier le corps et le rapatrier au cas où les funérailles ne pourront se faire là-bas.

Il était prévu que certains de ses proches ici à Maurice prennent l'avion dans la soirée d'hier.

Il nous revient que ces derniers ont pu surmonter l'obstacle pour l'obtention d'un visa qui s'est présenté dans un premier temps, comme ils devront transiter par l'Australie qui en requiert. Et, la procédure étant longue.

«Avec la collaboration de la haut-commissaire australienne à Maurice et du consul neo-zélandais à Maurice, la question de visa a pu être facilitée. On leur a également remis un numéro de téléphone à appeler une fois sur place en cas de soucis. Pour ce qu'il s'agit des billets d'avion, c'est aux frais de la famille», indique-t-on aux Affaires étrangères à l'express, hier.

Recherches infructueuses à Christchurch

Pendant ce temps, le personnel au haut-commissariat mauricien à Canberra, dont la haut-commissaire Christelle Sohun, était mobilisé jusqu'à tard hier soir pour répondre à cette «urgence». Cette dernière est en contact avec les proches de Moosid Mohamedhosen ainsi qu'avec le Premier ministre par intérim Ivan Collendavelloo.

Hier matin, un personnel du consulat mauricien en Nouvelle-Zélande est allé frapper à la porte de Moosid Mohamedhosen, en vain. La voisine de celui-ci qui a été approchée a, raconté ne l'avoir pas vu. La photo et la plaque d'immatriculation de la voiture du Mauricien ont également été placardées et disséminées à Christchurch.

«A notre niveau, tous les efforts ont été faits. Nous sommes maintenant en attente. Tout dépend des autorités néo-zélandaises», soutient-on aux Affaires étrangères.

Randy Naiken-Gopalla, ami des Mohamedhosen à Christchurch: «Cela aurait pu arriver n'importe où»

Randy Naiken-Gopalla vit à Christchurch avec son épouse Gilda et leur fille Kate âgée de 7 ans, depuis deux ans. Le couple originaire de Sodnac à Quatre-Bornes et qui travaille pour le compte du ministère néo-zélandais de la Santé, connait la famille Mohamedhosen. Randy Naiken-Gopalla est ami à un des frères de Moosid Mohamedhosen.

Joint par messagerie dans son pays d'adoption, hier, Randy Naiken-Gopalla raconte qu'il était au travail, vendredi, à l'heure des attaques meurtrières. Sa fille était, elle, à l'école.

Ce dernier se montre toutefois très prudent sur le sort de son compatriote puisque les victimes n'ont pas encore été toutes identifiées. «Je souhaite que la famille de Moosid Mohamedhosen puisse rejoindre la Nouvelle-Zélande en toute sécurité», soutient-il.

D'ajouter que la Nouvelle-Zélande est un pays très accueillant et paisible. «C'est notre pays. C'est juste dommage que cela s'est passé ainsi mais cet attentat aurait pu arriver n'importe où et à n'importe quel moment. La vie continue. Notre culture ici, c'est le vivre ensemble comme une grande famille. D'ailleurs, nous avons tenu une veillée, cet après-midi (hier) et toutes les communautés étaient présentes.»

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