17 Mars 2019

Congo-Kinshasa: [Situation trouble après les sénatoriales] Me Luc Fikiri - «Il faut passer au référendum et modifier certaines dispositions de la Constitution»

Un des combattants pour les vertus républicaines notamment, de la lutte contre la corruption, Me Luc Fikiri a, au cours d'une interview accordée à La Prospérité le week-end dernier, exprimé son amertume concernant les allégations criantes de corruption qui ont souillé les dernières élections dans le pays.

Pour ce cadre de la société civile et avocat évoluant aux Etats-Unis, les contours des sénatoriales du vendredi 15 mars 2019 ont encore prouvé ce qu'il redoutait depuis un bon moment, à savoir : l'acuité de la corruption dans le pays. La seule solution, d'après ses dires, est de modifier quelques dispositions de la Constitution, principalement celles qui abordent la question du mode des scrutins des sénateurs et gouverneurs. « Il faut passer au référendum et modifier certaines dispositions de la Constitution qui parlent, entre autres, des modes des élections présidentielle, sénatoriales et même des gouverneurs », a-t-il déclaré à La Prospérité.

«Aucun développement ne peut être envisagé dans un système miné par la corruption, la fraude et les antivaleurs sous toutes ses formes », a-t-il fait savoir, tout en précisant qu'il est urgent de régler cette situation après la tenue des sénatoriales qui ont produit des contestations, tumultes et casses dans plusieurs coins du pays. Le Prince Luc Fikiri, qui sous-tend que le Président Félix Tshisekedi ne peut prendre des mesures drastiques concernant cette question puisqu'il a moins d'une année au pouvoir, estime que la modification des modes des scrutins des sénateurs et des gouverneurs serait la seule voie qui permettrait au pays d'avoir des animateurs qui incarnent le choix du peuple et ce, à tous les niveaux. Cependant, ces retouches de la loi des lois, a-t-il appuyé, doivent en amont trouver approbation des congolaises et congolais, via l'organisation d'un référendum.

Pour lui, il est tout d'abord question que le choix pour les sénatoriales et les gouvernorats se fasse au travers le mode direct et non indirect. Subsidiairement, ce membre de la société civile a souligné que le Président pourrait profiter des prérogatives de nommer les Gouverneurs. Fikiri Murefu indique dans la foulée qu'il serait aussi favorable pour le Congo-Kinshasa de supprimer le Sénat qui, d'après ses propos, est une source de gaspillage des deniers publics. «Il faut que la RDC soit monocamérale. Plusieurs pays africains qui ont d'ailleurs des budgets élevés que les nôtres n'ont pas de Sénat. Et, ils comptent l'instaurer dès qu'ils feront partie des pays riches et développés... A quoi bon le Congo », a-t-il indiqué.

Outre cette première brèche, cet avocat évoluant au pays de l'Uncle Sam a, ensuite, ajouté que la Présidentielle devra aussi se faire à deux tours pour que le Chef de l'Etat soit élu avec une majorité absolue. Aussi, a-t-il, in fine, souligné qu'il faille créer un Ministère de lutte contre la corruption qui aura deux branches, à savoir : une Cour pénale d'anticorruption et une police spéciale en charge de lutte contre la corruption.

Par ailleurs, Me Fikiri a appelé le nouveau Président de la République à déclarer la date du 23 mars « Journée nationale de génocide de plus de huit millions des congolais ».

Congo-Kinshasa

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