17 Mars 2019

Congo-Kinshasa: Les cinq priorités de la FIDH pour un État respectueux des droits humains en RDC

A l'issue de sa visite en République démocratique du Congo, mission de la FIDH conduite par son vice-président, a échangé avec la presse, le vendredi 15 mars 2019, pour faire le point sur leurs échanges avec les différentes personnalités rencontrées sur place. De ces échanges, on note les cinq priorités la FIDH proposé au nouveau régime pour un État respectueux des droits de l'Homme.

Dans son propos luminaire, Maître Traoré Drissa, vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) qui a conduit la mission en RD Congo, a relevé les points saillants qui ont été au menu de leurs échanges avec les autorités du pays, les acteurs de la société civile et le les Chancelleries.

« L'objet de notre mission n'était pas d'évaluer la situation de droits de l'homme, encore moins, du processus électoral. Nous pensons qu'aujourd'hui où la République démocratique du Congo (RDC) se trouve à une nouvelle étape de sa vie - la première fois un président sortant a consigné le pouvoir à un président entrant - il était important pour nous de saisir cette opportunité pour essayer d'apporter notre contribution à la question de droits de l'Homme », a précisé Traoré Drissa.

De toutes ces rencontres, les membres de la FIDH en mission en RDC disent avoir recueilli beaucoup d'observations et de recommandations qui leur permettront de peaufiner et de terminer leur feuille de route, leurs priorités pour un État respectueux des droits humains en RDC.

Cinq priorités de la FIDH pour la RDC

Les échanges des membres de la FIDH avec leurs interlocuteurs étaient axés sur cinq points. Il s'agit entre autres, de « La lutte contre l'impunité, la promotion de la vérité et le renforcement de la Justice afin de garantir une réconciliation nationale et une paix durable » ; le « Respect des droits fondamentaux et la promotion du dialogue politique » ; la « construction d'une société égalitaire en promouvant les droits des femmes et l'égalité de genre » ; « Mener des réformes substantielles pour construire l'État de droit et la démocratie » ; ainsi que le « Renforcement de la coopération avec la communauté internationale et les mécanismes de protection des droits humains ».

Concernant le premier point, la FIDH estime qu'il apparait nécessaire, qu'à cette étape importante de l'histoire du pays, la question de la lutte contre l'impunité puisse être au cœur des actions du Gouvernement.

« Parce qu'on ne peut pas sortir des crises, sans prendre en compte la situation de nombreuses victimes. Etant donné que la RDC a connu beaucoup de violations des droits de l'homme, il est important qu'à ce stade, la Justice soit renforcée et que les procédures puissent être menées pour que les auteurs présumés puissent être recherchés, jugés et condamnés éventuellement si leur culpabilité est établie », a estimé le vice-président de la FIDH.

« Les mêmes causes produisent les mêmes effets »

On note que, entre les nouvelles autorités congolaises et autres partenaires rencontrés par les délégués de la FIDH, les points de vue convergent sur le fait qu'« il ne faut pas tourner la page de l'histoire congolaise sans l'avoir lue ». Mais, il est important que la vérité puisse être basée sur les événements du passé. « Les mêmes causes produisant les mêmes effets », dit-on, il faut traiter les causes pour éviter de tomber dans les mêmes travers. Il faudra qu'à un moment ou à un autre, lire l'histoire de ce pays et donner la parole à la population pour qu'elle puisse s'exprimer sur ce qu'elle veut dans le cadre de la mémoire collective.

En ce qui concerne le respect des droits fondamentaux et la promotion du dialogue politique. Parce qu'on ne peut pas sortir d'une crise et espérer avoir une paix durable sans le respect des droits fondamentaux. A ce stade, il importe de souligner la question du projet de loi sur les défenseurs des droits de l'Homme.

« Il nous paraît indiquer que ce projet de loi qui est au niveau du Parlement puisse être revu, pour que cette loi puisse être conforme aux standards internationaux. Nous avons les oreilles attentives et nous espérons que les semaines avenir, l'ensemble des institutions est en train de se mettre en place et que les mesures seront prises pour que la loi sur la liberté des manifestations ».

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